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Structures
Réagir 02, une cellule plus structurée, plus réactive et toujours plus efficace

Les représentants des organisations professionnelles agricoles membres de l’ADASEA de l’Aisne se sont réunis en assemblée générale le 2 juin à Laon. L’occasion de dresser le bilan 2025 de la cellule Réagir 02, dédiée à l’accompagnement des agriculteurs en difficulté, et de présenter ses perspectives pour 2026.

Pour joindre Vincent Falys et Aurore Primot, contacter le 03 23 22 50 33.
© G. T.

Créée pour accompagner les exploitants fragilisés, la cellule Réagir 02 a dû faire face ces dernières années à une hausse importante des sollicitations. Rapidement, la structure s’est retrouvée confrontée à une saturation de son activité, sans disposer des moyens financiers nécessaires pour recruter un troisième conseiller.

57 exploitations sont accompagnées au 31 décembre 2025, représentant 110 personnes concernées. 408 rendez-vous réalisés en 2025, pour une durée moyenne de 3 heures, soit plus de 2 000 heures d’accompagnement.
«Le conseil d’administration a privilégié la qualité de l’accompagnement et nous avons ainsi dû suspendre temporairement de nouvelles entrées en 2025», a expliqué Aurore Primot, conseillère Réagir 02.
Cette période a néanmoins été mise à profit pour repenser le fonctionnement de la cellule.
«Nous avons remis à plat nos pratiques en les confortant ou en les améliorant, revisité nos processus et accru nos expertises», a poursuivi son collègue Vincent Falys.
L’objectif est désormais de mieux évaluer les situations afin de hiérarchiser les interventions selon leur degré d’urgence et les difficultés rencontrées par les exploitations. Pour accroître leur capacité d’action, les deux conseillers se sont également appuyés sur de nouveaux outils et sur une organisation plus efficiente.
En 2026, l’arrivée d’un troisième conseiller est attendue, rendue possible notamment grâce aux nouveaux partenariats et aux fonds AREA (Aide à la relance des entreprises agricoles), une dotation de l’État finançant des audits d’exploitation.
Bonne nouvelle pour les agriculteurs du département : le dispositif Réagir 02 est de nouveau opérationnel et les conseillers accueillent à nouveau les nouvelles demandes d’accompagnement.

Un accompagnement construit étape par étape

Lorsqu’un agriculteur voit sa situation se dégrader, tout commence par une prise de contact avec Réagir 02. Un premier rendez-vous lui permet d’exposer les difficultés rencontrées et de découvrir le dispositif proposé. Si l’accompagnement est engagé, un contrat garantissant la confidentialité est signé, avant un travail de réflexion, de choix des solutions, de suivi et d’adaptation jusqu’au retour à une situation plus stable.
Pour Marc Templier, cette mission est plus que jamais indispensable.

«Les années se suivent, les difficultés s’accumulent pour les agriculteurs et, dans ce contexte de fragilité, on voit toute l’importance d’avoir une cellule Réagir 02 dynamique et performante. Elle incarne véritablement notre volonté collective d’accompagner les agriculteurs qui en ont besoin».

Le président délégué de l’ADASEA a également salué l’engagement des nombreux partenaires impliqués dans cette démarche. «On ne peut pas imaginer une agriculture qui ne soit pas renforcée, qui ne puisse pas vivre de son métier et qui ne soit pas soutenue. De nombreux agriculteurs, élus et nouveaux délégués des OPA s’investissent bénévolement et travaillent collectivement. Merci à vous tous».

Trouver de nouveaux financements

«L’accompagnement ne serait pas possible sans l’engagement constant de nos partenaires», a rappelé Marc Templier, qui s’est félicité de leur nombre croissant.
Pour autant, la recherche de financements demeure un enjeu majeur. Les membres et responsables de la structure multiplient les démarches afin de développer de nouveaux partenariats et de répondre à des appels à projets.
Marc Templier a notamment rappelé que les projets consommant des espaces agricoles doivent respecter la doctrine «éviter, réduire, compenser». Dans ce cadre, les porteurs de projets peuvent orienter une partie de leur compensation vers des actions de soutien de Réagir 02.

