Relations internationales
Les enjeux de la présence française au SIAM 2026
Présente deux jours à Meknès, les lundi 20 et mardi 21 avril, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, inscrit sa visite au Salon international de l’agriculture au Maroc 2026 dans une séquence diplomatique et économique dense. Paris entend en effet consolider un partenariat agricole jugé « d’exception renforcé » avec le Maroc.
Présente deux jours à Meknès, les lundi 20 et mardi 21 avril, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, inscrit sa visite au Salon international de l’agriculture au Maroc 2026 dans une séquence diplomatique et économique dense. Paris entend en effet consolider un partenariat agricole jugé « d’exception renforcé » avec le Maroc.
Inauguré ce lundi 20 avril à Meknès sous le Haut Patronage de Mohammed VI, par le prince Moulay Rachid, le SIAM 2026 s’inscrit dans un contexte international marqué par les tensions sur les marchés agricoles et les enjeux climatiques. Cette 18e édition, élargie à neuf jours, place « la durabilité de la production animale et la souveraineté alimentaire » au cœur des débats. Et c’est dans ce cadre que la France déploie une présence structurée, dans la continuité d’une « année croisée agricole » particulièrement dense en 2025. Comme l’a souligné Annie Genevard dans un entretien au journal Le Matin le 19 avril, « la présence française au SIAM en 2026 fait suite à une année 2025 qui a été exceptionnelle en événements ».
Deux jours à Meknès pour structurer la coopération franco-marocaine
Au cœur de l’agenda ministériel sur ces deux journées : le lancement du comité mixte agricole franco-marocain. Un outil stratégique, acté lors de la visite d’État de Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024. « Le SIAM 2026 sera l’occasion de faire le bilan de cette “année croisée agricole” (…) et d’identifier de nouvelles occasions de travailler ensemble », a précisé la ministre à nos confrères du média Le Matin.
Ce comité, coprésidé côté marocain par le ministre de l’Agriculture et côté français par Annie Genevard, s’organise en deux volets : échanges institutionnels et rencontres interprofessionnelles. « Cette réunion permettra de faire le point sur la mise en œuvre de la feuille de route ambitieuse qui avait été signée lors du SIAM 2024 », a-t-elle insisté.
Une forte mobilisation des filières et des territoires
Au-delà du politique, la ministre vient accompagner une délégation étoffée d’acteurs économiques et institutionnels. « De nombreux professionnels français font le déplacement à Meknès. Leur objectif est de rencontrer leurs partenaires marocains et d'explorer de nouvelles opportunités de collaboration », indique-t-elle.
Cette dynamique se traduit par la présence de plusieurs régions françaises – Occitanie, Pays de la Loire ou encore Auvergne-Rhône-Alpes – ainsi que d’interprofessions et d’opérateurs publics comme FranceAgriMer. L’objectif ? « Faire cristalliser les projets » et renforcer les partenariats existants.
Eau, climat, innovation : les axes structurants de la feuille de route
La visite ministérielle est également l’occasion d’évaluer les avancées concrètes de la feuille de route franco-marocaine. Celle-ci couvre des domaines stratégiques : gestion de l’eau, transition climatique, entrepreneuriat rural ou encore formation. Selon Annie Genevard, « les projets récents ou en cours (…) ont permis d’avancer de manière concrète dans les domaines de la gestion de l’eau agricole, de l’entrepreneuriat rural et de la transition écologique et climatique ». Elle souligne aussi l’importance d’« ouvrir de nouveaux espaces de partenariat », notamment sur la numérisation ou l’insertion des jeunes.
Une vision globale face aux défis agricoles mondiaux
Au-delà du bilatéral, la ministre profite du SIAM pour porter une lecture plus globale des enjeux agricoles. Face aux crises climatiques et économiques, elle plaide pour des politiques combinant résilience et innovation : « Il s'agit aussi d'investir dans l'avenir et dans la transition, en rendant le secteur plus résilient, moins dépendant aux intrants et mieux adapté au changement climatique ».
Sur la souveraineté alimentaire, son message se veut nuancé : « La souveraineté ne signifie pas l'autarcie, mais la capacité (…) à rester maître du choix de ses approvisionnements alimentaires ».
Meknès, carrefour stratégique pour la diplomatie agricole française
En se rendant au SIAM dès son ouverture, au côté d’autres délégations internationales, la ministre française inscrit ce déplacement dans une logique de continuité diplomatique et économique. Entre suivi des engagements, animation des filières et projection sur les enjeux globaux, ces deux jours à Meknès visent à consolider une relation agricole franco-marocaine en pleine intensification.