Consommation
Poulets ukrainiens et viande du Mercosur, les cantines accusées à tort ?
Alors que certaines rumeurs pèsent sur la restauration collective, l’organisation syndicale qui la représente affirme que cette dernière soutient massivement la Ferme France en assurant une traçabilité exemplaire de ses produits.
Alors que certaines rumeurs pèsent sur la restauration collective, l’organisation syndicale qui la représente affirme que cette dernière soutient massivement la Ferme France en assurant une traçabilité exemplaire de ses produits.
Les cantines françaises seraient-elles inondées de poulets ukrainiens ou de viande venue du Mercosur ? Les chiffres du Syndicat national de la restauration collective (SNRC) disent le contraire. Selon l’enquête menée par le syndicat sur les achats de 2024, 99,19 % de la volaille fraîche servie est d’origine France. Plus de 99 % des viandes consommées proviennent de France (70,93 %) ou de l’Union européenne (28,15 %). Quant aux viandes hors UE, elles représentent moins de 1 %, principalement de l’agneau néo-zélandais. Comme le souligne le SNRC, « parler d'une majorité de poulets ukrainiens ou brésiliens, ou de viande en provenance du Mercosur dans la restauration collective concédée, est donc factuellement faux. »
L’origine France assumée malgré son prix
Cette prédominance du « Made in France » n’est pas le fruit du hasard, rappelle le SNRC. Dans les faits, les entreprises de restauration collective, en partenariat avec les maires et pouvoirs publics, ont fait le choix de soutenir les filières nationales, même si cela implique un coût supérieur. Si le poulet ukrainien s’affiche autour de 3 €/kg, que le poulet brésilien est autour de 2,50 €/kg, le poulet français est quant à lui à 7 €/kg, et jusqu’à 14 €/kg pour le poulet français Label Rouge. « Nos entreprises s’engagent pour la Ferme France car elles sont conscientes du travail et de la qualité des produits proposés par nos agricultrices et nos agriculteurs. Chaque jour, ils créent de la valeur sur nos territoires et nous sommes fiers de les soutenir par notre politique d’achats, au service de notre souveraineté alimentaire », explique Isabelle Aprile, présidente du SNRC.
Traçabilité et qualité : des garanties pour tous
Tous les produits servis respectent les normes sanitaires françaises les plus strictes, avec une traçabilité renforcée grâce au reporting EGAlim, souligne également le syndicat. En 2026, il prévoit d’aller plus loin en introduisant une catégorie spécifique « Origine France » pour une information claire et publique. Et d’ajouter que soutenir les agriculteurs et garantir la qualité des repas est prioritaire, « au premier rang desquels les enfants et les personnes fragiles ».
Remettre la cantine au centre du débat
Les accusations répétées contre la restauration collective « décrédibilisent les professionnels, sèment le doute auprès des élus et des familles, fragilisent des débouchés pourtant stables pour les filières françaises et détournent l’attention des vrais leviers de souveraineté alimentaire », souligne le SNRC. En réalité, la restauration collective ne représente donc qu’une part minoritaire des produits agricoles consommés en France : environ 7 % contre près de 68 % pour la grande distribution. « La restauration collective n’est pas le problème : elle fait partie de la solution, en soutenant concrètement la Ferme France, chaque jour, dans les cantines de millions de Français », conclut le syndicat.