Pourquoi le chrysanthème reste LA fleur de la Toussaint ?
Chaque année, à l'approche du 1er novembre, les cimetières se couvrent de chrysanthèmes. Avec leurs fleurs rondes et leurs couleurs éclatantes, les pomponnettes sont devenues indissociables de la Toussaint.
Chaque année, à l'approche du 1er novembre, les cimetières se couvrent de chrysanthèmes. Avec leurs fleurs rondes et leurs couleurs éclatantes, les pomponnettes sont devenues indissociables de la Toussaint.
Avant de devenir la fleur emblématique des cimetières français, le chrysanthème a parcouru un long chemin depuis l'Asie. Ses origines se trouvent principalement en Chine, où il était cultivé il y a plusieurs milliers d'années. La plante a ensuite gagné le Japon, où elle a acquis une place importante dans la culture et les traditions.
Son nom vient du grec chrysos, qui signifie « or », et anthemon, qui signifie « fleur ». Une appellation qui rappelle les premières variétés jaunes, même si les horticulteurs ont depuis obtenu une multitude de couleurs : blanc, rose, rouge, violet, bronze ou encore jaune vif.
Le chrysanthème arrive en Europe au XVIIIe siècle. En France, son introduction est généralement attribuée à Pierre Blancard, qui rapporte des plants de Chine en 1789. Les horticulteurs vont ensuite multiplier les croisements pour obtenir des fleurs aux formes et aux dimensions très variées.
Aujourd'hui, le terme chrysanthème désigne une grande famille de plantes. Certaines se cultivent au jardin, d'autres sont produites pour la fleur coupée ou la vente en pots. Les variétés d'automne sont particulièrement appréciées pour leur floraison tardive, quand une bonne partie des autres fleurs ont déjà disparu.
Pourquoi fleurit-on les tombes avec des chrysanthèmes ?
La réponse tient d'abord à une caractéristique très pratique : le chrysanthème fleurit à l'automne. Alors que les températures baissent et que les jours raccourcissent, il continue de produire des fleurs. Il supporte également des températures fraîches et les petites gelées, même si sa résistance varie selon les variétés et les conditions météorologiques.
Au XIXe siècle, des chrysanthèmes commencent à apparaître dans les cimetières français pour la Toussaint. Ils permettent notamment de remplacer les bougies traditionnellement déposées sur les tombes. La plante n'est donc pas devenue une fleur de deuil en raison de sa seule symbolique : sa période de floraison explique largement son succès.
La Première Guerre mondiale va toutefois changer son destin. En novembre 1918, la France sort d'un conflit qui a fait des millions de morts parmi les combattants et les civils. Les familles cherchent à honorer leurs disparus, tandis que les monuments aux morts et les cimetières deviennent des lieux essentiels du souvenir collectif.
En 1919, pour le premier anniversaire de l'armistice, les tombes et les monuments aux morts sont largement fleuris. Le chrysanthème, disponible à cette période de l'année, s'impose progressivement comme la fleur du souvenir. Cette tradition se développe ensuite autour de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, et du jour des défunts, le 2 novembre.
Il faut donc distinguer les deux dates : la Toussaint est la fête chrétienne de tous les saints, tandis que le 2 novembre est consacré à la commémoration des fidèles défunts. Dans les faits, les familles profitent souvent du jour férié du 1er novembre pour se rendre au cimetière et fleurir les tombes.
La pomponnette, star des cimetières
Parmi les nombreuses variétés de chrysanthèmes, la pomponnette occupe une place de choix. Elle se reconnaît à ses petites fleurs nombreuses et serrées, qui forment des boules colorées au-dessus du feuillage. Jaune, blanc, rose, rouge ou bronze : elle offre un choix de couleurs qui permet de fleurir les tombes sans se limiter aux teintes traditionnellement associées au deuil.
Le mot « pomponnette » est employé dans le commerce horticole pour désigner ces chrysanthèmes compacts, à petites fleurs en forme de pompons. Il ne correspond pas à une espèce botanique unique, mais à des types et variétés horticoles sélectionnés pour leur aspect et leur floraison.
La pomponnette présente un autre avantage : elle se prête bien à la culture en pot. Facile à transporter et à installer sur une tombe, elle est particulièrement adaptée aux achats de la Toussaint. Sa floraison généreuse permet d'obtenir rapidement un effet coloré, même avec un seul pot.
Le chrysanthème n'est cependant pas réservé aux cimetières. Il peut aussi être planté dans un massif, sur un balcon ou dans une jardinière. Au jardin, certaines variétés vivaces reviennent chaque année, à condition de bénéficier de conditions de culture adaptées.
Une fleur de deuil… surtout en France
L'association entre chrysanthème et mort n'a rien d'universel. En France, la tradition est si bien installée que la fleur évoque presque automatiquement la Toussaint et les cimetières. Mais dans d'autres pays, elle possède des significations différentes.
Au Japon par exemple, le chrysanthème est notamment associé à la famille impériale et à la longévité. Il occupe une place importante dans l'art floral et les expositions horticoles. En Chine, il est également apprécié depuis longtemps pour ses qualités ornementales et ses usages traditionnels.
Autrement dit, offrir un chrysanthème n'a pas partout la même signification. En France, mieux vaut connaître les habitudes locales avant d'en faire un bouquet destiné à une personne que l'on souhaite honorer ou remercier.