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«Le monde agricole est excédé par les vols»

e 24 juin, un homme de vingt-trois ans, habitant de Muille-Villette, a été condamné à de la prison ferle par le Tribunal de grande instance d’Amiens, pour de multiples vols de batteries de matériel d’irrigation. Une petite victoire pour les agriculteurs qui cumulent les vols.

Les gendarmes sont parvenus à arrêté un suspect de vol de matériel d'irrigation survenus fin mai - début juin : celui-ci écope de prison ferme.
Les gendarmes sont parvenus à arrêté un suspect de vol de matériel d'irrigation survenus fin mai - début juin : celui-ci écope de prison ferme.
© A. P.

Les vols de matériel d’irrigation sont un fléau pour les agriculteurs irrigants. Si bien que l’un d’eux, du secteur de Ham, a eu l’ingénieuse idée d’équiper sa batterie d’un trieur GPS. «Je m’étais fait voler une batterie qui alimente mon enrouleur dans la nuit. Le concessionnaire chez qui je suis allé en acheter une nouvelle m’a signalé qu’il en avait vendu quartante dans la matinée. Ça m’a mis la puce à l’oreille», expliquait-il à la barre du tribunal de grande instance d’Amiens, ce 24 juin. Son initiative a payé, puisque les gendarmes sont parvenus à localiser cette batterie, elle aussi rapidement dérobée, chez un revendeur de métaux, qui a dénoncé ses fournisseurs.

Un habitant de Muille-Villette, âgé de vingt-trois ans, soupçonné d’avoir dérobé trente-six batteries, du gasoil et des caisses à salades à quatorze agriculteurs, à Esmery-Hallon, Ercheu, Sollente, Hombleux, Somette, Eaucourt, Libermont, Roisel, etc. entre le 27 mai et le 11 juin, a reconnu en partie les faits. Il comparaissait ce mercredi. «Avec un ami, on se baladait dans les champs le soir, et on volait les batteries. On les cachait dans un bois en attendant de les amener chez le revendeur», explique-t-il.

Il assure néanmoins avoir dérobé une quinzaine de batteries «seulement», mais pas un litre de gazoil ni quoi que ce soit d’autre. La vente de batteries lui aurait rapporté environ 400 €, qu’il a dû partager avec son complice (lui n’a pas été arrêté). Le jeune homme, hébergé chez ses parents depuis sa sortie de prison en fin d’année 2019, utilisait l’argent pour «faire la teuf et acheter des stupéfiants». «Je n’avais pas conscience des conséquences que ça pouvait avoir pour les agriculteurs», s’est-il excusé.

«Certains agriculteurs saturent»

Car les conséquences sont bien réelles : «J’ai huit appareils dans plusieurs communes, et je me suis fait voler dix-neuf batteries en trois semaines, témoignait un irrigant. À chaque fois, il faut acheter une batterie neuve, entre 60 et 250 € selon le modèle et passer parfois une demi-journée pour tout réparer.» La perte est aussi conséquence en termes de cultures : «Le rouleau ne fonctionne plus, donc le canon envoie de l’eau en continu au même endroit jusqu’à ce qu’on s’en aperçoive. Le sol est noyé et les pommes de terre sont fichues.» Sans compter le manque d’eau dans le reste de la parcelle.

«Heureusement que cet homme a été arrêté par un gendarme, scande un autre agriculteur victime. Le monde agricole en a ras le bol des dégradations et des vols. Certains sont à saturation, et je redoute que ça aille plus loin un jour…»

Le multirécidiviste (huit mentions au casier judiciaire pour vols, conduite sans permis et consommation de stupéfiants) écope de quatorze mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt, dont six avec sursis, et l’obligation de dédommager les victimes.

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