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Polyculture-élevage : de nouvelles voies collectives

Depuis 2017, deux groupes d’éleveurs réfléchissent ensemble à comment augmenter les synergies entre culture et élevage dans leur exploitation.

Le 24 mai, les deux groupes se sont réunis au lycée de Radinghem, dans le Pas-de-Calais, pour comparer leurs avancées et échanger.
Le 24 mai, les deux groupes se sont réunis au lycée de Radinghem, dans le Pas-de-Calais, pour comparer leurs avancées et échanger.
© D. R.


Les deux groupes d’éleveurs sont accompagnés en cela par Agro-Transfert RT, les chambres d’agriculture et les groupes de développement, avec l’appui de l’Institut de l’élevage et l’Inra. L’un est composé d’agriculteurs du Cernodo (Association de développement agricole du Pays de Bray/Picardie verte), dans l’Oise, et l’autre d’agriculteurs des Geda du Montreuillois/Boulonnais/Haut-Pays, dans le Pas-de-Calais.
Le cours des prix du lait et des aliments ont conduit nombre de polyculteurs-éleveurs à se poser des questions sur la performance de leur système. En parallèle, les acteurs de la recherche et du développement agricole mettent en avant les connexions entre ateliers d’élevage et de cultures comme l’un des leviers principaux de l’agroécologie. Elles permettent de boucler les cycles de l’azote et du carbone, d’allonger les rotations et de limiter le développement d’adventices et de ravageurs, d’accroitre l’autonomie alimentaire et de favoriser le stockage de carbone via la gestion des prairies. Des travaux récents ont également montré qu’elles permettent une meilleure maîtrise des coûts de production, résultats illustrés par l’expérimentation du lycée (+ 31 Ä MB/1 000 l en système autonome).
Le projet «complémentarités cultures et élevage», qui a initié la réflexion de ces deux groupes, cherche à mettre en contact les agriculteurs en quête de nouvelles façons de produire et la R&D porteuse de nouvelles connaissances au travers de méthodes d’animation innovantes : les ateliers de co-conception.

Atelier de co-conception
La co-conception est une méthode d’animation où un groupe d’agriculteurs se positionne en consultant pour résoudre un problème posé par l’un d’entre eux. Lors de l’atelier, le groupe d’agriculteurs propose un nouveau système de production afin de répondre au problème posé. Ce travail est alimenté par des apports de connaissance issus de la R&D. Au cours de l’année écoulée, les groupes ont chacun réalisé quatre ateliers de co-conception. La rencontre du 24 mai est l’occasion d’échanger sur ces expériences. Voici comment ils en parlent : «Le matin, un intervenant (expert extérieur sur un sujet donné, ndlr) présente un thème, sous forme d’échange avec le groupe. Il adapte son intervention en fonction des questions du groupe, tout en faisant une visite de l’exploitation. L’après-midi, un agriculteur présente les objectifs qu’il se fixe à cinq à dix ans. Puis le groupe d’agriculteurs, en fonction de cette cible et des informations sur l’exploitation, réinvente un nouveau système pour arriver aux objectifs.» Un agriculteur précise l’intérêt particulier qu’il trouve à ces journées. «Des visites d’exploitation, j’en ai déjà fait des dizaines au moins. Mais là, on a vraiment une problématique et un aboutissement. Ça permet d’avoir des échanges plus pointus. Aujourd’hui, on est plutôt acteurs.»

De nouveaux systèmes pour aller où ?
Pour les agriculteurs des deux groupes, les ateliers ont été l’occasion de conforter des idées de changements qu’ils avaient déjà, mais qu’ils n’osaient pas mettre en place. Pour certains, cela a même été l’occasion de s’ouvrir à de nouvelles idées : «Il y a ce que je fais déjà, ce que je pensais et que je n’osais pas et ce que je n’avais pas pensé.» Après plus d’un an de projet, certains agriculteurs ont en tête des changements conséquents de système (allongement des rotations, passage en bio ou en système tout herbe) et tous ont déjà testé de nouvelles pratiques. Certains ont commencé leur cheminement en divisant le silo en deux pour avoir un front d’attaque plus lent et une meilleure conservation des fourrages, d’autres testent des dérobées et des méteils ou augmentent leurs surfaces en prairies. A chacun sa solution, mais tous tirent parti de la force du groupe : «il y a toujours plus d’idées dans dix têtes que dans une seule, ça permet d’utiliser les compétences de chacun».
Quelques ateliers sont encore à venir. Le projet, lui, se termine en 2020 avec, pour objectif, de transférer la démarche à d’autres groupes d’agriculteurs qui souhaiteraient avancer ensemble.

Le projet
Le projet Complémentarités cultures et élevage a pour finalité de faire émerger des solutions de complémentarités entre activités d’élevage et de culture à destination des agriculteurs en région Hauts-de-France.
Pour ce faire, le projet s’appuie sur les travaux de la R&D et sur les connaissances des agriculteurs afin de construire des démarches d’accompagnement d’agriculteurs en recherche de nouvelles solutions et de donner à voir des systèmes innovants et performants.
Pour en savoir plus sur le projet, visitez sa page internet : http://www.agro-transfert-rt.org/projets/complementarites-cultures-elevage/ et le site internet du RMT SPyCE – systèmes de polyculture-élevage.

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