Pas de Mercosur dans l’assiette des lycéens des Hauts-de-France
En pleine effervescence du Salon International de l’Agriculture, la Région Hauts-de-France a frappé un grand coup lors de sa journée officielle, le 25 février. Le président Xavier Bertrand a réaffirmé que les produits issus des pays du Mercosur n’auront pas leur place dans les cantines des lycées régionaux. Une mesure de protection pour les agriculteurs autant que pour la santé des élèves.
En pleine effervescence du Salon International de l’Agriculture, la Région Hauts-de-France a frappé un grand coup lors de sa journée officielle, le 25 février. Le président Xavier Bertrand a réaffirmé que les produits issus des pays du Mercosur n’auront pas leur place dans les cantines des lycées régionaux. Une mesure de protection pour les agriculteurs autant que pour la santé des élèves.
Une annonce prémonitoire ? Quelques jours avant que la présidente de la Commission européenne n’annonce une mise en œuvre provisoire de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, c’est sur l’espace de la Région Hauts-de-France que le sujet s’est une nouvelle fois invité. Lors de sa journée officielle, le 24 février, la Région Hauts-de-France a décidé de passer des paroles aux actes en annonçant qu’elle refuserait que des produits issus des pays du Mercosur servent à l’élaboration des repas servis dans la restauration scolaire gérée par la collectivité.
L’exigence de la fourchette à l’étable
Pour la collectivité, qui gère la restauration de près de 270 lycées publics et sert chaque année plusieurs millions de repas, l’enjeu est double : garantir une alimentation de qualité et soutenir les filières locales. Xavier Bertrand a profité de cette tribune au SIA pour clarifier sa stratégie de défense de la souveraineté alimentaire.
« Nos agriculteurs respectent des normes parmi les plus exigeantes au monde. Il est hors de question que nos lycéens consomment des produits issus de filières qui ne respecteraient pas ces mêmes standards », a martelé le président de la Région. « La Région prend ses responsabilités. Nous ne sommes pas contre les accords internationaux, mais tout ce qui touche à la santé, à notre alimentation, ne doit pas figurer dans les toutes dernières priorités. Ce qu’on mange est important et nous nous devons donc de l’afficher comme une première vraie priorité. »
Refuser la « naïveté commerciale »
Pour la Région, ouvrir les vannes du marché européen à des produits sans réciprocité des normes environnementales et sociales reviendrait à organiser une concurrence déloyale. L’exécutif régional refuse de céder à ce qu’il qualifie de « naïveté commerciale ». En excluant la viande et les produits sud-américains des restaurants scolaires, les Hauts-de-France entendent protéger une filière stratégique qui traverse un moment décisif. « Une chose est certaine, il n’y aura aucun produit importé du Mercosur dans les cantines gérées par la Région Hauts-de-France », a tranché Xavier Bertrand.
Un levier pour l’économie agricole régionale
Première région agricole de France pour de nombreuses productions, les Hauts-de-France rappellent que l’agriculture n’est pas un simple secteur économique, mais le pilier de l’aménagement de leurs territoires. Cette décision de bannir le Mercosur s'accompagne d'un renforcement du soutien aux circuits courts et à la traçabilité avec l’objectif de transformer chaque plateau-repas en un acte de soutien à l’agriculture régionale.