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Carnet noir
Les très nombreux hommages après la disparition du grand monsieur qu'était Marcel Deneux

Dès l’annonce de la disparition de Marcel Deneux, les hommages ont afflué de tous horizons. Anonymes, élus, personnalités publiques ou responsables professionnels saluent unanimement la mémoire d’un homme dont ils rappellent les qualités humaines, la disponibilité et l’engagement constant au service du territoire et de ses convictions.

Marcel DENEUX
© D.R.

Daniel Roguet, ancien président de la Chambre d’agriculture de la Somme

Marcel Deneux est une personnalité que nous avons bien connue, et que nous avons beaucoup apprécié mon épouse et moi. D’abord pour le responsable professionnel qu’il a été, puis pour le responsable économique. Son engagement a profondément fait évoluer l’agriculture des années 1950-1960. C’est grâce à lui que l’agriculture s’est modernisée et qu’elle a permis à notre génération de travailler dans de meilleures conditions que les précédentes. Malgré toutes les fonctions et tous les mandats qu’il a exercés, Marcel Deneux restait quelqu’un de très proche et de très accessible. Nous garderons beaucoup de bons souvenirs de lui, et continuerons à lui témoigner toute notre estime. On pourrait encore dire beaucoup de choses sur lui, mais je lui suis avant tout reconnaissant pour tout ce qu’il a entrepris et pour les risques qu’il a pris. Il fait partie de ces personnes qui ont su fédérer autour d'elles. Et enfin, nous n’oublierons jamais, avec mon épouse, le soutien qu'il nous a apporté lors de notre installation. 

Marcel Deneux

Françoise Crété, présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme

C'est avec une profonde émotion que j'ai appris le décès de Marcel Deneux, figure majeure de l'agriculture française et de notre département (…) Marcel Deneux a consacré sa vie au service du monde agricole et du développement de la Somme. 

Homme de conviction et de dialogue, il a été l'un des artisans de la modernisation de notre agriculture, tout en restant profondément attaché à ses racines et à son territoire. Tout au long de son parcours, il a entretenu des liens étroits avec la Chambre d’agriculture de la Somme. Son engagement, sa vision et sa capacité à rassembler ont durablement marqué les générations d'agriculteurs et les acteurs du développement agricole. Aujourd'hui, c'est une grande figure qui nous quitte. Son héritage, fait de sens du collectif, d'engagement et de service, continuera d'inspirer celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour l'avenir de notre agriculture. Au nom des élus et des collaborateurs de la Chambre d'agriculture de la Somme, j'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu'à l'ensemble de celles et ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés.

Francis Damay, président de la section des retraités de l'agriculture

Marcel a entrepris son grand voyage et, comme presque toujours, c'est bien triste, et nous pleurons l'Ami. Mais nous ne doutons pas qu'il soit attendu là-haut par celle qui fut son soutien, sa boussole, son refuge : Estelle. Il nous quitte après une vie dense, riche et bien remplie ; une vie qui valait la peine d'être vécue. Marcel eut une vie d'exception parce que lui-même fut un homme d’exception. C'est un grand homme qui nous quitte. Ne l'oublions pas. Le département de la Somme perd l'un de ses enfants les plus illustres et le monde agricole national l'un de ses plus grands leaders. Avec la mort de Marcel, nous perdons un témoin essentiel. Il était notre mémoire, et quelle mémoire ! Tous ceux qui l'ont côtoyé ont été, à un moment ou à un autre, subjugués par sa fabuleuse mémoire.

C'est un pan entier de l'histoire locale et de l'histoire agricole nationale qui disparaît avec lui. Marcel a été de tous les combats agricoles. Né le 16 août 1928, sa vie se confond avec l'histoire de la révolution agricole qu'a connue le XXe siècle : l'épopée de la JAC, la percée du CNJA, les grands combats du syndicalisme agricole, l'essor du mutualisme et des OPA, la coopération, la modernisation de la profession, la Politique agricole commune et, bien sûr, l'extraordinaire essor du Crédit agricole. Rien ne lui fut étranger.

