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Oléoprotéagineux
Semis de colza : deux semoirs pour deux approches d’implantation en ACS

Près de Doudeauville, dans le Pas-de-Calais, le Symcéa et l’APAD 62 ont réuni deux agriculteurs engagés en agriculture de conservation des sols (ACS). Au cœur des échanges : leurs retours d’expérience sur l’implantation du colza avec deux semoirs en semi-direct.

La pluie a finalement empêché la démonstration prévue des deux semoirs le 20 août dernier. Mais les échanges techniques ont bien eu lieu. Organisée près de Doudeauville, dans le Pas-de-Calais, par le Symcéa (Syndicat Mixte Canche et Authie) et l’APAD 62 (Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable), la rencontre devait permettre de comparer les deux matériels sur le terrain. À défaut de pouvoir les voir au travail, Rémi Lacheré et Cédric Merlin ont présenté leurs équipements et leurs retours d’expérience : un Gaspardo pour le premier, un Väderstad Tempo pour le second.

Le Gaspardo face aux aléas du semis
Sur l’exploitation de Rémi Lacheré, en agriculture de conservation depuis 2018, le colza a été introduit il y a environ quatre ans. Diversifier la rotation et alterner les matières actives face aux problématiques de désherbage faisaient partie de ses priorités. Mais les premières campagnes lui ont aussi permis de connaître les limites du matériel et de faire évoluer les pratiques. Avec son Gaspardo, en semi-direct, l’éleveur laitier a notamment rencontré des problèmes de régularité de semis : “Au début, la pression n'était pas répartie de manière homogène ce qui a entraîné des différences de profondeur. Certaines graines se retrouvaient trop enterrées alors que d'autres restaient davantage en surface”, explique-t-il. 
Le réglage de certains éléments est donc devenu primordial. Rémi Lacheré explique avoir travaillé sur les cales afin de modifier la profondeur de semis. L'usure des socs a également nécessité des adaptations. L'objectif : obtenir une implantation la plus régulière possible, en particulier, lorsqu'il s'agit de semer des colzas hybrides à faible densité.
Le système a également été testé avec différentes configurations et plantes compagnes. Aujourd’hui, l’agriculteur associe féverole, trèfle blanc ou encore fénugrec au colza pour produire de la biomasse, couvrir le sol et concurrencer les adventices.

Le Väderstad pour gagner en précision
De son côté, Cédric Merlin, installé à Bezinghem, utilise un Väderstad Tempo pour ses semis de colza. Son système de polyculture est conduit en agriculture de conservation des sols depuis 2018. La rotation de ses parcelles repose sur un quart de blé, un quart de maïs, un quart de colza et un quart d'orge environ.
Au début, on a d’abord semé le colza avec le strip-till sur une profondeur de 8 à 10 cm maximum pour venir travailler la ligne de semis”, indique-t-il. Mais les résultats l’ont conduit à faire évoluer son système. Il utilise désormais un semoir monograine pour les semis de colza, avec l’objectif de gagner en précision et en régularité d’implantation. Les premiers essais lui ont notamment permis de comparer colza hybride et colza en lignée et de travailler sur des implantations à faible densité.
Sur deux parcelles, les deux modalités ont affiché un rendement de 45 q/ha, un niveau similaire à une agriculture conventionnelle. Une autre parcelle en hybride a atteint 54 q/ha. “On voit que l’implantation en hybride sur des faibles densités, c’est trop aléatoire au niveau de l’année. On a des années où les levées sont magnifiques et des années où les levées sont plus aléatoires”, précise-t-il. 
Les plantes compagnes (féverole et trèfle blanc) occupent comme chez Rémi Lacheré une place importante dans sa stratégie. Les mélanges sont toutefois adaptés en fonction des années et des conditions rencontrées.
L'agriculteur porte également une attention particulière aux apports organiques : “Tous les quatre ans, on épand 10 à 15 tonnes de compost de déchets verts et 15 à 20 tonnes de fumier bovin. Ils permettent de maintenir un sol vivant et de faire progresser la matière organique.

L’ACS au service du sol
Cette recherche de régularité s’inscrit dans une réflexion plus large sur le fonctionnement du sol. En ACS, Cédric Merlin limite le travail du sol au strict nécessaire et mise sur les couverts, les racines et l’activité biologique pour améliorer progressivement sa structure. 
Pour lui, la finalité est de parvenir à une implantation suffisamment régulière tout en laissant le sol jouer son rôle. “J’essaie au maximum de le dynamiser et d’améliorer l’infiltration de l’eau. Limiter les phénomènes d’érosion et de ruissellement devient de plus en plus important surtout après les inondations que l’on a vécues en 2023”, poursuit l’agriculteur.
Sur ses parcelles, il observe également une évolution de la vie biologique. Des comptages évoqués lors de la rencontre racontent une progression du nombre d’organismes présents dans le sol au fil des années. “Si on prend l’exemple des vers de terre, ce sont quand même eux qui créent le complexe argilo-humique et donc la terre. Ce sont nos alliés et il faut s’en soucier car on arrive à bout d’un système”, conclut Cédric Merlin.

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