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Les babynettes : filière de niche en devenir

Parce qu'il y a un marché à saisir, Natup accompagne ses éleveurs coopérateurs dans la production de génisses primeurs, appelées babynettes. Hubert Avet, installé à Lignières-Chatelain, a fait construire un nouveau bâtiment pour cela.

Le Label rouge, comme celui de la Limousine Blason prestige produit depuis dix ans chez Natup, va être étendu à la Charolaise et à la Salers.
Le Label rouge, comme celui de la Limousine Blason prestige produit depuis dix ans chez Natup, va être étendu à la Charolaise et à la Salers.
© D. R.

Des babynettes ? Il s'agit de génisses de moins de deux ans, vendues à 380 kg de carcasse maximum. «Des vaches calmes à élever, avec un cycle de production court par rapport aux génisses lourdes abattues à partir de trente mois, et surtout, une demande qui offre un prix d'achat intéressant», résume Benoît Cabot, responsable de la section bovine chez Natup. La coopérative organisait récemment trois rencontres sur ce thème pour les éleveurs, dont une ce 13 février, chez Hubert Avet, installé à Lignières-Chatelain, qui s'est lancé dans la production de babynettes cet été.

Lui a même fait construire un bâtiment pour produire spéciquement trois-cents babynettes par an. «Il y avait un marché à prendre, je l'ai saisi», annonce-t-il. Les premières babynettes sont arrivées en juin, et deux d'entre elles étaient commercialisées ce 12 février. «Avec un bâtiment optimisé, j'y consacre trente minutes pour donner à manger et pailler, plus trente minutes de surveillance chaque jour, explique-t-il. Bien-sûr, il faut y consacrer un peu plus de temps le jour où on cure, et celui où on pèse (une fois par mois, ndlr).» Il s'agit d'une construction «clé en main», car avec ses deux salariés à mi-temps pour 140 ha, une production de 850 000 l de lait et deux-cent-quatre-vingt taurillons en plus, pas le temps de se lancer dans de gros travaux.

Résultat : un bâtiment de 72 m x 20 m, avec deux allées en béton de 4 m de chaque côté de la longueur, pour pouvoir circuler librement avec les engins. À l'intérieur, l'aire est divisée en douze parcs, d'une capacité de 15 à 18 bêtes chacun. Elles ont la ration d'un côté, et de la paille de l'autre. Toute l'ingéniosité repose dans les portes de séparation : «Elles sont pleines, ce qui fait que les vaches d'un parc ne voient pas leurs voisines. Elles sont beaucoup plus calmes !» Pour curer, ces portes se rabattent dans le sens de la longueur, et permettent ainsi d'enfermer les vaches d'un côté ou de l'autre du bâtiment, et de passer le tracteur sur toute la longueur. Bâches automatisées en fonction de la température, du vent et de la pluie, ventilateurs, marche devant l'auge «car les bovins n'aiment pas avoir les pattes postérieures plus hautes de les pattes antérieures» : autant d'équipements font la satisfaction d'Hubert Avet. Le tout pour une somme de 250 000 €, «qui devrait être amortie dans quinze ans».

288 € de marge brute par place

Ce qui intéresse Hubert Avet dans ce nouvel atelier, c'est bien la marge brute qu'il va pouvoir dégager. Chez lui, elle a été estimée à un peu plus de 57 000 € au total, soit 201 € par babynette et 288 € par place, puisque les babynettes restent moins de neuf mois à l'engraissement.

La marge dépend beaucoup de la ration. «Hubert ne cultive pas de maïs fourrage. Il voulait une simplicité de distribution, et un coût alimentaire maîtrisé, précise Benoît Cabot. Nous avons opté pour une ration semi-sèche.» Celle-ci est composée, en moyenne, de 2 kg de paille, de 10 kg de Corn feed et de 3,5 kg de «Topmash Boutelet», un mash réalisé sur-mesure, «qui permet un aliment parfaitement adapté à la ration, composé de levures vivantes pour stabiliser le pH, et qui favorise la minéralisation,avec l'apport de vitamines B1 qui évitent la nécrose du cortex, et de sodium qui augmente la salivation et l'ingestion», résume-t-on chez Natup. Trois périodes d'engraissement sont en fait identifiées : le début, le milieu et la finition. Plus la bête évolue dans la période d'engraissement, plus les quantités de Corn feed augmentent, pour que son GMQ (Gain moyen quotidien) augmente également. Le coût : 485 € par animal au total.

D'autres rations sont possibles pour l'élevage de babynettes. L'estimation a été réalisée pour une ration à base de pulpes surpressées, de paille et de Torix. Celle-ci coûterait 512 € par animal, et la marge brute serait de 185 € par babynette et 266 € par place. Pour une ration composée de maïs, de paille et de Torix, le coût serait cette fois de 441 € par animal, et la marge brute est meilleure : 254 € par animal et 364 € par place. «L'important est de s'adapter à chaque système», note Benoît Cabot.

L'enjeu : fournir toute l'année

Pour la commercialisation, Natup travaille en partenariat avec la Socopa du Neubourg (Bigard). Deux types de débouchés sont identifiés : des génisses charolaises ou limousines, de moins de quinze mois, vendues entre 280 et 340 kg, pour une conformation minimum R = ; et des génisses charolaises ou croisées, de moins de vingt- quatre mois, vendues entre 300 et 380 kg pour une conformation minimum R -. Ces babynettes présentent «une bonne qualité organoleptique, une viande tendre et persillée. Avec un affichage "race à viande", elles correspondent à un secteur de vente plutôt haut de gamme», annonce-t-on à la Socopa du Neubourg. Les prin- cipaux clients sont Français et Italiens. La demande, elle, se structure. «Nous pourrions monter en puissance, mais il faudrait être certain de pouvoir fournir toute l'année.» D'où l'intérêt de Natup à sensibiliser ses éleveurs.

2020 : l'année des labels chez Natup

«2020 est l'année des labels chez Natup», annonce Benoît Cabot, responsable de la section bovine de la coopérative. Voilà plusieurs années que des coopérateurs sont engagés, notamment pour la Limousine Blason prestige, en Label rouge, depuis dix ans. «Nous avons une demande de la Socopa du Neubourg de développement de production sous ce Label et ce, pour toutes les races à viande.» Les Charolaises et les Salers devraient être les premières à revêtir ce Label rouge, gage de qualité.
D'autres contrats sont suivis, comme le «Cap 38 Charolais», soit des jeunes bovins R = à U =, de 360 à 450 kg, avec un contrat basé à 50 % au prix fixe de 4 EUR, et 50 % sous la cotation FAM du JB U -. «Nous avons un objectif de 1 200 animaux abattus entre le 5 octobre et le 26 février que nous n'arrivons pas à tenir.» Natup met aussi en place le plafonnement du prix du broutard de 330 à 370 kg à 2,90 EUR/kg vif, uniquement en cas de contractualisation sur la période octobre à février. Pour compléter l'accompagnement au développement de cette activité broutards, Natup propose une aide à taux zéro.
Plus de renseignement : contacter la coopérative au 02 35 12 35 12
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