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NNI : ce qu'ont voté les députés de la Somme

Le député de votre circonscription s'est-il prononcé en faveur ou contre le projet de ré-autorisation des néonicotinoïdes (NNI) pour la betterave ? S'est-il abstenu ? On fait le point à l'issue d'un vote qui a lieu cet après-midi, mardi 6 octobre, au Palais Bourbon.

Résultats du vote du projet de loi ré-autorisant temporairement l'utilisation des néonicotinoïdes pour la betterave, le 6 octobre, à l'Assemblée Nationale.
Résultats du vote du projet de loi ré-autorisant temporairement l'utilisation des néonicotinoïdes pour la betterave, le 6 octobre, à l'Assemblée Nationale.
© CGB

Il y a ceux pour qui le soutien au projet de loi était acquis depuis longtemps, par conviction, par pragmatisme et d'autres pour lesquels il n'en était pas question, soit par idéologie, soit par discipline de vote liée à l'appartenance à un groupe.

Cet après-midi, lors du vote du projet de loi ré-autorisant de manière temporaire l'utilisation des néonicotinoïdes pour protéger la betterave du virus de la jaunisse, 313 députés se sont exprimés en faveur du projet de loi, quand 158 ont voté contre.

Sur les quatre députés samariens ayant participé au vote, quatre d'entre eux se sont exprimés « pour » : Jean-Claude Leclabart (4ème circonscription, LREM) dont on se souvient qu'il était l'initiateur d'une rencontre entre des députés de sa formation politique et une délégation de la CGB 80 lors des journées parlementaires de la LREM qui se sont tenues à Amiens, mi-septembre ; Cécile Delpirou (2ème circonscription, LREM) devenue députée en remplacement de Barbara Pompili depuis sa nomination au ministère de la Transition écologique ; Emmanuel Maquet (3ème circonscription, LR) qui s'est réjoui dans un long communiqué en début de soirée d'une décision « de bon sens qui va permettre la sauvegarde d’une filière porteuse de 46 000 emplois industriels, dont 3 000 betteraviers dans l’unique département de la Somme ».

François Ruffin a tenu parole

Parmi les députés ayant voté « contre », un seul élu de la Somme. Il s'agit du député de la 1ère circonscription, François Ruffin (LFI). Lors d'un échange avec la FDSEA de la Somme, les Jeunes Agriculteurs et la Chambre départementale d'agriculture, le 28 septembre, François Ruffin avait expliqué le pourquoi de sa décision, avant de proposer des alternatives : « On doit étudier la possibilité de mettre en place un autre modèle industriel que celui qu'on connait aujourd'hui », a-t-il ainsi défendu. Et de regretter « qu'à aucun moment nos dirigeants ont contesté à Bruxelles la ré-autorisation des néonicotinoïdes dans d'autres pays ».

Le député estimait alors également « légitime » un « dédommagement des pertes subies par les betteraviers dans le projet de loi de finances », tout en demandant à ce qu'il n'y ait pas de dérogations possibles à l'utilisation des NNI ailleurs en Europe, et enfin « que la betterave à sucre samarienne ne soit pas en concurrence avec la canne à sucre brésilienne ».

Punchline du ministre Denormandie contre LFI

Si François Ruffin a tenu parole en restant discret sur les bancs de l'Assemblée Nationale, ce mardi 6 octobre, il y a quelques jours, le 1er octobre, la formation politique à laquelle il appartient avait semé le trouble en mettant en corrélation le nombre de suicides chez les agriculteurs avec la ré-autorisation des néonicotinoïdes. Extraits : « Un agriculteur se suicide tous les deux jours, victime d'un modèle agro-industriel à bout de souffle qui broie les paysans et empoissonne le vivant. La seule réponse du gouvernement ? Ré-autoriser les néonicotinoïdes ».

Lundi 5 octobre, lors de l'examen préliminaire de plusieurs dispositions du texte sur les néonicotinoïdes et la betterave, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait sèchement remis à sa place le président du groupe « La France insoumise à l' Assemblée nationale » et député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon en lui lançant une formule qui pourrait faire date : « Je suis sûr que vos propos d’estrade ne feront jamais pousser une betterave dans notre pays ». La punchline du ministre a depuis pas mal fait réagir sur les réseaux sociaux.

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