Aménagement du territoire
Ligne THT Pertain-Roye : la FDSEA veut aussi des indemnités pour les agriculteurs
Malgré un accord national récemment signé prévoyant de nouvelles indemnisations pour les agriculteurs concernés par la construction de lignes à très haute tension, le projet de rénovation entre Pertain et Roye échapperait à ces dispositions, au grand dam de la FDSEA de la Somme.
Malgré un accord national récemment signé prévoyant de nouvelles indemnisations pour les agriculteurs concernés par la construction de lignes à très haute tension, le projet de rénovation entre Pertain et Roye échapperait à ces dispositions, au grand dam de la FDSEA de la Somme.
Les agriculteurs de Pertain à Roye auront-ils droit aux mêmes indemnisations que ceux concernés par la construction de nouvelles lignes à très haute tension ? C’est la question posée par la FDSEA de la Somme au préfet Rollon Mouchel-Blaisot dans un courrier daté du 22 octobre 2026.
Le 12 octobre, la profession agricole et RTE ont signé un accord national pour mieux indemniser les contraintes liées à la création de nouvelles lignes électriques. Le texte prévoit une indemnité annuelle de 1 000 € par équivalent pylône pour les lignes de 400 kV et de 375 € pour celles de 225 kV, pendant 80 ans. Ces sommes viennent compléter les dispositifs existants, avec un mécanisme d’indexation et un engagement de RTE formalisé avant le début des travaux. Si la FDSEA de la Somme se réjouit de cet accord, obtenu notamment après les revendications des agriculteurs et propriétaires concernés par le doublement de la ligne Petit-Caux-Argœuves, elle regrette que ces nouvelles règles ne s’appliquent pas rétroactivement. C’est précisément ce qui inquiète le syndicat pour la ligne 225 kV entre Pertain et Roye.
Une nouvelle ligne, selon la FDSEA
A l’est de la Somme, le projet de ligne à très haute tension entre Pertain et Roye prévoit de construire de nouveaux pylônes sur un tracé proche de la ligne existante, avant de démonter cette dernière. Pour les agriculteurs concernés, il ne s’agit donc pas d’un simple remplacement des installations, mais bien de la création d’une nouvelle ligne, avec des contraintes sur leurs terres. Mais RTE ne partage pas cette interprétation. Le gestionnaire du réseau considère au contraire que l’opération relève des conventions historiques et peut être réalisée sans déclaration d’utilité publique (DUP). En l’état, cette lecture priverait les exploitants de l’accès aux nouvelles indemnités négociées au niveau national. «Au moment où cet accord vient d’être signé, reconnaissant la nécessité de la prise en compte des intérêts des agriculteurs, ceux concernés par ce nouveau projet ne comprennent pas d’être exclus de ce dispositif avec un tracé différent de l’initial», regrette la FDSEA dans son courrier au préfet.
Faire contribuer RTE et les entreprises bénéficiaires
Pour le syndicat, il ne s’agit pas simplement de demander une clarification du statut du chantier, mais d’obtenir une indemnisation pour les agriculteurs impactés par le projet. Pour y parvenir, la FDSEA propose d’étudier un financement associant RTE et les entreprises dont l’implantation nécessite le renforcement du réseau électrique. Le mécanisme de compensation agricole pourrait notamment servir de base à cette réflexion. Dans son courrier au préfet, la FDSEA demande au représentant de l’Etat d’organiser un échange avec ses services, et ce avant que RTE n’entre dans la phase opérationnelle. L’objectif est de trouver une solution en amont, plutôt que de laisser le chantier démarrer sans accord avec les exploitants. La FDSEA prévient que, dans les conditions actuelles, les agriculteurs concernés sont «totalement rétifs et opposés» au projet.