Nous avons tous à l'esprit le rôle majeur que joua Marcel dans le développement du Crédit agricole. Troisième président de la Caisse régionale de la Somme, après Alexis de Lépine et Augustin de Villeneuve, il fut aussi président de la Caisse nationale du Crédit agricole à l'initiative d'Édith Cresson. C'est lui qui fut l'initiateur de la mutualisation du Crédit agricole et qui permit d'aboutir à son indépendance et à son essor. Si le Crédit agricole est devenu la plus grande banque de France, il le doit en partie à Marcel.

Ses mandats étalés sur plusieurs décennies furent mis au service du développement global de la banque des agriculteurs, de sa modernisation, mais aussi du développement local, dont Marcel fut un militant de la première heure. Sa phrase fétiche, nous la connaissons tous : « Détenir 40 % de part de marché nous oblige au même pourcentage de responsabilité dans le développement économique de notre secteur d'activité.» Et cela est vraiment à mettre à son honneur tout au long de sa vie, Marcel eut un grand souci du destin de son département natal et même de Beaucamps-le-Vieux, son village, dont il fut également conseiller municipal.

Marcel portait l'agriculture dans son cœur. Elle était la colonne vertébrale de tous ses engagements. Il a été de tous les grands événements de l'histoire agricole de la seconde moitié du XXe siècle. Militant de la modernité, convaincu qu'il fallait aller de l'avant, Jeune agriculteur chrétien jusqu'au bout des ongles, il prend, en 1955, à 32 ans, la présidence du CNJA, travaille avec Edgar Pisani et influe sur les grandes lois d'orientation agricole des années 1960. Il sera vice-président de la FNSEA de 1971 et 1983, président de la fédération nationale des producteurs de lait durant douze ans et président de l'institut technique bovin. Sensible au développement des filières et aux implications de la politique agricole commune, il veillera toujours aux intérêts des producteurs, sans jamais perdre de vue que, sans le progrès, il n'y a pas de salut.

Marcel n'était pas un nostalgique. Il croyait en l'avenir, en la science, en l'éducation ; au talent des hommes, Bref, il croyait au progrès. Il avait cette faculté et cette particularité de s'attacher des fidélités indéfectibles, des compagnons de route pour la vie. Il participait régulièrement aux réunions de l'Amicale des anciens administrateurs du Crédit agricole de la Somme.

Marcel voyait grand et voyait loin. Tous ses amis s'en souviennent : quand il nous regardait, son regard glissait, on avait l'impression qu'il voyait plus loin que nous, en quelque sorte au-dessus de nous. D'ailleurs, dans les débats publics auxquels il participait, il donnait naturellement l'impression d'être au-dessus de la mêlée. Il faut reconnaître que sa hauteur de vue lui donnait un charisme et une autorité enviable. Oui, Marcel voyait grand et loin.

Et c'est pourquoi il a vite compris qu'il fallait penser l'économie de manière globale et qu'il s'est engagé, durant trente ans, aux côtés de Jacqueline Vincent en tant que président du comité d'expansion de la Somme. C'est aussi pourquoi il est entré en politique, sénateur de la Somme durant deux mandats, où il fit œuvre de pionnier, notamment avec les études qu'il initia sur le changement climatique. La liste des mandats est longue, des actions, des entreprises de Marcel. Il a connu et rencontré beaucoup de femmes et d'hommes qui furent, parfois, des acteurs importants de notre pays. Les citer ici serait trop fastidieux. Faisons une petite exception pour Jean Bouthors et le groupe Alliance, qu'il avait particulièrement à cœur.

Ce qu'il faut retenir, c'est que Marcel fut un homme passionné de dialogue, d'échanges, de rencontres, de communication, un homme apprenant, désireux de savoir, à l'écoute du monde, universel dans ses valeurs, curieux de tout, très conscient de la complexité des choses, soucieux de l'avis de chacun, un homme qui est resté proche de son village, proche du terrain, proche des agriculteurs, à l'aise avec les plus grands comme avec les plus humbles, jamais démagogue, mais toujours du côté des bâtisseurs.

