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Police de l’environnement
L’OFB envoie ses agents se former à la ferme

À l’échelle des Hauts-de-France, une deuxième session de sensibilisation des agents de l’Office français de la biodiversité aux sujets agricoles s’est tenue la semaine dernière dans la Somme.

Selon la direction régionale Hauts-de-France de l'OFB, la fréquence des contrôles des agriculteurs est faible.
Selon la direction régionale Hauts-de-France de l'OFB, la fréquence des contrôles des agriculteurs est faible.
© V. F.

Mercredi 7 février, quand Xavier Palpied et Bertrand Derly ont vu arriver dans la cour de leur ferme des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), ce n’était pas pour un contrôle de leurs travaux ou parce qu’ils avaient quelque chose à se reprocher, mais plutôt pour «prêter» leur exploitation à un exercice pratique. Pendant trois jours – du 6 au 8 février –, une quinzaine d’agents de l’OFB des Hauts-de-France ont participé à un stage de formation et de sensibilisation au lycée d’enseignement agricole du Paraclet afin de mieux connaître les acteurs agricoles et les enjeux. La première session de cette formation s’était déroulée en novembre 2022, déjà dans la région Hauts-de-France : «On a en quelque sorte essuyé les plâtres, estimait Patrick Bertrand, directeur régional de l’OFB ce mardi 13 février, puisque nous avons été la première direction régionale à la mettre en place.» Après deux promotions, on compte désormais 30 agents sensibilisés sur les 60 agents affectés à la région Hauts-de-France.

Critiques «injustes»

Lors des manifestations d’agriculteurs qui ont émaillé les dernières semaines, on l’a vu sur des pancartes et entendu dans des discours, les mots envers l’OFB n’ont pas été forcément amicaux. La faute, selon Patrick Bertrand, à «une méconnaissance par le monde agricole de ce qu’est l’OFB, de son rôle et de ses missions.» Le directeur régional regrette également un «amalgame» et une «confusion» entre les différents contrôles dont peuvent faire l’objet les agriculteurs. «Nous ne réalisons qu’une toute partie des contrôles mais nous focalisons la plupart des critiques…», constate M. Bertrand. Pour lui, les critiques à l’encontre des agents de terrain sont «mal vécues. Certains messages passent mal et font du tort alors que l’on travaille aussi pour l’agriculture.» Et de citer l’exemple des programmes Ecophyto, Agrifaune… Quant à la fréquence des contrôles, elle est «faible», selon le directeur régional : «Quand on est agriculteur, la chance de rencontrer un agent de l’OFB revient tous les 130 ans…»
En 2023, dans le Hauts-de-France, «seuls» 123 contrôles ont concernés des agriculteurs ; soit 18 % des interventions. Faute d’effectifs suffisants, l’OFB ne serait pas en mesure de prendre le temps pour «créer du lien sur les territoires», et semble le regretter.

Double jeu

S’il entend les critiques à l’encontre de l’OFB, Patrick Bertrand entend aussi mettre le doigt sur une forme de «double jeu» d’acteurs avec lesquels l’établissement public entretient des relations régulières, élus ou autres. Il n’hésite pas à parler de «propos démagogiques» et refuse que l’OFB serve de «bouc-émissaire». Pendant les épisodes d’inondations où l’OFB a été désigné comme premier empêcheur d’entretenir les cours d’eau, «il nous est arrivé d’appeler les personnes qui ont tenu ce genre de propos, parfois virulents à notre encontre, pour avoir des explications, détaille le directeur régional de l’OFB. Et tout de suite, le ton change…» Quant aux «lois et réglementation pour la protection de l’environnement, ce ne sont pas nous, l’OFB, qui les faisons. Nous ne sommes là que pour veiller à leur respect…» En ce qui concerne les relations avec le monde agricole, il plaide pour davantage d’échanges, et que la profession agricole se fasse «le relais» d’un certain nombre de dossiers portés par l’établissement public. Enfin, pour Patrick Bertrand, la mise en place d’une convention entre l’OFB et la profession agricole (lire ci-contre) à l’image de celle qui existe avec la gendarmerie serait une «bonne chose».

 

Intransigeant sur le port de l’arme

La visite d’agents portant une arme à la ceinture dans sa cour de ferme peut être mal vécue par un certain nombre d’agriculteurs et source de crispations. Mais pour le directeur régional de l’OFB, pas question pour autant de revenir sur cet attribut : «Ne pas porter l’uniforme et l’arme en service pour les agents chargé de police de l’environnement est constitutif d’une faute professionnelle», rappelle-t-il. Mais ce n’est (évidemment) pas le seul argument. «Dans nos missions de police, nous pouvons rencontrer des personnes armées, qu’il s’agisse de chasseurs, de braconniers, de personnes qui pratiquent des trafics lucratifs. L’OFB est le service de police statistiquement le plus exposé au contrôle de personnes armées.» Dans le lot, on y met aussi des agriculteurs, logés à la même enseigne. Mais pour Patrick Bertrand, qui défend le port de l’arme, celui-ci se justifie de deux manières : «Le port de l’arme est identitaire en interne à l’établissement et il est l’un des symboles en externe qui consacre la police de l’environnement comme une vraie police». Le directeur régional de l’OFB insiste également sur la formation des agents et les conditions d’utilisation de l’arme : «Au cours des quatre dernières années, jamais un agent n’a eu à faire usage de son arme», constate Patrick Bertrand. «Et si cela doit avoir lieu, il y a une procédure échelonnée à suivre.» En revanche, assure-t-il, «la posture de l’arme chaussée ou de l’arme sortie a permis aux agents concernés de se sortir d’une situation vitale.» Autrement dit, dans laquelle leur vie était mise en danger. Plutôt que de désarmer les agents de l’OFB, Patrick Bertrand se montre plus favorable à un port du revolver plus «discret» en fonction des interventions et des profils rencontrés.

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