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Syndicalisme
PAC post-2027 : ce couple franco-allemand qui monte au front pour défendre le budget agricole européen

Le 10 juin, la FNSEA et son homologue allemand, le DBV, ont affiché un front commun pour peser sur les négociations du futur budget européen et de la PAC post-2027. Les deux organisations syndicales réclament une politique agricole forte, dotée de moyens renforcés et recentrée sur le revenu des agriculteurs.

budget de la PAC
© FNSEA

À mesure que s'ouvrent les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union européenne et la future Politique agricole commune, les syndicats agricoles français et allemands entendent faire entendre leur voix. Dans une déclaration commune du 10 juin, la FNSEA et le Deutscher Bauernverband (DBV) ont publié un texte fixant leurs lignes rouges pour la PAC après 2027.

Pour les deux organisations, les choix qui seront arrêtés dans les prochains mois engageront directement l'avenir économique des exploitations, mais aussi la capacité de l'Union européenne à garantir sa souveraineté alimentaire et le dynamisme de ses territoires ruraux.

Une PAC à 500 milliards d'euros

Premier message adressé à Bruxelles : le budget agricole ne doit pas être la variable d'ajustement des finances européennes. Les syndicats jugent largement insuffisante l'enveloppe de 294 milliards d'euros évoquée pour la période 2028-2034.

« Nous avons besoin de 500 milliards d'euros pour la future PAC. Seule une PAC forte, autonome et dotée de moyens suffisants nous permettra de relever les défis à venir », affirment les représentants de de la FNSEA et du DBV. Pour elles, « le rétablissement de la compétitivité de l'agriculture doit être une priorité absolue ».

Il s’agit de maintenir le pouvoir d'intervention de la PAC tout en lui donnant les moyens d'accompagner les transitions, de sécuriser la production agricole et de protéger les exploitations face aux crises de marché ou climatiques grâce à une véritable réserve européenne de crise.

Défendre le caractère commun de la politique agricole

Au-delà du montant du budget, la FNSEA et le DBV s'inquiètent d'une éventuelle renationalisation de la PAC. Les deux syndicats refusent toute fragmentation qui conduirait à des distorsions de concurrence entre États membres. « Le budget ne peut être affaibli, la PAC ne peut être fragmentée (…) La PAC doit rester une politique économique, au service des agriculteurs, pour améliorer leur revenu ».

Les organisations souhaitent ainsi préserver une gouvernance commune, un cadre réglementaire unique et des règles harmonisées à l'échelle européenne.

Le revenu agricole au cœur des attentes

Dans leur déclaration, les représentants agricoles demandent que chaque mesure de la future PAC soit évaluée à l'aune de son impact économique sur les exploitations. Selon eux, les soutiens européens doivent bénéficier à tous les modèles agricoles, quelle que soit leur taille ou leur statut juridique.

Cette orientation traduit une préoccupation largement partagée dans les campagnes européennes : redonner des perspectives économiques aux exploitants et favoriser le renouvellement des générations.

Développement rural et refus du plafonnement

Autre sujet de vigilance : le maintien d'un second pilier de la PAC doté de moyens propres. La FNSEA et le DBV réclament un budget spécifique d'au moins 100 milliards d'euros pour le développement rural, afin de financer les investissements, les mesures agroenvironnementales, l'accompagnement des zones défavorisées ou encore les dispositifs de gestion des risques.

Les deux organisations réaffirment également leur opposition à toute généralisation obligatoire du plafonnement ou de la dégressivité des aides directes. Elles estiment que la diversité des structures agricoles européennes rend ces mécanismes inadaptés et défendent le maintien d'un soutien de base à l'hectare accessible à toutes les exploitations actives.

Une demande de simplification adressée à Bruxelles

Enfin, le tandem franco-allemand plaide pour une simplification profonde de la PAC. Les syndicats demandent une réduction des conditionnalités, la suppression de la conditionnalité sociale et davantage de dispositifs fondés sur l'incitation plutôt que sur la contrainte.

Ils souhaitent notamment que les futures exigences environnementales soient pragmatiques, applicables sur le terrain et compatibles avec la viabilité économique des exploitations.

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