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Quand le plaisir s'invite à la cantine scolaire

Les 32 établissements picards, qui ont participé au dispositif «Plaisir à la cantine», ont fait le bilan de leurs actions, à la Draaf, le 1er juillet dernier.

Non, ce n’est pas un chèque qu’ont reçu  les chefs d’établissement et leur personnel associé impliqués dans l’opération «Plaisir à la cantine», mais une plaque signalétique et d’attestation de leur participation à celle-ci.
Non, ce n’est pas un chèque qu’ont reçu les chefs d’établissement et leur personnel associé impliqués dans l’opération «Plaisir à la cantine», mais une plaque signalétique et d’attestation de leur participation à celle-ci.
© AAP

«L'école est finie», titre d'une célèbre chanson du temps des yé-yé, peut être reprise en cœur par tous les écoliers de France et de Navarre, à présent. L'heure prochaine de la remise des diplômes approche également à grands pas pour certains. Pour les chefs d'établissement et leur personnel associé, l'heure de la remise des diplômes était aussi d'actualité, le 1er juillet dernier, à la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Picardie (Draaf). Mais un diplôme un peu particulier, puisqu'il s'agissait de la remise de plaques signalétiques «Plaisir à la cantine» et d'attestation de leur participation à ce dispositif.
Ce dispositif, piloté au niveau interministériel par le ministère de l'Agriculture, a été lancé en 2010 dans le cadre du programme national pour l'alimentation. Articulé autour de quatre axes - la justice sociale, l'éducation alimentaire de la jeunesse, la lutte contre le gaspillage alimentaire, l'ancrage territorial et la mise en valeur de notre patrimoine - ce dispositif s'adressait à ses débuts aux collèges.
En Picardie, sous l'impulsion de la préfecture, de la Draaf, de l'Agence régionale de la Santé et du rectorat, des Conseils départementaux de la Somme, de l'Oise, et de la Région, le dispositif a été étendu, il y a deux ans, aux lycées agricoles. Il l'est aussi désormais aux lycées généraux.

Manger autrement
Depuis son lancement en 2012 en Picardie, 32 établissements y ont participé, et la rentrée scolaire 2015-2016 enregistrera une dizaine de nouvelles «recrues». A travers un programme de sensibilisation, allant d'une réflexion autour de la restauration scolaire, en passant par des repas équilibrés au juste prix, l'introduction des produits bio et locaux, ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire, l'objectif pour le personnel de l'Education nationale est de faire de la restauration scolaire un véritable enjeu éducatif inscrit au projet de l'établissement.
«Si c'est un travail à long terme, reconnaît Cathy Hochart, chef de cuisine au collège Jean-Moulin d'Albert, nous avons cependant avancé tant dans la restauration scolaire que nous proposons à nos 200 élèves que dans la perception qu'ils peuvent avoir de celle-ci.» Il est vrai que la cantine scolaire souffre d'une image généralement négative. Qui n'a pas dit, d'ailleurs, du temps de sa scolarité, que l'on mange mal à la cantine. Quasiment personne !

«Nous avons changé notre façon de faire»
Aussi pour lutter, entre autres, contre cette idée tenace dans les esprits, le personnel de restauration s'est-il engagé dans diverses démarches auprès des élèves. Outre la découverte des produits locaux, ponctués par des rencontres avec des producteurs locaux, l'introduction du bio, l'instauration de salad'bar, de nouveaux modes opératoires dans la cuisson des aliments, la valorisation de l'anti-gaspillage, le tri sélectif, et même le compostage, les comportements alimentaires des élèves ont évolué. «Ils consomment beaucoup plus de légumes, gaspillent beaucoup moins la nourriture, et posent aussi un autre regard sur nous. Quant à nous, nous avons changé notre façon de faire», a-t-elle pu constater.
Des évolutions semblables se sont produites au collège Les Coudriers, à Villers-Bocage. «La lutte contre le gaspillage marche bien chez nous, relève Cathy Legendre, aide-cuisinière. Nos élèves ont aussi compris pourquoi on ne pouvait pas leur faire des frites tout le temps. On les a aussi inclus dans des ateliers cuisine, qui remportent un beau succès. Ils comprennent mieux désormais nos choix, grâce à des visites que nous avons organisées pour eux, de l'arrivée du camion à l'assiette.»
«Notre souhait, précise Philippe Kim-Bonbled, directeur du service régional de l'alimentation à la Draaf, est que le soufflet ne retombe pas, d'autant que nous sommes bien devant les autres régions qui se sont engagées dans ce dispositif (Paca, Alsace, Languedoc-Roussillon, Bretagne, Franche-Comté, etc.).»
Pour ce faire, un concours d'affiches est proposé aux élèves sur le dispositif, un site Facebook est mis à disposition et une charte d'implication et d'éducation alimentaire autour des valeurs et du plaisir à la cantine est en cours de construction en partenariat avec les établissements impliqués et ceux qui viennent de le rejoindre. De quoi «ré-enchanter» la cantine à l'école.

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