Marcel nous a quittés. De sa vie, on peut dire qu'elle ne fut pas vaine, qu'elle fut utile et féconde pour tous ceux qui font profession de foi dans le développement et l'avenir. Nous lui devons beaucoup et le temps est venu de lui dire : merci Marcel pour toute cette énergie dépensée au service de l'économie de notre département, de notre région, de la France.

Marcel était, entre autres distinctions, commandeur du Mérite agricole et la section départementale de l'Apoma souhaite présenter à toute sa famille, ses plus sincères condoléances.

Marcel était aussi président d'honneur de la Fédération départementale des agriculteurs et Denis Bully, son président actuel, présente, au nom de tous les agriculteurs de la Somme, ses très sincères condoléances à toute sa famille.

Au nom de tous ses amis du Crédit agricole et du monde paysan, je présente également nos très sincères condoléances et nos sentiments attristés à toute la famille de Marcel.

Merci Marcel et repose en paix auprès d'Estelle et de Philippe.

Rollon Mouchel-Blaisot, préfet de la Somme

Le préfet de la Somme salue la mémoire d'une personnalité rayonnante avec laquelle il avait eu des échanges passionnants, notamment sur l’adaptation au changement climatique au moment où s’engageait la COP80 (son rapport rédigé en 2002 était précurseur), la prévention des inondations et l’organisation communale.

Frédéric Fauvet, maire d’Amiens, président d’Amiens Métropole 

Un grand monsieur aux idées larges et visionnaires. Profond respect et condoléances à toute la famille. 

Yohann Barbe, président de la FNPL 

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Marcel Deneux, président de la FNPL de 1964 à 1982. À la tête de notre organisation durant une période charnière pour la filière laitière française, il a conduit notre syndicalisme avec force, ambition et vision, au service des producteurs de lait. Je garde également le souvenir d’une intervention particulièrement inspirée lors des 80 ans de la FNPL, reflet de son attachement indéfectible à notre profession. Au nom de la FNPL, j’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Nous n’oublierons pas l’empreinte qu’il a laissée dans l’histoire de notre syndicat.

Rosemonde Devaux

J'ai connu Marcel Deneux il y a plus de 45 ans. Je faisais des remplacements de traite. Ils partaient au Burkina Faso avec AFDI 80. J'avais d'ailleurs reçu une carte touchante de Ouagadougou. J'ai ensuite été embauchée en tant que vachère. À l'époque, il y avait une Méhari comme voiture d'exploitation ! Je partageais les repas avec la famille autour de la grande table fermière qu'il présidait.

Il a beaucoup donné de son temps. Le téléphone sonnait tôt le matin, tard le soir, et de nombreux rendez-vous étaient planifiés pour apporter son aide. Des repas étaient interrompus puis réchauffés. 

Les petits déjeuners étaient copieux : lait, café et pain trempé. À cette occasion, il était toujours bienveillant, exigeant avec la conduite des cultures, avec Louis, le contremaître, Pierre, le chauffeur, et Daniel pour le suivi des productions, ainsi que de la lactation de ses vaches qu'il connaissait toutes : Islande la 5, Java la 77... J'ai rencontré Marcel Deneux bien entouré de sa famille, sans oublier Estelle. C'était un autodidacte, un agriculteur visionnaire, un syndicaliste, puis un sénateur, toujours engagé, déterminé et passionné.

Il m'arrivait de le revoir aux Plaines en fête, aux assemblées générales du Crédit agricole, à la foire d'Airaines ou encore aux Fêtes de la Chaise à Beaucamp-le-Vieux.

Les années n'avaient rien changé : il reconnaissait toujours les gens avec la même bienveillance.

Toute ma reconnaissance au grand M. Deneux. Il avait soif de savoir et de transmettre, avec humilité et simplicité. Une belle leçon de vie, enrichissante.

Stéphane Demilly, sénateur de la Somme 

Hommage à l’un de mes prédécesseurs au Sénat, Marcel Deneux, décédé à presque 98 ans. Marcel, personnalité connue et reconnue dans les instances agricoles, a été sénateur centriste de la Somme de 1995 à 2014.