«Il s’agit aussi pour nous de solliciter des fondations, des fonds de dotation ou encore des organismes philantropes. Nous avons commencé en 2024 avec un dossier «test» et, en 2025, nous avons présenté six candidatures. Même si nous sommes passés tout près d’obtenir un prix, nous n’avons pas encore réussi», ont expliqué Aurore Primot et Vincent Falys.

Les deux conseillers restent toutefois optimistes : «nous retentons notre chance en 2026 et nous avons bon espoir de décrocher des financements dans les mois qui viennent». Aujourd’hui, une vingtaine de partenaires accompagnent Réagir 02 et leur nombre continue de progresser. «Vous êtes nos premiers relais. Continuez à promouvoir Réagir 02», a conclu Marc Templier en les remerciant.

Une notoriété qui rayonne sur tout le territoire

La communication constitue désormais un levier essentiel du développement de la cellule. 
En 2025, la promotion de Réagir 02 a également reposé sur la mobilisation de nombreux partenaires, à travers le colloque des anciens exploitants, une pièce de théâtre organisée par la MSA, la soirée des Jeunes Agriculteurs de Chauny, le banquet des Jeunes Agriculteurs, la messe de Saint-Éloi de Château-Thierry, l’assemblée générale du Syndicat des producteurs de lait ou encore la parade illuminée de Noël.
La présence sur le terrain reste également au cœur de la stratégie de la cellule. Après sa participation au Comice agricole de Vervins, rendez-vous est déjà pris pour la Foire de La Capelle en septembre.  
Les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) viennent compléter cette dynamique et permettent désormais à Réagir 02 de rayonner tous azimuts. 


Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère
Malgré les difficultés que traverse aujourd’hui le monde agricole, la transition climatique demeure un enjeu incontournable. Encore faut-il donner aux exploitants les moyens de la réussir.
Agricultrice à Amifontaine, Céline Corpel a présenté les travaux du Shift Project, un think tank consacré aux questions de climat et d’énergie. «C’est une association d’intérêt général guidée par la rigueur scientifique qui vise à éclairer et influencer les débats sur la transition énergétique», a-t-elle rappelé.
Le rapport part d’un constat simple : l’agriculture est confrontée à une «double contrainte carbone». D’un côté, elle doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique. De l’autre, sa forte dépendance au pétrole et au gaz, notamment pour les carburants et la fabrication des engrais azotés, impose d’anticiper la diminution des ressources fossiles.
Le rapport souligne également que la biomasse agricole devient une ressource stratégique, convoitée à la fois pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, la production d’énergie et les biomatériaux. Dans un contexte de surfaces agricoles en diminution et de productions plus irrégulières sous l’effet du climat, des arbitrages devront être réalisés entre ces différents usages.
Pour répondre à ces défis, le Shift Project a élaboré quatre scénarios prospectifs à l’horizon 2050 : renforcer l’autonomie alimentaire nationale, contribuer davantage à l’indépendance énergétique, participer à la sécurité alimentaire mondiale ou rechercher un scénario de conciliation entre ces différents objectifs. Quel que soit le scénario retenu, plusieurs leviers apparaissent incontournables : réduire et décarboner la consommation d’énergie, reconfigurer la fertilisation, faire évoluer les systèmes d’élevage, maintenir et développer le stockage de carbone dans les sols et les haies, tout en favorisant une meilleure complémentarité entre cultures et élevage.
Pour l’intervenante, les agriculteurs sont prêts à relever ce défi, à condition de bénéficier des moyens nécessaires, notamment sur le plan économique.
En conclusion, Céline Corpel a rappelé que les solutions techniques sont aujourd’hui largement identifiées. 
L’enjeu est désormais de créer les conditions politiques, économiques et territoriales permettant leur déploiement à grande échelle, afin de concilier performance agricole, souveraineté alimentaire et transition écologique.

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