Ruralité
Petites communes, grands projets pour la biodiversité
Haies, prairies fleuries, zones humides, mares… Les petites communes des Hauts-de-France ne manquent pas de projets pour préserver leurs milieux naturels. Encore faut-il pouvoir les financer. La Région et la Fondation du patrimoine lancent donc «Biodiversité et ruralité», un dispositif destiné aux communes de moins de 2 000 habitants. Le coup d’envoi a été donné le 6 octobre à Querrieu (80), village présenté comme exemplaire.
Haies, prairies fleuries, zones humides, mares… Les petites communes des Hauts-de-France ne manquent pas de projets pour préserver leurs milieux naturels. Encore faut-il pouvoir les financer. La Région et la Fondation du patrimoine lancent donc «Biodiversité et ruralité», un dispositif destiné aux communes de moins de 2 000 habitants. Le coup d’envoi a été donné le 6 octobre à Querrieu (80), village présenté comme exemplaire.
10h45 à l’école de Querrieu. C’est l’heure de la récréation. Depuis cette rentrée, les enfants bénéficient d’un tout nouvel espace de vie : des jeux installés dans une zone de copeaux de bois, un espace en dalles pavées gazonnées, avec un arbre qui leur apportera de l’ombre lors des jours chauds, un petit jardin dans lequel il est possible de cueillir des fruits rouges… «Cette cour a été entièrement désimperméabilisée. C’est bien plus agréable pour les enfants et leurs enseignants, et ça favorise l’infiltration de l’eau et la biodiversité», présente Jonathan Sanglard, maire de Querrieu. Un chantier à 70 000 €, dont 50 000 € de subventions. C’est pour multiplier ce genre de projets que la Région et la Fondation du patrimoine ont créé le dispositif «Biodiversité et ruralité». Il était lancé ce 6 octobre à Querrieu, village «exemplaire en la matière».
Le dispositif s’adresse aux communes de moins de 2 000 habitants pour financer des projets de plantation de haies, d’arbres, de vergers ou de bosquets, la création de bandes enherbées et mellifères, la restauration ou la création de mares, ou encore la reconquête écologique des chemins ruraux. La Région peut notamment participer à l’achat de plants et de semences, à la création de mares ou à l’installation de panneaux d’information. Les projets devront privilégier les essences locales, associer les habitants et prévoir un entretien durable des aménagements. Une manière, pour la collectivité régionale, de donner un coup de pouce aux communes qui n’ont pas forcément les moyens de porter seules ce type d’initiatives.
À Querrieu, les habitants ont déjà largement mis la main à la pâte. «Nous avons planté plus de 400 arbres, plus de 4 000 plantes vivaces et des dizaines de mètres de haie. Tout est planté par les habitants», raconte Jonathan Sanglard. Pour financer ces opérations, la commune multiplie les dossiers. «Nous déposons au moins un dossier de subvention chaque année auprès de la Région. Nous, les maires des petites communes, avons besoin de ces subventions pour pouvoir mener nos projets.»
Un amphithéâtre végétal
Les efforts ne se limitent toutefois pas aux plantations. À Querrieu, le square de Brou a lui aussi été entièrement repensé. En hommage à cette commune d’Eure-et-Loir qui avait fait un don de 25 000 € à Querrieu pour reconstruire le village après-guerre, le site est devenu un amphithéâtre végétal naturel. Des planches font office de bancs et, au centre, un toboggan a été aménagé dans un talus. «C’est pour célébrer les baptêmes civils, faire des photos de mariage, organiser des spectacles…», explique le maire. Coût du projet : 23 788 €, financé là encore à 80 % par des subventions.
Pour Véronique Teintenier, vice-présidente de la Région Hauts-de-France en charge de la biodiversité, Querrieu illustre justement ce que les petites communes peuvent mettre en place. «C’est un laboratoire de projets qui favorisent la biodiversité. La biodiversité s’épanouit dans nos campagnes, dans nos villages, dans nos mares, aux abords de nos chemins ruraux… Il faut la favoriser et la préserver.» Et de rappeler la valeur patrimoniale de ces espaces : «Un chêne centenaire, c’est comme un clocher, ça se transmet. À la différence qu’il respire et qu’il rafraîchit.»
Avec «Biodiversité et ruralité», la Région entend ainsi accompagner des projets souvent modestes par leur taille, mais dont l’effet peut être important à l’échelle des villages. Le dispositif s’inscrit dans la feuille de route régionale «Reconquête de la biodiversité 2025-2028». Une vision du patrimoine que partage la Fondation du patrimoine, partenaire de l’opération. «Quand on parle de patrimoine, on pense à nos édifices, mais nous avons aussi le patrimoine qui roule, qui flotte… et la biodiversité», souligne Stéphane Ledez, délégué régional de la Fondation du patrimoine Hauts-de-France. «Nous avons levé 2 M€ cette année pour aider à la restauration des forêts anéanties par les incendies. Nous voulons aussi soutenir les communes. À leur échelle, elles ont un grand pouvoir d’action.»
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La biodiversité de l’étang Saint-Nicolas de Boves bichonnée
À Boves, l’étang Saint-Nicolas fait l’objet d’actions concrètes pour préserver ses milieux naturels. À l’occasion de la première Rencontre des élus Natura 2000 des Hauts-de-France, une visite de terrain était organisée ce 7 octobre pour présenter les opérations de restauration et d’entretien menées sur le site. Les élus ont notamment découvert le fonctionnement des tourbières et les enjeux liés à leur préservation. Le marais abrite plusieurs espèces remarquables, dont la cordulie à corps fin, une libellule menacée, le vertigo de Des Moulins, un escargot de seulement 2 à 3 mm, mais aussi le blongios nain et la gorgebleue à miroir. Depuis 2023, la Région Hauts-de-France assure la gestion des sites Natura 2000 exclusivement terrestres. Elle accompagne aujourd’hui 72 sites représentant plus de 139 000 hectares, notamment grâce à l’animation locale et au financement d’actions et de contrats Natura 2000.