Jean-Pierre Gourdet 

Ma famille paternelle étant native de Beaucamps-le-Vieux, j’ai souvent entendu ce nom dans la bouche de mes grands-parents. Qu’il repose en paix.

Patricia Delamare, sa couturière 

C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends le décès de Monsieur Deneux si gentil et respectueux. Qu’il repose en paix. Je présente toutes mes sincères condoléances. Patricia, sa couturière.

Francoise Lucas

Oui, un grand homme.

Flavie Herbette-Engels

Toutes nos condoléances. Puisse Marcel reposer en paix. Un immense merci pour toutes ces belles années d’engagement.

Laurent Somon, sénateur de la Somme

À sa famille, j’adresse mes condoléances et lui exprime ainsi qu’à ses amis toute ma reconnaissance pour son engagement professionnel et public, son humanisme et son indéfectible opiniâtreté à conforter notre agriculture et à construire l’avenir de nos territoires ruraux.


Rémi Cardon, sénateur de la Somme

La Somme a perdu une figure de notre département. Marcel Deneux, défenseur infatigable de notre ruralité, de nos écoles et de notre agriculture, restera dans les mémoires comme quelqu’un qui a œuvré sans relâche pour nos territoires et celles et ceux qui y vivent.

En cette épreuve, nos pensées vont à sa famille, ses proches et tous ceux qui l’ont connu et estimé.

Christophe Buisset, maire d'Aveluy, président de Groupama Somme

Il était l’artisan des grandes lois agricoles qu’ils a façonnées au cours des tables rondes d’Edgar Pisani, à la demande du président Charles de Gaulle. C’était un homme visionnaire, plein de bon sens, très humain et proche du terrain. L’Agriculture française lui doit beaucoup. Tu avais souhaité que je te remplace à la présidence d’Extractis. J’espère avoir été à la hauteur de tes attentes ! Ses conseils vont beaucoup me, nous manquer… Repose en paix Marcel. Nous sommes tristes.

Jean-Claude Renaux, ancien maire de Camon, conseiller départemental

Le sénateur Deneux savait se mettre à la disposition des maires, quelles que soient leurs sensibilités, pour les accompagner dans leurs projets. Sur sa dotation parlementaire, il avait contribué aux premiers équipements informatiques dans les écoles de Camon. Sincères condoléances.

Pascal Théveniaud, conseiller régional

La ruralité, le département de la Somme, les Beaucampois et les agriculteurs sont en deuil. C'est avec une très grande tristesse que je viens d'apprendre le décès de Marcel Deneux, ancien sénateur, ancien responsable syndical agricole, ancien président du Crédit agricole de Picardie, ancien adjoint au Maire de Beaucamps-le-Vieux... J'ai passé toute mon enfance avec ses enfants dans son exploitation agricole à Beaucamps-le-Vieux. Marcel m'a fait découvrir les valeurs sociales chrétiennes. Par ailleurs, si je suis devenu président de la CAF, c'est grâce à ses encouragements. Ensemble, nous avons également œuvré pour sauver le centre social de Beaucamps-le-Vieux. Malgré nos idées politiques différentes, nous avons toujours travaillé ensemble pour le bien commun et pour nos territoires. J'adresse mes sincères condoléances à ses enfants et à toute la famille. Au revoir Marcel.

Claire Ette

Un Homme cultivé, respectueux, agréable. Sincères condoléances.

Marie-Thérèse Bouttemy

Une perte pour le territoire. Au revoir Monsieur !

Bernard Caron

Oui, je me souviens parfaitement de cet homme très brillant et des manifestations avec lui. Condoléances à ses proches.

Jean-Claude Martin

Sincères condoléances à toute sa famille, nous perdons un grand homme, d’une grande vision mondiale, défenseur de notre agriculture, de bon sens proche des gens, j’ai eu beaucoup de bonheur à le connaître, et à échanger avec lui, un homme exceptionnel.

