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Politique
Présidentielle 2027 : le président des Hauts-de-France veut tracer son propre chemin

Le président de la Région Hauts-de-France a officialisé ce jeudi 27 août sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Interrogé lors de l’Université de rentrée du Medef, Xavier Bertrand a confirmé qu’il serait candidat, tout en écartant une nouvelle primaire de la droite et du centre. Une candidature qui, pour les Hauts-de-France et notamment le monde agricole régional, n’est pas anodine.

Xavier Bertrand candidat élection présidentielle 2027
Xavier Bertrand lors de sa visite sur le salon Innov-Agri en 2025.
© Xavier Bertrand - Facebook

Après plusieurs mois à préparer le terrain, Xavier Bertrand a officiellement annoncé ce jeudi 27 août qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027.

Interrogé sur ses intentions lors de l’Université de rentrée du Medef, le président des Hauts-de-France a répondu sans détour : « Je serai candidat. » Une déclaration qui intervient alors que plusieurs personnalités de la droite et du centre ont déjà lancé leur campagne ou avancé leurs pions.

Mais Xavier Bertrand entend ne pas reproduire le scénario de 2021. Il exclut notamment de participer à une nouvelle primaire pour départager les candidats de la droite et du centre. Sa justification tient en une phrase : « On ne va pas faire les mêmes erreurs à chaque fois. »

Pour la présidentielle de 2022, Xavier Bertrand avait participé au congrès organisé par Les Républicains pour désigner leur candidat. Il avait terminé quatrième sur cinq. Cinq ans plus tard, il entend donc avancer en candidat indépendant.

Un président de région qui veut porter la voix des territoires

Pour Xavier Bertrand, cette candidature repose notamment sur une ligne qu’il travaille depuis plusieurs années : celle d’une France moins centralisée et davantage attentive à ses territoires. Au début du mois d’août, il expliquait au Figaro vouloir se présenter comme un « candidat indépendant », tout en revendiquant une approche sociale et territoriale. Il résumait alors sa critique du fonctionnement actuel de l’État par cette formule : « On ne peut plus continuer aujourd’hui à tout diriger depuis Paris. »

Une posture qui prend une résonance particulière dans les Hauts-de-France. Xavier Bertrand préside la Région depuis 2016 et a auparavant été député de l’Aisne, ministre de la Santé puis du Travail et maire de Saint-Quentin (02). Il connaît donc particulièrement bien le tissu économique et rural régional.

Sa candidature ne sera toutefois pas simple à imposer dans un espace politique déjà encombré à droite et au centre, avec notamment Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau ou encore David Lisnard. Xavier Bertrand revendique néanmoins son autonomie et entend faire émerger sa propre offre politique plutôt que de se fondre dans une éventuelle coalition.

Une sensibilité agricole revendiquée

Pour le monde agricole des Hauts-de-France, le profil de Xavier Bertrand est particulier. Sans préjuger du programme agricole qu’il présentera dans les prochains mois, le président de Région a régulièrement pris position sur les dossiers qui préoccupent les agriculteurs.

Il l'a encore fait en juillet dernier lors de l'examen de la loi d'urgence agricole. Alors que le Parlement se prononçait sur le texte, Xavier Bertrand défendait « le choix de la confiance » envers les agriculteurs. « En agriculture comme ailleurs, il n’y a pas de souveraineté sans confiance », écrivait-il alors, avant de réclamer « de la confiance, de la stabilité et une vision d’avenir ».

Cette position s'inscrit dans une ligne déjà ancienne. En 2021, alors candidat à la présidentielle, Xavier Bertrand expliquait : « J’assume d’être du côté des agriculteurs et je suis prêt à agir. » Il mettait alors en avant l’organisation par la Région d’un Salon de l’agriculture virtuel destiné à lutter contre ce qu’il qualifiait d’« agribashing ». Plus récemment, au Salon de l’agriculture 2026, il avait également affirmé : « Il n’y aura plus aucun produit importé du Mercosur dans les lycées des Hauts-de-France », en annonçant vouloir privilégier les produits locaux et français dans les restaurants scolaires régionaux.

Sur la betterave, autre marqueur fort de l’agriculture régionale, le président des Hauts-de-France est également intervenu à plusieurs reprises auprès du gouvernement et de Bruxelles. En juillet, son soutien à la loi d’urgence agricole l’a notamment placé sur une ligne favorable aux demandes portées par une partie importante des filières régionales.

Un élu qui connaît le monde agricole régional

Au-delà des déclarations nationales, Xavier Bertrand bénéficie surtout d’une proximité construite depuis plusieurs années avec les organisations professionnelles et les filières agricoles des Hauts-de-France.

La Région dispose d’ailleurs d’une politique agricole structurée - confiée à la vice-présidente Marie-Sophie Lesne -, notamment autour de l’installation, de l’investissement, de la compétitivité des exploitations, de la valorisation des productions et de la gestion régionale d’une partie des fonds européens du second pilier de la PAC.

Cette connaissance du terrain constitue probablement l’un des éléments qui distinguent Xavier Bertrand dans le paysage des prétendants à l’Élysée. Cela ne signifie évidemment pas que le monde agricole lui apportera automatiquement son soutien, ni que toutes ses futures propositions répondront aux attentes des organisations professionnelles. Mais son bilan régional et ses prises de position successives montrent qu’il a fait de l’agriculture un sujet politique identifié. Reste maintenant à savoir quelle place l’agriculture occupera dans son projet présidentiel et avec quelles mesures.

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