Ravageurs
Légumineuses de printemps : surveiller les pucerons
La douceur de l’hiver et les températures élevées de ces dernières semaines favorisent l’activité des pucerons sur les légumineuses de printemps. Sur pois, lentille et féverole, les observations en parcelle sont déterminantes pour repérer les premières colonies et raisonner au mieux une éventuelle intervention.
La douceur de l’hiver et les températures élevées de ces dernières semaines favorisent l’activité des pucerons sur les légumineuses de printemps. Sur pois, lentille et féverole, les observations en parcelle sont déterminantes pour repérer les premières colonies et raisonner au mieux une éventuelle intervention.
«Il existe deux principales espèces de pucerons sur les légumineuses de printemps», indique Bastien Remurier, référent protéagineux à Terres Inovia. Le pois et la lentille peuvent être colonisés par le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum). Ce dernier, de couleur verte à rose, se cache souvent sous les feuilles, dans celles émergentes et, plus tard, dans les boutons floraux.
Sur féverole, c’est surtout le puceron noir de la fève (Aphis fabae) qui est présent. Il s’agglutine en manchons de plusieurs centimètres sur les tiges. Il est à noter que le puceron vert du pois peut aussi être observé sur la féverole en fin de cycle.
Les pucerons arrivent habituellement à la floraison. Toutefois, en fonction des conditions climatiques de l’année, leur arrivée peut être plus précoce. Leur nuisibilité ne se limite pas au prélèvement de sève. Ils peuvent aussi transmettre des virus. Ces viroses sont particulièrement pénalisantes lorsque les plantes sont touchées à un stade jeune ou dans une situation de stress. À partir de la floraison, le risque diminue, mais il est nécessaire de prendre en compte les dégâts directs liés aux piqûres : avortements de boutons floraux et de jeunes gousses.
Un test simple pour observer le puceron vert
Le puceron vert du pois n’est pas toujours facile à voir dans la végétation. Sa couleur et sa position le rendent discret. Pour l'observer, il suffit de prélever des plantes et de les secouer au-dessus d’une feuille blanche. Les pucerons tombent facilement, ce qui facilite leur observation.
Les seuils d’intervention et les produits à appliquer varient selon la culture, le stade et le type de puceron. Attention cependant : avant toute intervention, il convient de rester attentif à la présence d’auxiliaires (coccinelles, syrphes…), qui régulent les populations de pucerons, ainsi qu’à la météo. «Un temps humide n’est pas favorable au développement des pucerons» explique Bastien Remurier. Dans tous les cas, il ne faut pas se précipiter et essayer d’apprécier le risque d’évolution des populations de pucerons.
Une évolution des solutions disponibles
La campagne 2026 est marquée par l’arrêt de production et la fin de commercialisation des solutions Karaté K et Mavrik Jet (association pyréthrinoïde et pirimicarbe), ce qui va réduire leur disponibilité sur le marché. Le pirimicarbe de ces associations était translaminaire et pouvait agir par vapeur, ce qui lui conférait une efficacité sur les pucerons «cachés» même lorsque la végétation était importante. Le flonicamide, substance active des produits Teppeki/Afinto, est également translaminaire et à migration ascendante. Cette molécule peut agir sur les pucerons «cachés» mais sera moins efficace que celles à base de pirimicarbe en cas de forte végétation en raison de l’absence d’effet vapeur. À l’inverse, les pyréthrinoïdes ne sont pas translaminaires et ne seront pas efficaces sur les pucerons «cachés».
En cas d’arrivée précoce des pucerons avant la floraison et de risque de transmission de viroses, il est préférable de limiter le développement des populations avec des pyréthrinoïdes. Cela permettra de conserver Teppeki/Afinto (limité à une seule application) pour les applications plus tardives, sur des infestations fortes ou en cas d’efficacité insuffisante des pyréthrinoïdes. En effet, sur des pois ou lentilles avec une végétation développée, les pyréthrinoïdes sont peu efficaces contre les pucerons dissimulés sous les feuilles ou dans les boutons floraux. C’est le cas aussi sur les manchons de pucerons sur féverole.