Bruno Houel 

M. Deneux, un vrai grand homme. Une bible s’en est allée. Merci M. Deneux. Toutes mes condoléances à vos proches.  

Pierre Mille

Cher Marcel,

Initié aux responsabilités par la JAC, tu as été, pour de nombreux responsables agricoles, un frère, un père, un conseiller et un ami. Tu nous as aidés à tracer une ligne directrice pour notre profession. Tu resteras, pour les jeunes et pour nous tous, un modèle d'engagement au service de la ruralité et du monde agricole. Encore récemment, à 97 ans, tu participais aux rencontres importantes de notre profession, apportant toujours un regard éclairé, nourri par une mémoire exceptionnelle et une expérience de terrain hors du commun.

Je me souviendrai notamment du jour où tu m'avais emmené à Paris pour rencontrer Christian Bonnet, alors ministre de l'Agriculture, afin d'évoquer les préoccupations des jeunes agriculteurs. Ce trajet reste, pour moi, le symbole de ton engagement constant en faveur des nouvelles générations et de ta volonté de transmettre.

Merci, Marcel, pour tout ce que tu as apporté au monde agricole, à notre territoire et à ceux qui ont eu la chance de croiser ton chemin.

Avec toute mon amitié et ma reconnaissance.

À ta famille et à tes proches, j'adresse mes plus sincères condoléances.

Jean-Marie Chauvet

Toutes mes condoléances. Un homme qui avait le sens de l’engagement et du service notamment pour l’agriculture dont il défendait la cause aussi bien sur le terrain que dans l’hémicycle. Très curieusement, il m’a appelé la semaine dernière… je n’ai pas réussi à savoir d’où il m’appelait… hôpital Saint Joseph (peut-être ?). Il m’a juste dit qu’il devait m’appeler (?). J’en ai été autant surpris que touché… j’ai repensé en un instant à ce que nous partagions au moment de «l’épopée de l’éthanol carburant» dans les années 2005 et je lui ai dit en le quittant «bonne nuit, monsieur le Sénateur !». C’était finalement un À Dieu ! Je ne sais pas si un de ses proches lira mon message, mais je les assure de mes pensées et prières.
Thierry Stadler

Marcel était un grand Monsieur. Il a été mon président pendant près de trois décennies. Honnête, intègre, visionnaire, il avait confiance dans ses collaborateurs, mais c’était avant tout un bâtisseur qui avait le sens du collectif. Il fait partie des hommes que l’on croise peu actuellement et restera à jamais dans nos mémoires. Merci Marcel pour tout ce que tu nous as donné.

Michel Marquet

Un grand Monsieur, sincères condoléances à toute la famille. J'ai eu le bonheur de le côtoyer. Un homme aux idées visionnaires. Respect M. Marcel Deneux.

David Boucher, agronome

Pour l'avoir entendu plusieurs fois en conférence, il était de ceux qui ont une vision et une voix. L'un de nos meilleurs ambassadeurs est parti. Reposez en paix Monsieur Deneux.

Angélique Bernard 

C'est avec une immense tristesse que j'apprends son décès. Nous avons eu des échanges tellement enrichissants quand il venait lors de mes ateliers informatiques. Je le remercie pour tous ses encouragements et la passion qu'il avait en lui. 

Bruno Parsy 

Un grand Homme de valeurs, mais surtout très simple et abordable. Sincères condoléances à sa famille.

Hubert Bourgois, directeur de la Safer Hauts-de-France

C'est avec une profonde émotion que la Safer Hauts-de-France a appris le décès de Marcel Deneux. Il fut notamment l'un des artisans essentiels de la création de la Safer de Picardie, sur les départements de la Somme, de l'Aisne et de l'Oise, parmi les derniers territoires à ne pas disposer de cet outil en 1974. La conduite de ce projet lui avait été confiée. Grâce à son sens profond de l'intérêt général, à ses qualités humaines et à sa capacité à rassembler, il est parvenu à faire aboutir ce dossier majeur. Dans un contexte où les sensibilités pouvaient diverger, il avait su créer les conditions d'une harmonie politique indispensable à la naissance de cette structure au service des territoires. Par son engagement, sa vision et son attachement constant au service de l'intérêt général, Marcel Deneux a contribué de manière déterminante à construire les bases solides de la Safer de Picardie. L'héritage qu'il laisse continue aujourd'hui d'inspirer l'action de la Safer Hauts-de-France.

