Tradition
Que fête-t-on le jour de la Toussaint ?
Chaque année, le 1er novembre, les cimetières se remplissent de familles venues déposer des fleurs sur les tombes. Pourtant, la Toussaint n'est pas la journée consacrée aux défunts. Dans le calendrier chrétien, elle rend hommage aux saints. Pour les morts, c'est le lendemain, le 2 novembre. Une différence que les habitudes françaises ont quelque peu effacée.
Chaque année, le 1er novembre, les cimetières se remplissent de familles venues déposer des fleurs sur les tombes. Pourtant, la Toussaint n'est pas la journée consacrée aux défunts. Dans le calendrier chrétien, elle rend hommage aux saints. Pour les morts, c'est le lendemain, le 2 novembre. Une différence que les habitudes françaises ont quelque peu effacée.
La réponse est dans le mot : la Toussaint est la fête de tous les saints. Pas seulement ceux dont les noms figurent dans le calendrier ou qui ont leur statue dans une église. La célébration concerne aussi les saints inconnus, ceux que l'Église n'a jamais officiellement reconnus.
À l'origine, les chrétiens commémoraient notamment les martyrs, dont le nombre rendait impossible une célébration individuelle. Une journée commune leur a donc été consacrée. La fête s'est ensuite étendue à l'ensemble des saints. En Occident, le 1er novembre s'est imposé progressivement, avant que le pape Grégoire IV n'en généralise la célébration au IXe siècle.
Pour les catholiques, cette journée est l'occasion de rendre hommage à ceux qui ont vécu leur foi jusqu'au bout. Mais faut-il encore être croyant pour marquer le coup ? En France, la plupart des familles qui célèbrent la Toussaint ne font pas nécessairement la différence entre son sens religieux et la tradition familiale qui l'accompagne.
Les morts, c'est le 2 novembre
Alors pourquoi associe-t-on autant la Toussaint aux cimetières ? Tout simplement parce que le 1er novembre est férié. Les familles profitent de cette journée pour se rendre sur les tombes de leurs proches, les nettoyer et y déposer des fleurs. Le lendemain, en revanche, est généralement travaillé.
La confusion vient aussi du calendrier religieux. Le 2 novembre est consacré à la commémoration des fidèles défunts. Cette journée, distincte de la Toussaint, permet aux catholiques de prier pour les personnes mortes. La tradition s'est notamment développée à partir du XIe siècle.
Dans les faits, les deux journées se confondent souvent dans les habitudes françaises. On parle de la Toussaint pour désigner le moment où l'on fleurit les tombes, même si cette pratique relève davantage du souvenir des défunts que de la fête des saints.
Le chrysanthème, symbole de la Toussaint
À cette période de l'année, les chrysanthèmes envahissent les devantures des fleuristes et les allées des cimetières. Leur floraison automnale et leur résistance aux premières fraîcheurs en ont fait une fleur particulièrement appréciée pour fleurir les sépultures.
La tradition est ancienne, mais elle a pris une ampleur particulière après la Première Guerre mondiale. En novembre 1919, pour le premier anniversaire de l'armistice, les Français ont été invités à fleurir les tombes des soldats morts pour la France. Le chrysanthème s'est alors largement imposé dans les cimetières.
Aujourd'hui, le 1er novembre reste donc une journée à plusieurs visages. Pour les uns, c'est une fête religieuse. Pour d'autres, c'est avant tout un rendez-vous familial, l'occasion de retrouver le cimetière où reposent les grands-parents, les parents ou les amis disparus. Et pour beaucoup, c'est simplement un jour férié associé à une habitude transmise d'une génération à l'autre.