Présidentielle 2027
PAC, prix, importations : comment Glucksmann veut changer les règles du jeu agricole
Raphaël Glucksmann a remporté, dimanche 11 octobre, la primaire de la gauche sociale-démocrate avec 66,13 % des suffrages exprimés. Le fondateur de Place publique défend une réforme de la Politique agricole commune (PAC), des prix plus rémunérateurs pour les producteurs et une meilleure protection contre la concurrence des importations.
Raphaël Glucksmann a remporté, dimanche 11 octobre, la primaire de la gauche sociale-démocrate avec 66,13 % des suffrages exprimés. Le fondateur de Place publique défend une réforme de la Politique agricole commune (PAC), des prix plus rémunérateurs pour les producteurs et une meilleure protection contre la concurrence des importations.
Raphaël Glucksmann a remporté ce dimanche 11 octobre la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour, avec 79 613 voix, soit 66,13 % des suffrages exprimés. Cette victoire lui permet de préparer la présidentielle de 2027 avec le soutien de Place publique et de ses alliés.
Bien qu’absent lors du dernier Sommet de l’élevage, mais présent à d’autres rendez-vous comme la Foire de Châlons ou le Salon international de l’Agriculture, le candidat Glucksmann dispose déjà de bases programmatiques en matière d’agriculture.
Ses propositions portent principalement sur la rémunération des producteurs, la répartition des aides européennes et la transition écologique des exploitations. Reste à savoir lesquelles seront reprises, précisées ou complétées dans le programme présidentiel.
Une PAC davantage tournée vers l’emploi agricole
Raphaël Glucksmann défend ainsi une transformation de la Politique agricole commune, avec l’ambition de la faire évoluer vers une « Politique agricole et alimentaire commune » (PAAC). L’objectif serait de mieux articuler les aides à la production avec les enjeux alimentaires, sociaux et environnementaux.
Dans le programme pour les élections européennes de 2024, la liste PS-Place publique menée par Raphaël Glucksmann proposait par exemple de réorienter les aides vers l’emploi agricole et l’utilité écologique, plutôt que de s’appuyer principalement sur les surfaces exploitées. Le dispositif devait notamment mieux soutenir les petites exploitations, l’installation des jeunes agriculteurs et les pratiques favorables à l’environnement. Une telle orientation, si elle venait à s’appliquer, pourrait avoir des conséquences pour les exploitations des Hauts-de-France, où les grandes cultures occupent une place importante. Une évolution des critères de répartition des aides modifierait en effet potentiellement les équilibres entre systèmes de production. Tout dépendra toutefois des modalités retenues : définition de l’emploi agricole, niveau des aides, plafonnement éventuel et critères environnementaux.
Le programme européen de Glucksmann prévoyait également une aide transitoire au revenu pour accompagner les changements de pratiques. Dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, le candidat devra préciser comment cette orientation s’articulerait avec les aides actuelles de la PAC et quels moyens seraient mobilisés pour éviter que la transition ne fragilise les revenus.
Des prix plus rémunérateurs et des importations mieux encadrées
Sur la rémunération agricole, Raphael Glucksmann défend l’instauration de prix planchers destinés à mieux protéger les producteurs. Il souhaite également renforcer les clauses miroirs pour que les produits importés respectent des exigences comparables à celles imposées aux agriculteurs européens. Le candidat entend ainsi agir sur deux leviers : le partage de la valeur au sein des filières et les conditions de concurrence sur le marché européen. Il défend par ailleurs une sortie de l’agriculture des accords de libre-échange.
Réduire les intrants et accompagner l’adaptation climatique
La transition écologique constitue un autre axe du projet de Place publique. Le mouvement défend une évolution des pratiques agricoles, une réduction de la dépendance aux intrants chimiques et une meilleure rémunération des services environnementaux rendus par les exploitations.
L’adaptation au changement climatique figure également parmi les sujets mis en avant par Glucksmann. Pour les agriculteurs, cela renvoie à des enjeux très concrets : gestion de l’eau, évolution des systèmes de culture, investissements, recherche variétale et prévention des risques climatiques.
Le programme européen de 2024 prévoyait aussi une révision des règles européennes relatives aux conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux, ainsi qu’un développement des productions végétales.
Thomas Pellerin-Carlin et Yannick Jadot dans l’entourage du candidat
La préparation du projet de Raphaël Glucksmann mobilise plusieurs personnalités de son entourage, dont Thomas Pellerin-Carlin et Yannick Jadot.
Eurodéputé Place publique, Thomas Pellerin-Carlin était présenté par Agra, le 3 septembre 2026, comme le référent agriculture et écologie de Glucksmann. Avant son élection au Parlement européen en 2024, il a travaillé sur les politiques européennes de l’énergie et du climat, notamment au sein de l’Institut Jacques Delors et de l’Institut de l’Économie pour le Climat.
Yannick Jadot, sénateur écologiste et ancien candidat à la présidentielle, est également associé à la préparation du projet. Glucksmann lui a notamment confié un travail sur les cent premiers jours de la transformation écologique qu’il entend engager en cas d’élection.
Un programme agricole encore attendu
La victoire de Glucksmann à la primaire donne désormais un cadre politique à sa candidature pour 2027, avec des orientations déjà identifiables : réforme de la PAC, meilleure rémunération des producteurs, encadrement des importations et adaptation de l’agriculture au changement climatique. Pour les agriculteurs, l’essentiel reste néanmoins à connaître : les mesures chiffrées, les financements associés, les critères de répartition des aides et les conséquences pour les différentes filières. Le programme présidentiel devra aussi préciser comment concilier les ambitions environnementales avec la compétitivité des exploitations et la production alimentaire française.