Tout au long de sa vie publique, Marcel Deneux a incarné avec conviction les valeurs du monde rural. Défenseur infatigable de l'agriculture et du développement des territoires ruraux, il portait chacun de ses combats avec une passion communicative. La force de ses convictions, la qualité de son écoute et son engagement sincère ne laissaient jamais ses interlocuteurs indifférents. C'était toujours un vrai plaisir d'échanger avec lui ! La Safer Hauts-de-France souhaite enfin exprimer sa profonde gratitude à Marcel Deneux pour tout ce qu'il a apporté à notre institution et aux territoires qu'elle accompagne depuis plus de cinquante ans. Son nom demeurera indissociable de notre histoire, et son action continuera de guider notre engagement au service du foncier, de l'agriculture et du monde rural.

Bernard Dazin

Quand François Hollande a fait la réforme des retraites, ayant débuté ma vie active à 14 ans, j’ai voulu profiter du départ en retraite anticipée pour carrière longue. La MSA a refusé parce que j’avais été mes dix premières années «aide familial agricole». J’ai alors écrit à M. Deneux pour expliquer ma situation, sans trop d’espoir. Trois jours plus tard, un appel téléphonique : c’était M. Deneux qui m’expliquait qu’il avait débuté sa carrière de la même façon et qu’il partait pour Paris le lendemain pour aller s’occuper de ce problème. Une semaine plus tard, la MSA m’écrivait de lui refaire ma demande qui fut acceptée. M. Deneux avait tenu parole. Combien d’anciens aides familiaux ont profité, comme moi, de cette mesure sans savoir que c’était grâce à M. Deneux ? Encore un grand merci, Monsieur Marcel Deneux.

Marcel Herbet

C'est grâce à M. Marcel Deneux que le département de la Somme a aujourd'hui une production laitière annuelle de 430 millions de litres de lait. En 1970, il a œuvré activement pour la mise en place des plans de développement laitiers. Lors de mon arrivée à la présidence de l'UPLP en 1978, 2 producteurs sur 3 étaient en plan de développement lait, ce qui, à l'époque, a fait du département Somme le 1erdépartement producteur laitier de Picardie (et l’est toujours). En plus de cela, il a mis en place le premier concours des produits laitiers au stade national (le Cidil à l’époque). À plus d’un titre, tous les producteurs de lait peuvent encore aujourd’hui dire un grand merci à Marcel Deneux. On pourrait enfin ajouter son aide financière importante sur ses deniers personnels pour l'achat d'ordinateurs pour les enfants de la Somme. Tout cela pour témoigner sa vision pour les temps futurs ; encore une fois merci du fond du cœur à cet homme exemplaire à tous les niveaux.

François Magnier, directeur de la FDSEA et de l’Action agricole picarde

Avec le recul, je me rends compte que j’ai énormément appris de Marcel Deneux en questionnant au départ sa mémoire (notamment pour rédiger les hommages parus pour les personnalités disparues), et lorsqu’il retraçait le parcours des uns et des autres, il le recontextualisait toujours dans un cadre politique, historique ou agricole toujours pertinent. Ainsi en était-il pour les lois agricoles de 1962, qui s’étaient engagées suite à un concours national de labour et une phrase du Général de Gaulle : «Vous pensez qu’on peut faire grandir la France par l’agriculture ? Je vous attends lundi à 8h». Le bras de fer entre le Ministère et les Chambres d’agriculture sur le développement agricole, lorsque la profession a voulu se prendre en main pour le développement agricole en embauchant ses propres ingénieurs plutôt que se cantonner aux agents départementaux du ministère. «La Chambre de la Somme a été privée des fonds publics pendant deux ans, mais en même temps, tout le monde a vu que le système marchait mieux ainsi !». Ou encore sur les plans de développement : «La position de Chirac sur l’Union européenne faisait que la France ne bénéficiait pas des fonds de développement. Mais on savait que ça ne durerait pas alors dans la Somme on a pris le parti d’aller voir chez eux comment les Hollandais s’étaient approprié le sujet, développé l’ingénierie d’accompagnement de projet, et accéléré leur développement. On s’est rôdé entre organisations agricoles, et quand Méhaignerie est arrivé, on était déjà prêt et on a pu sortir plus de 500 plans de développement en quelques mois». 

