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Législation
MACF et loi d’urgence agricole : le cri d’alarme des grandes cultures

Au Sia le 14 février, le président de la République et le Premier ministre ont annoncé que la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais ne s’appliquera finalement pas. La promesse d’une loi d’urgence agricole est également tombée à l’eau.

 

La taxe engrais, selon l’AGPB, renchérit le coût de production de 13 €/tonne depuis le 1er janvier 2026, avec une montée en puissance progressive jusqu’à 23 €/tonne en 2034.
© Arvalis

«Les engagements n’ont pas été tenus», a déclaré Éric Thirouin, le président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture, le 24 février. Les céréaliers (blé et maïs), les betteraviers, les producteurs d’oléoprotéagineux et de pommes de terre sont particulièrement remontés après leur rencontre avec le président de la République et le Premier ministre au Salon de l’agriculture. Les nouvelles qu’ils ont communiquées aux filières ont fait l’objet d’une douche froide. 

Promise début janvier par Emmanuel Macron, la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais ne s’appliquera pas. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a, en effet, décidé de ne pas soumettre au Parlement européen, comme cela avait été initialement prévu, cette proposition. Or cette taxe, selon l’AGPB, renchérit le coût de production de 13 €/tonne depuis le 1er janvier 2026, avec une montée en puissance progressive jusqu’à 23 €/tonne en 2034. Et ce n’est pas la suppression des droits de douane sur les engrais azotés qui est en mesure d’apaiser la colère des producteurs de grandes cultures. Avec seulement une économie de 60 millions d’euros selon la Commission européenne, cette enveloppe est bien en deçà des attentes des producteurs de grandes cultures.

 

De l’urgence à la simplification

La promesse d’une loi d’urgence agricole est également tombée à l’eau. Au plus fort des manifestations au mois de janvier, quand les tracteurs défilaient dans Paris, Sébastien Lecornu s’était engagé à ce que les principales dispositions de cette loi qu’il a annoncée seraient présentées au Salon de l’agriculture. Dans la foulée, le projet de loi devait être adopté par le Conseil des ministres, débattu au Parlement au printemps et la loi promulguée avant l’été. Exit ce calendrier. La loi d’urgence devient une loi de simplification et le volet «moyens de production» a été retiré. 

Rien de nouveau non plus sur la gestion de l’eau. La loi devait acter le stockage de l’eau quand elle est en excès comme actuellement et réduire les délais d’autorisation et de recours pour les retenues d’eau. À Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres par exemple, la situation d’incertitude fragilise les agriculteurs, et notamment les jeunes qui s’installent, fait remarquer Franck Laborde, le président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

 

Vagues promesses

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont tenté de rassurer les représentants des filières en annonçant la mise en place d’un mécanisme de compensation. Sans succès : «Nous n’avons aucune information sur les modalités de cette compensation, c’est pitoyable», cingle Éric Thirouin. Trois années consécutives de revenus négatifs, explosion des coûts de production, baisse des surfaces de céréales à paille et de maïs, distorsions de concurrence, les producteurs de grandes cultures avaient alerté le Gouvernement sur «l’effondrement économique» de leurs filières, en amont du SIA, en espérant des réponses rapides. La déception est à la hauteur des espérances.  «Des engagements avaient été pris, mais la parole n’a pas été tenue. Il faut arrêter de jouer avec la parole publique», déplore Franck Sander, le président de la Confédération des planteurs de betteraves (CGB) qui n’exclut pas la reprise des manifestations. À moins que Sébastien Lecornu, qui était de retour au Salon le 26 février, n’ai fait de vraies annonces… 

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