transmission Installation
Le point sur les aides à l'installation
Le service Installation Transmission de la Chambre d’agriculture de la Somme accompagne chaque année les candidats à l’installation dans leur parcours à l’installation et le montage de leur dossier d’aide. Il a notamment accompagné 84 installations aidées en 2025. Faisons le point avec Margaux Vasseur et Virginie Parmentier, conseillères Installation à la Chambre d’agriculture de la Somme.
Le service Installation Transmission de la Chambre d’agriculture de la Somme accompagne chaque année les candidats à l’installation dans leur parcours à l’installation et le montage de leur dossier d’aide. Il a notamment accompagné 84 installations aidées en 2025. Faisons le point avec Margaux Vasseur et Virginie Parmentier, conseillères Installation à la Chambre d’agriculture de la Somme.
AJA, jusqu’à 36 000 € de dotation
L’AJA, Aide jeune agriculteur, remplace depuis le 1er juillet 2024 la DJA. Le montant de base s’élève à 15 000 € et le plafond à 36 000 €. Parmi les critères d’éligibilité, le candidat doit déposer son dossier avant son 41e anniversaire, être titulaire d’un diplôme agricole de niveau IV au minimum, ne pas dépasser les seuils de revenus et atteindre un minimum de 300 points sur la grille de sélection*.
La première des étapes est de contacter le PAIT, Point accueil installation transmission, dès que l’on a un projet d’installation.
«Il y a beaucoup d’idées reçues sur le parcours à l’installation et le montage des dossiers, relate Margaux Vasseur, mais pas de panique, nous accompagnons les candidats tout au long de leur parcours jusqu’au dépôt du dossier de demande d’aide à l’installation sur le site Europac. Nous réalisons également le suivi post-installation et notamment la demande de versement du premier acompte et du solde.»
Les conseillers Installation de la Chambre d’agriculture orientent les jeunes pour formaliser leur projet, les guident dans leurs démarches et les mettent en relation avec les différents organismes comme la MSA ou la DDTM.
Les avantages de l’AJA
En plus de la dotation, les jeunes installés ayant demandé l’aide AJA ou l’ancienne DJA profitent de dégrèvements fiscaux. À titre indicatif, selon les plafonds, l’abattement fiscal sur les bénéfices agricoles peut atteindre 100 % sur l’exercice d’octroi, 75 % les années suivantes dans la limite des soixante premiers mois d’activité.
Le nouvel installé peut également prétendre à un dégrèvement de la TFNB pendant cinq ans (50 % sur la part État accordé après demande et jusqu’à 50 % pour la part collectivité selon la décision communale et intercommunale).
Autres avantages : exonérations partielles de cotisations sociales, dégressives sur cinq ans selon plafonds ; Acre (Aide au créateur et repreneur d’entreprise) pendant douze mois à compter de l’installation, applicable de plein droit si vous êtes éligible lors de votre rendez-vous avec la MSA ; l’ACJA, aide complémentaire jeune agriculteur de la Pac durant cinq ans ; bonification sur les aides à l’investissement PRE’AD…
Arsi, jusqu’à cinquante ans, sans condition de diplôme
Encore méconnue, l’Arsi, aide régionale spécifique à l’installation, se destine aux premières installations non éligibles à l’AJA**, jusqu’à cinquante ans, sans condition de diplôme agricole, avec une activité agricole générant un revenu disponible prévisionnel compris entre ½ Smic et 2 Smic annuels nets***, un engagement de cinq années d’activité au minimum et des conditions sur les revenus extérieurs*. L’Arsi permet ainsi d’aider des installations, au-delà de 41 ans.
«Nous constatons des installations plus tardives, avec une diversité de projets plus importante. Nous avons des profils variés et de nouveaux installés qui parfois avaient exclu de devenir exploitants agricoles, préférant des études non-agricoles, observe Virginie Parmentier. Parmi les derniers dossiers Arsi déposés, nous retrouvons des installations en polyculture-élevage bovin, poules pondeuses, canards avec transformation, en grandes cultures avec double activité, en céréales avec fabrication de farine…».
