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Produits laitiers : les achats chinois toujours dynamiques

Marché ciblé par les exportateurs français, la Chine poursuit ses achats de produits laitiers sur le marché mondial. Ses importations ont continué d’augmenter en 2018 (+ 10 %). Même si la production locale se développe, la consommation chinoise est telle que les opportunités demeureront. Aux laitiers français de savoir les saisir.

© D. R.



«Alors que les échanges mondiaux en valeur ont reculé en 2018, la Chine a accru ses importations [de produits laitiers] de 10 %», observe l’Institut de l’élevage dans le dernier numéro de la revue Chine Abcis (dédiée aux productions animales en Chine).
La part de la Chine dans les importations mondiales de produits laitiers dépasse maintenant les 20 %. Toutefois, après les fortes hausses de 2016 et 2017 qui ont compensé la chute de 2015, le rythme de croissance des achats chinois s’est quelque peu ralenti.

L’engouement pour les produits secs ne se dément pas
L’ensemble des produits secs continue de porter la demande. Les importations chinoises de poudre maigre ont atteint un nouveau record en volume à 280 000 tonnes, soit une augmentation de 13 % en un an. Toutefois, ces achats peuvent paraître relativement peu vigoureux à la vue des bas prix opérés sur les marchés mondiaux une grande partie de l’année.
Même constat pour la poudre de lactosérum, dont les importations «signent également un nouveau record, à 555 000 tonnes», indique Chine Abcis. Habituellement fournie par les Etats-Unis, la Chine a dû trouver de nouvelles sources d’approvisionnement suite au conflit commercial entre les deux pays. La France a pu augmenter de 3 % ses exportations. Mais c’est surtout la Biélorussie qui a su tirer profit de la situation en multipliant ces envois par cinq. L’Allemagne (+ 30 %) et les Pays-Bas (+ 23 %) ne sont pas non plus en reste.
Enfin, la dynamique se poursuit aussi du côté des poudres de lait infantiles. Les achats chinois ont augmenté de 13 % en 2018 à 333 000 tonnes. La France n’a toutefois pas profité de cette opportunité. Selon les douanes chinoises, les exportations depuis l’Hexagone ont diminué de 20 % en un an. «Sûrement suite aux problèmes sanitaires rencontrés par des exportateurs français», rapporte Chine Abcis.

Lait, crème et fromages à la peine
Le beurre, aussi, a connu des records d’importation. La Chine, premier importateur mondial, en a acheté 113 000 tonnes, soit une hausse de 24 % par rapport à 2017. Une forte progression qui pourrait ne pas se poursuivre en 2019, selon les auteurs de l’étude. Sur les trois premiers mois de 2019, les volumes importés ont déjà diminué de 21 %.
Mais ce marché est plus incertain. «Les marchés des produits encore peu consommés en Chine (beurre, fromages, crème) montrent des évolutions plus chaotiques, qui peuvent s’expliquer par l’immaturité du marché et l’opportunisme de certains importateurs», explique Chine Abcis.
D’ailleurs, les importations chinoises de fromages ont stagné à 108 000 tonnes. En crème, les achats ont reculé de 7 % en 2018. Il s’agit là d’un retour de balancier alors que les importations de ce produit avaient explosé en 2017. En lait liquide, la hausse des achats chinois reste modeste (+ 3 %). Là encore, la France n’a pu maintenir ses positions : - 40 % d’exportation en moins d’un an. Premier fournisseur, l’Allemagne a aussi vu ses exportations de lait liquide reculer (- 10 %).

Toujours plus d’opportunités à saisir
Dans un rapport sur les perspectives de l’agriculture en Chine, des «experts chinois prévoient une forte hausse de la production nationale (de lait) de 36 % en dix ans», relate Chine Abcis. Soit une hausse de 3,1 % par an alors qu’aujourd’hui la production chinoise est atone. En regard, «les mêmes experts prévoient une consommation chinoise en hausse de près de 40 % par habitant d’ici 2028». La hausse de la production locale ne devrait donc pas permettre de répondre à l’importante demande du marché domestique. En 2018, la Chine a importé quatre millions de tonnes équivalent lait. Elle devra en importer vingt et un millions de tonnes équivalent lait en 2028 si elle veut combler l’écart entre sa production et sa consommation, «voire davantage si la hausse de la production ne tient pas ses promesses».

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