SECHERESSE
Le Conseil départemental de l’Aisne débloque 18 000 euros pour la réalisation de bilans fourragers
Laurent Cardon, président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne et Pierre-Jean Verzelen, président du Conseil départemental de l’Aisne, se sont rendus le 7 octobre sur l’exploitation de Delphine et Arnaud Maréchal à Bourguignon-sous-Coucy. Objectif : mesurer les difficultés rencontrées par les éleveurs et présenter les dispositifs mis en place pour les aider à passer l’hiver.
Laurent Cardon, président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne et Pierre-Jean Verzelen, président du Conseil départemental de l’Aisne, se sont rendus le 7 octobre sur l’exploitation de Delphine et Arnaud Maréchal à Bourguignon-sous-Coucy. Objectif : mesurer les difficultés rencontrées par les éleveurs et présenter les dispositifs mis en place pour les aider à passer l’hiver.
Delphine et Arnaud Maréchal ont présenté leur exploitation et les problèmes rencontrés sur leur troupeau suite à la sécheresse. Les repousses d’herbe sont insuffisantes et les éleveurs ne peuvent plus compter sur le regain pour compléter les stocks. «Certaines vaches ont dû être ramenées sur les parcelles proches de la ferme, faute de ressources suffisantes dans les pâtures plus éloignées. Les animaux restent désormais plus longtemps sur les mêmes surfaces, et nous complétons avec du fourrage d’hiver. Au-delà de la quantité et de la qualité de l’herbe disponible, les conséquences sur les animaux devront aussi être évaluées». Les éleveurs surveillent notamment l’état du troupeau et les éventuelles répercussions sur la reproduction, qui ne pourront être pleinement mesurées qu’au cours des prochains mois.
La paille, une ressource sous tension
La sécheresse remet également au premier plan la question des échanges paille-fumier. «Nous avons besoin de plus de paille, tandis que les céréaliers souhaitent préserver les équilibres de fertilisation de leurs sols» souligne le couple. Pour les responsables agricoles présents, une plus grande souplesse dans ces échanges pourrait contribuer à limiter les difficultés. La mise en relation des exploitants et la valorisation des ressources disponibles apparaissent ainsi comme des leviers à développer dès cette année, mais aussi en prévision des prochaines campagnes.
Une plateforme pour rapprocher l’offre et la demande
Pour répondre à l’urgence, la Chambre d’agriculture de l’Aisne a mis en place une plateforme d’échange de fourrages. Lancé quelques jours avant la visite, l’outil doit permettre aux agriculteurs axonais de proposer ou de rechercher différents types de ressources : paille, foin, luzerne, herbe sur pied ou encore surfaces disponibles pour implanter des couverts fourragers. (https://hautsdefrance.chambres-agriculture.fr/actualites/actualite/plateforme-dechanges-fourragers-une-nouvelle-solution-pour-faciliter-lachat-et-la-vente-de-fourrages-dans-laisne)
Chaque exploitant peut renseigner ses besoins et ses disponibilités. Une carte interactive permet ensuite de visualiser les offres et les demandes afin de faciliter les échanges entre agriculteurs.
La démarche vise à mobiliser les ressources encore disponibles dans les exploitations qui disposent de stocks excédentaires, tout en facilitant l’approvisionnement de celles qui sont en difficulté. La Chambre d’agriculture entend également élargir la recherche à d’autres régions, voire à des pays européens voisins, pour identifier d’éventuelles disponibilités supplémentaires.
Le Département débloque plus de 18 000 euros
Face à la sécheresse exceptionnelle qui a touché l’Aisne en 2026, le Conseil départemental a décidé d’apporter son soutien au secteur agricole. Les conseillers départementaux ont adopté une délibération en direction des éleveurs axonais. Afin d’accompagner les exploitants concernés, les élus départementaux ont approuvé l’attribution d’une subvention de 18 240 € à la Chambre d’agriculture de l’Aisne. Cette aide permettra la réalisation de bilans fourragers auprès d’une soixantaine d’éleveurs pour évaluer précisément l’impact de la sécheresse sur leurs exploitations et identifier les solutions les plus adaptées à leur situation. «Nous faisons le choix d’accompagner les éleveurs axonais qui sont extrêmement exposés grâce à ce partenariat avec la Chambre d’agriculture. Il s’agit d’apporter cette aide d’urgence très concrète et de faire en sorte, qu’au maximum, la production reste sur notre territoire» a conclu Pierre-Jean Verzelen, à l’issue du vote à l’unanimité de cette délibération.
Anticiper plutôt que subir
À travers cette visite les deux présidents ont rappelé l’importance de l’anticipation face aux aléas climatiques. «Ce qu’on veut, c’est anticiper pour éviter que les éleveurs ne se retrouvent en difficulté au mois de janvier, de février ou de mars devant un manque d’aliments». La plateforme d’échanges de fourrages et le financement des bilans fourragers constituent deux réponses concrètes à court terme.
Reste que ces dispositifs ne pourront pas, à eux seuls, compenser toutes les pertes ni résoudre les difficultés structurelles de certaines exploitations. Pour Delphine et Arnaud Maréchal comme pour de nombreux éleveurs, l’enjeu immédiat est désormais de disposer d’une vision précise des stocks, de sécuriser l’alimentation du troupeau et de préparer les prochains mois.
Dans un contexte où les épisodes de sécheresse mettent à l’épreuve les systèmes herbagers, cette mobilisation collective doit permettre de limiter les ruptures d’approvisionnement et de préserver, autant que possible, la capacité des élevages à traverser la crise.