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Le gouvernement annonce une aide d’urgence pour l’achat d’engrais azotés

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie ont présenté le 9 juillet un « plan urgence engrais » et un programme d’investissement industriel pour accroître les capacités de production décarbonée de fertilisants azotés.

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© Capture d'écran - X

Selon l’AGPB, plus de 80 % des céréaliers ont un revenu négatif pour la troisième année consécutive, et tout porte à croire que 2026 ne sera pas meilleure. En attendant, les trésoreries des exploitations sont exsangues. « Pour sécuriser la prochaine campagne agricole en 2027 et inciter les céréaliers à acheter des engrais, le Gouvernement met en place une aide exceptionnelle », a annoncé Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, le 9 juillet dans une conférence de presse. 

Cette allocation exceptionnelle cible les achats d’engrais azotés simples (urée, ammonitrate, et solution azotée) réalisés entre le 1er juin dernier et le 30 septembre prochain. Pour chaque tonne facturée, une aide de 50 € sera versée. Dans les exploitations où les achats des engrais NPK représentent plus de 10 % de l’ensemble des charges, l’aide allouée est portée à 70€/t.

Un versement plancher de 750 € 

Seules les demandes d’aides d’un montant supérieures à 750 € par exploitation seront honorées. Les quantités d’engrais azotées partiellement prises en charges (50 €/t ou 70 €/t) n’excèderont pas la moitié des volumes achetés la campagne passée. Si une exploitation s’est fait livrer 40 tonnes d’urée en 2025, le montant de l’aide plafonnée sera équivalent à l’achat de 20 tonnes de fertilisants sur présentation de factures acquittées. Un tel dispositif inciterait les céréaliers à optimiser l’épandage de fertilisants. 

Estimé à 145 millions d’euros, ce « plan urgence engrais » sera financé par des fonds européens (107 millions européens versés par la Commission européenne) complétés par des crédits nationaux d’une quarantaine de millions d’euros.  FranceAgriMer traitera les demandes d’aides à partir du 1er août prochain et selon Annie Genevard, les démarches administratives à suivre pour obtenir satisfaction seront simples. Hormis le formulaire dûment rempli, chaque céréalier versera à son dossier les copies de ses factures d’engrais azotés acquittées depuis le 1er juin dernier. Mais si un agriculteur est éligible à l’aide majorée de 70 € par tonne d’engrais azoté, il joindra à sa demande d’aide les pièces nécessaires pour prouver que ses achats de fertilisants NPK équivalaient, en 2025, au moins à 10 % de ses charges. 

Le 1er octobre prochain, « un point de situation permettra d’apprécier l’évolution du prix des engrais lié à la situation au Proche Orient » affirme Annie Genevard. Le dispositif pourrait être prolongé durant l’automne pour qu’il bénéficie aux agriculteurs qui récoltent tardivement leurs cultures (maïs, pommes de terre, betteraves).

Programme industriel de 2 Md€ 

En complément du « plan urgence engrais », le gouvernement « engage une stratégie de long terme visant à réduire la dépendance de la France aux engrais importés et à renforcer la compétitivité de la filière autour de trois priorités », affirme Annie Genevard. 

Dans les champs, il s’agira d’optimiser l’utilisation d’engrais azotés en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision. 15 % d’engrais en moins pourraient alors être épandus, selon la ministre. Il s’agira aussi de « porter à 30 % la part des systèmes de production à bas intrants et d’atteindre 2,7 millions d’hectares de légumineuses cultivées à l’horizon 2030. 

Enfin, les effluents d’élevages seront valorisés pour réduire l’emploi d’engrais chimiques. « Produire davantage en France, c'est protéger nos agriculteurs et préparer l'avenir », a déclaré Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie. 

Aussi, l’État « accompagnera un programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros (Md€) sur dix ans, soutenu à hauteur de 620 millions d’euros par le budget de l’Etat. Ces fonds financeront l’accroissement et la modernisation des capacités de production décarbonée d’engrais azotés des usines du Havre et du Petit Quevilly en Seine maritime et de celle de FertigHy dans la Somme », a expliqué le ministre.

D’ici 2032, ces investissements permettront d’augmenter de 20 % la production nationale de fertilisants azotés.

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