Les projets diversifiés sont souvent le fruit d’une mûre réflexion, avec parfois des tests à petite échelle en tant que cotisant à la MSA en parallèle d’une double activité, avant de franchir le cap de l’installation en tant que chef d’exploitation.
Le porteur de projet demandant l’Arsi peut bénéficier des mêmes exonérations au niveau social et de l’Acre que pour l’AJA.
Arsi : un assouplissement des critères depuis le 1er mai 2026
L’Arsi concerne désormais plus de candidats à l’installation avec des critères assouplis depuis le 1er mai 2026. Pour être éligible à l’Arsi, les revenus extérieurs en cas de double activité ne doivent pas dépasser 1,5 Smic annuel net***.
Un conseil ? Avant toute installation, contactez le service installation-transmission de la Chambre d’agriculture pour vérifier votre éligibilité aux aides. Le dépôt de votre dossier doit intervenir avant votre installation effective et la signature des actes.
Anticiper davantage face au volume croissant de dossiers à l’installation
«La clé de la réussite de tout projet d’installation est l’anticipation. Le nombre de dossiers d’aides à l’installation — AJA et Arsi — augmente chaque année. Il est donc primordial de commencer ses démarches environ douze mois avant sa date d’installation, et idéalement entre douze à dix-huit mois pour plus de sérénité, précise Virginie Parmentier. Le point de départ de l’accompagnement individuel reste la rencontre du PAIT pendant laquelle le parcours à l’installation et les dispositifs d’aides sont détaillés. En participant tôt, vous aurez une vision claire des étapes et des délais à respecter.»
L’accompagnement «Activ ton installation»
Les porteurs de projets éligibles à l’Arsi et ceux éligibles à l’AJA qui créent un atelier à valeur ajoutée peuvent bénéficier du dispositif «Activ ton installation», soutien à l’installation en agriculture mis en place par le Conseil régional des Hauts-de-France. Ils disposent d’un accompagnement individuel pour mûrir et formaliser leur projet avec leur conseiller référent. Des ateliers sont également proposés sur le choix des statuts ou la stratégie de commercialisation pour les projets diversifiés.
«Nous conseillons les porteurs de projet à chaque étape pour optimiser leur dossier, jusqu’au dépôt de la demande d’aide. Après installation, nous continuons à les suivre selon leurs besoins, explique Virginie Parmentier.»
«Prépare ta transmission», dispositif pour les futurs cédants
Comme les porteurs de projet, les futurs cédants disposent sous condition de l’accompagnement Activ avec une prise en charge. Il s’adresse à tout agriculteur souhaitant céder sa ferme dans les cinq ans en dehors du cadre familial, ou s’il y a un atelier à valeur ajoutée représentant plus de 20 % du chiffre d’affaires pour les transmissions en cadre familial. Les conseillers Transmission de la Chambre d’agriculture assurent un accompagnement individuel du cédant.
Pour les cessions dans le cadre familial, vous pouvez également contacter les conseillers Transmissions de la Chambre d’agriculture.
* Liste de critères non exhaustive
** En cas d’éligibilité à l’AJA, le nouvel installé doit demander l’AJA.
*** Smic annuel net au 01/06/2026 : 17 735 €
Check list pour votre parcours à l’installation
Afin de préparer sereinement votre installation, voici des étapes clés :
- Contacter le PAIT le plus tôt possible au 03 22 33 69 88 pour vérifier votre éligibilité aux aides à l’installation
- Participer si besoin à un café de l’émergence pour être accompagné individuellement pour travailler votre projet s’il n’est pas défini
- Participer à la rencontre du PAIT, point de départ du parcours à l’installation
- Retourner votre autodiagnostic à la Chambre d’agriculture
- Effectuer votre entretien PPP (Plan de professionnalisation personnalisé)
- Réaliser les formations obligatoires variant selon le projet (certiphyto…)
- Réaliser votre étude économique et le plan de financement
- Participer au stage 21h
- Validation du PPP par la DDTM lorsque toutes les actions du PPP sont réalisées
- Dépôt du dossier AJA ou ARSI
Attention : aucune démarche d’installation ne doit être réalisée avant le dépôt du dossier ARSI ou AJA, sous peine d’inéligibilité : reprise de parts, affiliation MSA, signature de baux, signature de contrats…