Betteraves
Pourquoi Tereos s’attend à une chute des rendements betteraviers et comment le groupe s’y prépare
Dans un communiqué publié le 26 août, Tereos annonce des rendements betteraviers en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente. Le groupe adapte déjà le fonctionnement de ses sucreries pour cette campagne 2026-2027, marquée par la sécheresse et les fortes chaleurs.
Dans un communiqué publié le 26 août, Tereos annonce des rendements betteraviers en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente. Le groupe adapte déjà le fonctionnement de ses sucreries pour cette campagne 2026-2027, marquée par la sécheresse et les fortes chaleurs.
La campagne betteravière 2026-2027 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices chez Tereos. Dans un communiqué publié le 26 août, le groupe coopératif indique que les premiers prélèvements réalisés le 17 août font apparaître des rendements «en retrait de plus de 20 %» par rapport à la campagne précédente et de 15 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. Dans sa publication, le groupe coopératif sucrier précise que la situation est très variable selon les secteurs. Dans certains territoires, la baisse pourrait atteindre 50 à 60 %. Le groupe distingue notamment les bassins du Nord et de la Picardie Est, qui auraient mieux résisté, de la Picardie Ouest, de la Champagne, de la Seine-et-Marne et des zones non irriguées du sud de sa zone d’approvisionnement.
La météo a changé la donne
Selon Tereos, les conditions étaient pourtant favorables jusqu’à la mi-juin. Les semis avaient été réalisés dans de bonnes conditions et plus de la moitié des surfaces étaient couvertes dès le début du mois. La sécheresse prolongée, le déficit pluviométrique et les épisodes de fortes chaleurs qui ont suivi ont ensuite freiné le développement des betteraves. «Les rendements seront en baisse en raison de la sécheresse, des épisodes de canicule à répétition et en conséquence de l’état des betteraves», indique David Sergent, directeur agricole de Tereos. Le groupe estime désormais que l’enjeu est de valoriser au mieux les betteraves qui seront effectivement récoltées.
Des campagnes d’usines plus courtes
Cette situation conduit Tereos à revoir son organisation industrielle. Les dates de démarrage des sucreries seront décalées afin, explique le groupe, de récolter les betteraves au moment le plus favorable. La durée des campagnes sera également réduite. Tereos annonce une moyenne de 100 jours, contre 130 jours lors de la campagne précédente. Dans certaines sucreries, les cadences seront diminuées pour tenir compte de la qualité des betteraves et permettre de traiter l’ensemble de la récolte. Le groupe compte également adapter son mix de production en privilégiant le sucre. «Face à cette situation inédite, nous sommes mobilisés pour trouver l’organisation qui permette d’optimiser la récolte», explique David Sergent.
Tereos indique par ailleurs que les volumes de pulpes seront en baisse et qu’une attention particulière sera portée à leur approvisionnement pour répondre aux besoins des coopérateurs.
Une production européenne annoncée au plus bas
Au-delà des seuls bassins de Tereos, le groupe estime que les difficultés liées à la sécheresse concernent plusieurs pays européens. Il avance ainsi l’hypothèse d’une production européenne 2026-2027 qui serait la plus faible depuis la campagne 1988-1989. Cette perspective intervient après deux années de baisse des prix du sucre sur le marché européen. Tereos affirme observer les premiers signes d'un redressement des prix de vente.
«Nous constatons aujourd’hui les premiers signes d’une hausse des prix de vente», indique Pierre Henri Dietz, directeur Commerce de Tereos. Selon lui, la réduction attendue des stocks, la hausse des cours mondiaux et le recul des surfaces betteravières en Europe pourraient soutenir cette remontée.
Le climat, mais aussi les surfaces
Dans son communiqué, Tereos ne limite pas les difficultés de la prochaine campagne au seul épisode climatique de 2026. Le groupe pointe également la baisse des surfaces betteravières observée depuis trois ans en France et en Europe. Cette combinaison entre une récolte annoncée en retrait et des surfaces en baisse pourrait donc peser sur l’équilibre du marché du sucre.