Pois de conserve
Restreindre l’utilisation de l’irrigation, quel impact sur les performances de production ?
Conduire un pois de conserve en limitant l’eau d’irrigation est faisable mais en prenant certaines précautions sur la variété, la qualité attendue et le moment où diminuer l’apport d’eau. C’est ce que montrent les essais conduits dans le cadre du projet Clé’eau, financé par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.
Conduire un pois de conserve en limitant l’eau d’irrigation est faisable mais en prenant certaines précautions sur la variété, la qualité attendue et le moment où diminuer l’apport d’eau. C’est ce que montrent les essais conduits dans le cadre du projet Clé’eau, financé par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.
Les essais menés par la Chambre d’agriculture de la Somme sur les terres de l’Est à Berny-en-Santerre nous révèlent qu’un stress hydrique important et durable sur le pois de conserve implique une diminution du nombre d’étages de gousses et du nombre total de gousses sur la plante. Dans notre étude, nous avons placé le niveau de stress à 30 % de remplissage de la réserve utile en eau du sol. Plus le stress hydrique intervient tard et plus les conséquences se ressentent au moment de la récolte sur le rendement et la qualité. De plus, une diminution de l’apport d’eau accélère la maturation (évolution de la tendérométrie) du pois de conserve et de manière plus marquée lorsqu’il intervient pendant la floraison. Dans le cas d’un stress hydrique pendant le remplissage, le taux de calibres Très fin est significativement augmenté ce qui ne répond pas forcément aux attentes suivant la qualité attendue (aspect variétal) et peut pénaliser la production. Enfin, l’effet des conduites d’irrigation limitantes semblent, en moyenne, diminuer légèrement le rendement corrigé des pois, mais dépend principalement de la variété étudiée.
Firenza et Platina sont les plus tolérantes
Sur notre plateforme 2025, quatre variétés ont été étudiées : Firenza, Platina et Zonvert en variété extra-fin et Contigo en «Garden».
En termes de production, Firenza et Platina sont les deux variétés les mieux placées, toutes conduites confondues. Malgré un nombre d’étages et de gousses par plante dans la moyenne sur notre essai, elles se rattrapent avec le nombre de grains par gousse. Contigo et Zonvert sont moins productives que leurs homologues et surtout plus sensibles au stress hydrique. Cette dernière réagit bien en termes de calibres, mais cela ne suffit pas à rattraper la différence de rendement par rapport aux premières.
Au regard de ces résultats, nous constatons cette année qu’une conduite d’irrigation économe en eau sans impact majeur peut être menée sur la variété Firenza à partir du stade de remplissage des gousses tandis que sur les variétés Platina et Zonvert, l’économie d’eau peut être réalisée entre le bouton vert et le remplissage. La variété Contigo n’est pas adaptée à une conduite d’irrigation limitée.
Une variété, une conduite d’irrigation
La conduite d’irrigation d’une culture de légume industriel en conditions limitantes (changement climatique, restriction réglementaire des prélèvements) ne répond pas à une règle générale.
Notre essai nous a montré que chaque variété placée dans certaines conditions peut ou ne peut pas supporter, de manière économiquement viable, une diminution d’eau. Pour cette nouvelle année d’essai 2026, nous cherchons à comprendre d’où provient la tolérance de certaines variétés au stress hydrique en étudiant l’invisible : le développement des racines.