Moisson 2026
Le colza confirme sa place dans les rotations malgré une campagne climatique tendue
Malgré une succession d'aléas climatiques et de fortes disparités régionales, les premiers résultats de la récolte 2026 de colza restent globalement satisfaisants. Avec des surfaces en hausse de 12 % et une production attendue autour de 4,7 millions de tonnes, la filière estime que cette culture conserve toute sa place dans les assolements et le revenu des exploitations.
Malgré une succession d'aléas climatiques et de fortes disparités régionales, les premiers résultats de la récolte 2026 de colza restent globalement satisfaisants. Avec des surfaces en hausse de 12 % et une production attendue autour de 4,7 millions de tonnes, la filière estime que cette culture conserve toute sa place dans les assolements et le revenu des exploitations.
Le colza a une nouvelle fois démontré sa capacité à encaisser une campagne particulièrement difficile, notamment pour les céréales récoltées dans le même laps de temps. Selon les premières estimations présentées par Terres Univia, Terres Inovia et la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (Fop), la récolte 2026 devrait atteindre environ 4,7 millions de tonnes, un niveau proche de celui de 2025 et supérieur d'environ
10 % à la moyenne des cinq dernières années, établie à 4,1 millions de tonnes. Cette performance s'appuie sur une nette progression des emblavements. D'après Agreste, les surfaces atteignent 1,417 million
d'hectares, soit 12 % de plus qu'en 2025. En revanche, le rendement moyen est attendu à 33,4 quintaux par hectare, contre 36,6 q/ha l'an dernier, une année marquée par une campagne exceptionnelle, et légèrement inférieur à la moyenne quinquennale de 33,6 q/ha. La production devrait permettre d'alimenter les différents débouchés du colza, qu'il s'agisse de l'alimentation humaine, de l'alimentation animale ou de la production d'énergie.
Une campagne marquée par les excès climatiques
Rarement une campagne aura accumulé autant de difficultés. Après une implantation globalement correcte à l'automne, les cultures ont subi une forte pression des ravageurs durant l'hiver, notamment des larves d'altises dans plusieurs régions françaises.
Le véritable tournant intervient en février, devenu le mois de février le plus pluvieux observé en France depuis 1950, avec des conséquences sur l'enracinement au moment de la reprise de la végétation. La douceur exceptionnelle de mars a ensuite provoqué une floraison très précoce et prolongée, favorisant les attaques de méligèthes dans une grande partie du pays. Avril, particulièrement sec, a réduit le nombre de siliques dans les sols superficiels.
Les pluies de mai ont toutefois permis au colza de mieux résister dans de nombreuses parcelles. Si mai 2026 devient le deuxième mois de mai le plus chaud depuis 1900, la chaleur de fin de cycle et la sécheresse de juin ont finalement eu un impact limité sur la majorité des cultures, déjà proches de la maturité.
Les situations restent néanmoins très contrastées selon les territoires. Les rendements sont jugés satisfaisants dans le Sud-Ouest et très bons dans le nord du Bassin parisien, alors que les zones intermédiaires, comme le Centre-Val de Loire, le Poitou-Charentes ou la Bourgogne-Franche-Comté, enregistrent des résultats beaucoup plus décevants.
Des graines de bonne qualité malgré la chaleur
Les températures élevées de fin de cycle ont produit des graines particulièrement sèches, avec seulement 5 à 6 % d'humidité, voire moins dans certaines régions de l'Est. Les poids de mille grains sont plus faibles qu'en 2025, ce qui nécessitera quelques adaptations lors de la trituration. En revanche, les premières analyses font état d'une teneur en huile comprise entre 45 et 46 %, un niveau élevé grâce à l'ensoleillement du printemps, même s'il reste légèrement inférieur à celui de la récolte précédente.
Une culture qui reste rentable
Sur le plan économique, la filière estime que le colza demeure l'une des cultures les plus intéressantes des rotations malgré la hausse du coût des engrais. Avec un prix indicatif de 520 €/t, la marge brute nationale est estimée entre
900 €/ha pour un rendement de 29 q/ha et 1 100 €/ha avec un rendement moyen de 33,4 q/ha.
Les organisations de la filière espèrent désormais que la bonne qualité des graines permettra une meilleure valorisation sur le marché et que cette valeur bénéficiera aux producteurs.