Reliquats azotés
Moyenne départementale de 67 unités par hectare en sols profonds
Une pluviométrie moyenne depuis les récoltes 2025 lessivant peu le dernier horizon, sauf dans l’Ouest du département, et une minéralisation bien présente depuis l’été 2025 aboutissent à des reliquats de sortie d’hiver non négligeables.
Une pluviométrie moyenne depuis les récoltes 2025 lessivant peu le dernier horizon, sauf dans l’Ouest du département, et une minéralisation bien présente depuis l’été 2025 aboutissent à des reliquats de sortie d’hiver non négligeables.
Des reliquats d’azote de sortie d’hiver (RSH) supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. La mesure de reliquats permet de connaître les teneurs en azote disponibles dans le sol en sortie d’hiver. C’est un des postes qui permet de calculer la dose prévisionnelle d’azote à apporter aux cultures. Il relève d’une importance particulière par sa variabilité selon les années, les précédents, les types de sols, les apports organiques et les secteurs…
Pour ce faire, la Chambre d’agriculture de la Somme réalise chaque année une synthèse départementale des résultats, grâce au partenariat avec les laboratoires, coopératives et négociants. Pour cette campagne 2026, les reliquats de sortie d’hiver (RSH) sont globalement élevés, avec de l’azote essentiellement disponible dans les deux premiers horizons.
En sols profonds, les reliquats moyens sont supérieurs de sept unités par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cela s’explique notamment par une pluviométrie automnale et hivernale moyennes, mais une minéralisation bien présente depuis l’automne (sauf la première quinzaine de janvier) aboutissant à des reliquats non négligeables sur les deux premiers horizons.
Une répartition globalement homogène entre les horizons
En sols profonds (trois horizons), la moyenne générale sur le département est de 67 unités, toutes situations confondues, avec des hétérogénéités selon les précédents et les secteurs. En effet, l’Ouest du département (secteur Ponthieu-Vimeu) a un cumul de pluies importants engendrant des reliquats plus faibles, notamment dans le 3e horizon. La répartition par horizon est globalement homogène avec environ 36 % dans les deux premiers horizons, et 28 % pour le 3e horizon (60-90 cm). Au regard de cette répartition, une large majorité de l’azote présent dans le profil sera donc disponible et assimilable pour la culture en place, même si l’enracinement des cultures peut s’avérer faible à cause de cet azote minéral facilement disponibles dans ces premiers horizons.
En sols profonds (trois horizons), le reliquat moyen pour les précédents «céréales» devant une culture de printemps (précédée d’une Cipan) et sans apport organique varie de 51 à 71 unités en moyenne selon les secteurs et le devenir des pailles. Dans le même contexte avec en plus un apport organique, les reliquats sont généralement plus élevés mettant en avant la minéralisation du produit (en moyenne +8 uN/ha). La vitesse de minéralisation des produits organiques étant très variable selon les produits épandus, il reste conseillé d’effectuer sa propre analyse de reliquat dans les situations avec apports organiques.
En sols superficiels (notamment sols crayeux), il est parfois difficile d’interpréter les résultats de certaines parcelles. La moyenne départementale de ces sols est de 48 unités sur deux horizons.
Ces moyennes couvrent généralement une certaine disparité entre les échantillons, les précédents, les types de sols, et les secteurs géographiques. Du fait de la variabilité liée aux conduites culturales, il reste pertinent de disposer de ses propres analyses (par parcelle ou groupe de parcelles homogènes). En particulier dans le cas de précédents riches (légumineuses...) et d’apports organiques épandus en été/automne. Pour rappel, en zones vulnérables, vous devez réaliser au minimum 1 RSH sur l’une des trois principales cultures de l’exploitation.
Si vous n’avez pas encore réalisé vos reliquats, il n’est pas trop tard pour en réaliser, sous réserve qu’aucun apport minéral ou apport organique récent n’ait été effectué.
Préparez votre plan prévisionnel de fumure azotée
Pour rappel, toutes les exploitations doivent réaliser un plan prévisionnel de fumure azotée à la parcelle.
La Chambre d’agriculture accompagne chaque année ses adhérents dans l’élaboration de leur plan de fumure. Ce document et le cahier d’épandage doivent être tenus à jour et disponibles en cas de contrôle.
Le plan de fumure, basé sur la méthode des bilans, permet d’ajuster les apports d’azote aux besoins des cultures, afin d'atteindre l’objectif de rendement fixé. Un référentiel régional fixe les paramètres de calcul.
Pour le poste reliquats (en l’absence de vos propres analyses), il faut se référer à cette synthèse statistique départementale ou à toutes autres sources de référence disponibles à l’échelle départementale ou plus locale (Ceta, par exemple).
L’objectif de rendement (= rendement olympique) doit être basé sur la moyenne des rendements obtenus les cinq dernières années en retirant les extrêmes. Il est recommandé de raisonner ses objectifs de rendement par type de sols en fonction de leur potentiel.
Il sera possible d’ajuster la dose prévisionnelle en cours de campagne en fonction de l’état de nutrition azotée des cultures mesuré par un outil de pilotage (Mes Sat’Images, N-Tester…).
Pensez à réserver votre OAD (Mes Sat’images et N-Tester) pour ajuster votre dernier apport azoté. Prise de commande possible jusqu’au 15 avril pour le service Mes Sat’Images à 8 €/ha et N tester (10 €/parcelle et tarif dégressif suivant le nombre de parcelles engagées).
Des doses bilans moyennes au final
Du fait des reliquats sortie d’hiver assez élevés, les doses bilan s’avèrent plutôt faibles à moyennes suivant les précédents et les secteurs.
Pour un blé en sols profonds, précédent colza, avec un objectif de rendement à 95 qx/ha, la dose bilan est d’environ 180 uN/ha à 200 uN/ha (suivant le besoin par quintal de la variété).
Pour un blé sols profond (limon), précédent pomme de terre, avec un objectif de rendement à 95 qx/ha, la dose bilan est d’environ 160 uN/ha à 200 uN/ha (suivant le besoin par quintal de la variété). Pour un blé en sols superficiel, précédent colza, avec un objectif de rendement à 90 qx/ha, la dose bilan est d’environ 170 uN/ha à 190 uN/ha (suivant le besoin par quintal de la variété).
Pour un escourgeon en craie, précédent blé pailles enfouies, sans apport de MO, avec un objectif de rendement à 85 qx/ha, la dose bilan est d’environ 160 uN/ha.
Pour une betterave en limon, précédent blé pailles enfouies, avec Cipan et avec MO, la dose bilan est d’environ 80 uN/ha.
Pour une betterave sols superficiels, précédent blé pailles enfouies, avec Cipan et avec MO, la dose bilan est d’environ 100 uN/ha.
Ces doses bilan sont calculées avec des reliquats moyens issus de la synthèse départementale et doivent être adaptées à vos propres reliquats, si vous en avez. Pour rappel, seul un OAD peut permettre de justifier un dépassement de la dose bilan calculée à la parcelle.