Bâtiment d’élevage
Réussir sa litière avec des plaquettes de bois
La valorisation de la haie en plaquettes de bois destinées à la litière des animaux a fait l’objet d’un cas pratique sur le territoire du Parc naturel régional Scarpe-Escaut avec Avenir conseil élevage et la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais.
La valorisation de la haie en plaquettes de bois destinées à la litière des animaux a fait l’objet d’un cas pratique sur le territoire du Parc naturel régional Scarpe-Escaut avec Avenir conseil élevage et la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais.
La période la plus favorable pour tailler les haies reste l’hiver, lorsque la sève est redescendue, tout en respectant l’interdiction de travaux entre le 16 mars et le 15 août. Le bois doit être broyé rapidement pour limiter les coûts et obtenir une plaquette régulière. Une organisation rigoureuse des tas réduit fortement les risques de blocages de la machine lors du déchiquetage et améliore la productivité du chantier (principal poste de charges).
1. Lors de la taille, ranger les branches en andains perpendiculaires à l’axe de travail, afin de limiter les blocages et enchevêtrements.
2. Prévoir 10 à 15 m entre les tas pour la circulation des engins.
3. Les gros diamètres doivent être placés du côté de la déchiqueteuse pour faciliter la prise par le grappin, avec le feuillage orienté vers l’extérieur.
4. Les têtes fourchues peuvent être entaillées pour éviter de ralentir la machine.
Le débit optimal est d’environ 80 m³/h pour des bois de 25 à 35 cm de diamètre. Les tas doivent être propres, sans impuretés. Attention à la portance du sol lors du chantier de broyage afin d’éviter que la terre ne se mélange au bois, ce qui dégraderait la qualité des plaquettes. Une bonne organisation du rangement du bois peut réduire les coûts de déchiquetage de 10 à 20 %.
Le choix du broyeur
Pour une utilisation en litière, le broyeur à dents reste la référence. Il permet d’obtenir des plaquettes homogènes, résistantes et sans échardes, contrairement aux broyeurs à marteaux dont le copeau se dégrade plus vite.
Une grille de 30 mm constitue le meilleur compromis : elle garantit une plaquette suffisamment grosse pour durer en litière, tout en restant utilisable pour le chauffage.
Quel taux de matière sèche ?
Fraîchement produite, la plaquette bocagère affiche environ 55 % d’humidité. Pour un usage en litière, elle doit atteindre au moins 75 % de matière sèche, soit quatre à
six mois de stockage sans manipulation. Le tas conique est la forme la plus adaptée pour favoriser la montée en température et la ventilation.
Un stockage sous bâtiment aéré est idéal (la stabulation peut être une solution si les animaux sont majoritairement au pâturage), mais un stockage extérieur sous voile géotextile donne de bons résultats. À 75 % MS, 1,5 kg de plaquettes sèches offrent un pouvoir absorbant équivalent à 1 kg de paille, selon l’essence et la finesse du broyage.
Bois litière : modes d’emploi
Trois mises en œuvre de litières à base de plaquettes de bois sont possibles :
• Sous couche bois + paille : 10 à 15 cm de plaquettes, puis paillage régulier. Solution économique en bois, permettant de réduire la consommation de paille, mais sans s’en affranchir. Adaptée aux bâtiments peu curés l’hiver (ex des génisses).
• Mille-feuille bois/paille : alternance de couches fines sur une couche initiale de 10 à 20 cm de plaquettes de bois. Très bon drainage et propreté durable, mais consommation importante de plaquettes et dépendance persistante à la paille.
• 100 % plaquettes : 10 à 15 cm renouvelés toutes les deux semaines avec un brassage à l’aide d’un outil à dent. C’est la solution la plus autonome, génératrice d’un réel gain de temps, mais aussi la plus consommatrice en bois.
Bilan économique
Afin de valider l’intérêt économique des plaquettes de bois, Avenir conseil élevage a réalisé un bilan comparatif en s’appuyant sur un cas concret à l’EARL Lecocq à Quiévrechain (59). L’éleveur utilise depuis deux ans les plaquettes en sous-couche avec un paillage régulier pour ses génisses laitières de six mois à trois ans pendant la période en bâtiment (de novembre à la mise à l’herbe).
Pour le calcul, le taux horaire du paillage est fixé à 52 €/heure et celui du curage à 43 €/heure. Le temps de curage est globalement identique entre la situation 100 % paille et la solution plaquettes + paille (trois curages par an quel que soit le substrat de litière) mais un gain de paillage est à prendre en compte. Le coût de la paille est fixé à 110 € par tonne (prix de la paille rendue exploitation à l’été 2025).
L’économie réalisée atteint 2 115 €, sans compter le coût d’épandage plus faible : 31 €/t pour un fumier à base de bois, contre 46 €/t pour un fumier pailleux. De plus, la structure plus fibreuse du fumier de plaquettes facilite son stockage au champ et limite les pertes par lessivage.
L’avantage économique complète donc les nombreux atouts agronomiques, floristiques et faunistiques des haies. Utiliser les plaquettes de bois est économiquement intéressant et renforce la place de la haie dans nos paysages.
Des bénéfices agronomiques et environnementaux avérés
Le retour au sol des plaquettes de bois améliore durablement la structure, la fertilité et la vie du sol.
• Fertilité physique : la matière organique issue du bois favorise l’infiltration de l’eau, la résistance à l’érosion et la capacité de stockage hydrique des sols.
• Fertilité chimique : amélioration de la capacité d’échanges cationiques et de la disponibilité des nutriments.
• Fertilité biologique : l’activité des micro-organismes (bactéries, champignons, vers) est stimulée.
• Climat/environnement : le «petit plus» grâce au stockage de carbone dans le sol