Légumes
Sécheresse : Bonduelle et ses agriculteurs partenaires accusent le coup
La campagne des haricots touche à sa fin et le bilan a un goût de déception. Les rendements ont pâti des chaleurs intenses de l’été, tandis que le groupe Bonduelle cherche des solutions pour limiter les pertes.
La campagne des haricots touche à sa fin et le bilan a un goût de déception. Les rendements ont pâti des chaleurs intenses de l’été, tandis que le groupe Bonduelle cherche des solutions pour limiter les pertes.
Les épisodes de chaleurs intenses n’auront décidément épargné personne dans le monde agricole. «Depuis mon installation en 2020, je ne sais plus ce que c’est, une année normale», déplore Nicolas Bréhon, agriculteur à Omiécourt, dans la Somme. Cela fait une trentaine d’années que sa famille produit des haricots verts en partenariat avec Bonduelle. Une culture «risquée avec de nombreux paramètres à gérer» qui lui permet tout de même de diversifier sa production.
Mais cette campagne 2026 a connu un mauvais démarrage : les haricots verts semés en mai ont subi un fort stress hydrique en raison des températures anormalement élevées pour la période. Sur ses 7,5 hectares, Nicolas a effectué sept passes d’irrigation, c’est-à-dire deux fois plus que la normale.
Même constat pour les haricots rouges
Quelques kilomètres plus loin, à Croix-Moligneaux, Timothée Guéroult parcourt l’une de ses parcelles, l’air quelque peu décontenancé. Une partie de ses gousses de haricots rouges a vu ses grains avortés et il le sait : les rendements ne seront pas au rendez-vous. «En 2025, avec peu d’irrigation, on était sur 70 à 80 quintaux, tandis que cette année, on prévoit une baisse d’environ 50 % malgré l’apport en eau important que l’on a amené», explique l’agriculteur.
Ce dernier s’est lancé dans la production de haricots rouges il y a cinq ans, une culture présentée comme ayant un potentiel d’avenir face à l’évolution du climat. Aujourd’hui, la filière des légumineuses s’est grandement développée au sein de Bonduelle, avec près de 800 hectares cultivés dans les Hauts-de-France. «Ce qui est bien avec la diversification des cultures, c’est qu’elle nous permet de ne pas rester sur une seule production, surtout les années où certaines produisent de faibles rendements», décrit Timothée. En termes de modèle économique, le géant de l’industrie fonctionne selon le principe suivant : un partage 50/50 des bénéfices et des pertes avec le collectif d’agriculteurs.
L’ACS comme rempart
Face à des conditions climatiques de plus en plus incertaines, Bonduelle mise sur une «mécanique de précision» pour planifier les cultures et les récoltes. Christophe Vieillard, directeur Hauts-de-France du service agronomie chez Bonduelle, explique cette démarche : «Les exploitants avec qui nous travaillons sont accompagnés par des chefs de plaine et des agronomes qui les conseillent dans leurs pratiques. Ils recherchent par exemple les variétés les mieux adaptées aux différents sols.» L’accent est également mis sur l’agriculture régénératrice. 60 % des agriculteurs partenaires de Bonduelle sont inscrits dans ce processus. Le groupe espère atteindre les 80 % d’ici 2030.
Sur le terrain, des essais sont menés à l’aide de couverts végétaux avec pour missions de limiter le travail du sol, d’améliorer la fertilité et de favoriser la résistance aux maladies, au stress et aux conditions climatiques. Nicolas Bréhon teste par exemple différents mélanges à base de trèfle incarnat ou encore de moutarde sur certaines de ses parcelles. «Celle-ci a été semée le 20 juin pendant une semaine de vigilance rouge canicule et pourtant, le haricot est sorti en cinq jours. Ce type de pratique a permis au champ de mieux supporter les fortes chaleurs», estime l’agriculteur. Mais face à l’ampleur des aléas climatiques, ce dernier reste prudent : «Il n’y a pas de solution miracle», rappelle-t-il.