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Elevage
Manifestations d’éleveurs et blocages annoncés devant plusieurs sites Bigard des Hauts-de-France

Face à la baisse des cours des bovins, la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Fédération nationale bovine (FNB) appellent à une mobilisation nationale ce mardi 28 juillet. Dans les Hauts-de-France, les sites Bigard de Feignies (59) et Formerie (60) seront visés. Les syndicats dénoncent une chute des prix qu'ils jugent injustifiée au regard d'un marché marqué par la pénurie d'animaux.

mobilisation Bigard élevage viande bovine
Le site d'abattage Bigard de Feignies (59).
© Bigard

À l'appel de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Fédération nationale bovine, des actions sont programmées ce mardi 28 juillet devant plusieurs abattoirs du groupe Bigard, premier acteur français de la viande bovine. 

À Feignies, dans le Nord, le rendez-vous est fixé dès 4 heures du matin. Dans l’Oise, à l’appel de la FDSEA 60, c’est l’accès au site de Formerie qui pourrait être perturbé, dès le tout début de matinée. 

Les organisateurs demandent aux agriculteurs de venir en tracteur, sans benne, tandis qu'une conférence de presse est annoncée à 11 heures.

Dans leur appel à mobilisation, les syndicats ne mâchent pas leurs mots. « Assez des prix cassés ! Assez du double discours ! » lancent-ils, estimant que certains opérateurs de la filière « choisissent une nouvelle fois de faire payer les éleveurs ».

Une baisse des cours jugée incompréhensible

Pour les organisations professionnelles, rien ne justifie le recul actuel des prix payés aux producteurs. Elles rappellent que le cheptel bovin français continue de diminuer, ce qui limite fortement l'offre disponible, tandis que les charges des exploitations restent élevées.

« Les cours doivent repartir à la hausse. Rien ne justifie aujourd'hui une telle pression sur les prix alors que les animaux sont moins nombreux et que les coûts de production restent élevés », affirment les syndicats.

Cette analyse est également défendue par la FNB au niveau national. Selon son président, Patrick Bénézit, les données du marché et les statistiques douanières ne montrent ni effondrement des exportations ni afflux d'animaux susceptibles d'expliquer les baisses de prix observées ces dernières semaines. 

Bigard directement visé

Sans le citer dans leur titre, les organisateurs désignent clairement leur principal adversaire. Ils dénoncent « le leader de la filière », accusé de « persister à casser le marché » alors même que « la ressource en bovins est historiquement faible ».

Les syndicats y voient une contradiction avec les discours tenus depuis plusieurs mois en faveur de la souveraineté alimentaire et du maintien de l'élevage français.

« On ne peut pas défendre la souveraineté alimentaire au Salon de l'Agriculture, appeler à stopper la décapitalisation du cheptel, encourager l'engraissement en France… puis, quelques mois plus tard, tirer les prix vers le bas. »

Une mobilisation nationale

Les actions envisagées devant les abattoirs de Feignies et Formerie s'inscrivent dans un mouvement coordonné sur plusieurs sites du groupe Bigard. D'autres blocages sont notamment annoncés dans plusieurs régions françaises à l'appel des réseaux départementaux de la FNSEA et des JA. 

Ce nouveau bras de fer intervient quelques jours seulement après l'adoption de la loi d'urgence agricole, présentée comme un levier pour améliorer la compétitivité des exploitations et conforter la souveraineté alimentaire. Les organisations syndicales estiment que ces ambitions resteront lettre morte si les prix payés aux éleveurs continuent de reculer. Et ces dernières de mettre en garde : « Sans éleveurs, il n'y a pas de filière. Sans revenu, il n'y a pas d'élevage. »

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