Outre cet aspect visionnaire, il fallait aussi du courage, et quand j’entends que l’agriculture des générations précédentes était plus protectrice ou plus sociale, je m’inscris en faux : Marcel Deneux avait accepté et soutenu un plan d’aide à la conversion qui a financé l’arrêt d’activité de plusieurs milliers d’agriculteurs dans cette période, pour permettre clairement le développement des autres. C’était aussi difficile que courageux. L’autre facette qui m’a toujours fasciné, c’est sa modernité. Syndicaliste jusqu’au bout des doigts, il n’a jamais été conservateur. Il avait toujours une curiosité pour la technologie, la science, le changement, la création de valeur dans un souci de durabilité. Une conversation des plus récentes portait sur le circuite de valorisation du gaz, car il avait «croisé une ingénieure qui travaille sur un système de mise en bonbonne pour un usage local. Dis, tu crois qu’on pourrait adapter ça pour équiper les chariots élévateurs dans les industries avec beaucoup de manutention ?»… Sans mentionner un regard acéré sur les éoliennes : «on a défendu au niveau national un modèle économique pour permettre aux territoires ruraux qui s’engageait dans les projets au niveau du capital et de l’exploitation de recevoir des financements significatifs. Au lieu de ça, ce sont des fonds privés qui y sont allés, et ont laissé les miettes au local… C’est dommage, car du coup on a beaucoup d’éoliennes et une faible part des revenus». 

Il était précis, moderne, bienveillant, pertinent sur tous les sujets, et si en tout début de carrière, lorsque son numéro apparaissait sur mon téléphone, j’appréhendais le temps que ça allait prendre, très vite, je me suis mis à apprécier ces échanges, car il avait une immense hauteur de vue tout en étant simple et hyper-accessible ; c’en était même déroutant. Il aurait dû être le premier témoin des 80 ans de L’Action Agricole Picarde en début d’année pour la partie antérieure à 1980. Malheureusement, sa santé ne nous l’a pas permis ; j’aurai aimé que les lecteurs et les participants à notre évènement puisse en profiter comme j’ai eu la chance d’en profiter durant mes années de direction. Je lui témoigne mon respect et ma gratitude.

Christophe Poilly, Gaec de la Plaine

C'est avec une grande émotion que nous avons appris le décès de Monsieur Marcel Deneux. Au nom du Gaec de la Plaine et en mon nom personnel, je tiens à adresser à toute sa famille mes plus sincères condoléances et l'expression de mon profond soutien.

En 1991, Marcel Deneux m'a accordé sa confiance en me cédant son exploitation agricole de Beaucamps-le-Vieux. Ce geste a profondément marqué mon parcours et je lui en serai toujours reconnaissant. Cette confiance avait, pour moi, une valeur toute particulière. N’étant pas issu du milieu agricole, mais d’une autre profession, rien ne l’obligeait à me choisir. Pourtant, Marcel Deneux a voulu démontrer qu’il était possible d’installer une personne qui ne venait pas du monde agricole, dès lors qu’elle possédait la passion, la volonté et le goût du travail. En m’accordant sa confiance, il a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit et montré l’exemple. Cette décision a marqué ma vie et restera pour moi l’un des plus beaux témoignages de confiance que j’aie reçus. Je garderai le souvenir d'un homme visionnaire, profondément attaché à l'agriculture et au monde rural. Son engagement, ses convictions et sa capacité à défendre les intérêts de notre profession lui ont valu le respect de tous, jusqu'à exercer les fonctions de sénateur. Il est resté, avant tout, un homme de terrain, fidèle à ses valeurs. Aujourd'hui, avec émotion et gratitude, je mesure combien la confiance qu'il m'a accordée a contribué à construire ce que le Gaec de la Plaine est devenu. À son épouse, à ses enfants, à ses petits-enfants et à tous ses proches, j'adresse mes pensées les plus sincères. Merci, Marcel. Nous ne vous oublierons pas.

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