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Céréales
Stades des céréales en avance : comment piloter les prochaines interventions ?

Avec la hausse des températures depuis mi-janvier, les stades des céréales avancent à vitesse grand V : les stades épi 1 cm sont ainsi prévus douze à quinze jours plus tôt. Quelles sont les conséquences sur la conduite des cultures ?

Douze à quinze jours d'avance  sont constatés en blé.
Douze à quinze jours d'avance sont constatés en blé.
© A. P.

Entre le 1er octobre et le 31 décembre 2025, le cumul de températures enregistré était très proche de la moyenne pluriannuelle. Depuis mi-janvier, les températures s’emballent avec un scénario thermique très élevé et similaire à 2024, 2020 et 2014 en région Hauts-de-France.

 

Quelles conséquences en cette sortie d’hiver ?

Des biomasses élevées en général, liées à la douceur automnale et aux semis principalement réalisés en octobre (80 % des blés et 95 % des orges d’hiver). En effet, la douceur automnale n’a que peu d’effet sur la précocité (vernalisation incomplète ou une durée du jour limitante), mais favorise une émission de talles intense.

Une accélération des stades, avec une prévision du stade épi 1 cm ayant douze à quinze jours d’avance sur la région. À savoir qu’à partir de janvier-février, les freins de vernalisation et/ou de durée du jour se réduisent progressivement, voire totalement, et les épisodes de douceur agissent donc de manière très directe sur la phénologie.
Au 2 mars, selon notre modèle physiologique Arvalis, le stade épi 1 cm est prévu du 14 mars pour les situations précoces au 29 mars pour les situations tardives. À noter que des variétés précoces semées anormalement tôt sont déjà au stade épi 1 cm en ce début mars.

 

Risque de verse : faut-il s’inquiéter ?

Les températures actuelles favorisent une avance importante des stades des céréales, nécessitant une vigilance accrue dans le pilotage agronomique : la montaison se réalise en jours dits «courts», donc avec un étiolement des tiges et un tallage souvent excessif, qui peuvent provoquer un allongement important des entre-nœuds.

L’utilisation de régulateurs permet de limiter ces impacts, mais n’est pas sans conséquences (risque de phytotoxicité) : il faut donc raisonner leur utilisation.

La sensibilité variétale, les techniques culturales (densité, date de semis, fertilisation azotée), le climat durant la montaison (notamment le rayonnement entre épi 1 cm et 2 nœuds) sont des facteurs à prendre en compte dans l’évaluation du risque de verse.

Ces facteurs ont été hiérarchisés, étudiés, de manière à aboutir à une grille de risque verse à utiliser dès le stade épi 1 cm.

En cette sortie d’hiver, le risque est «moyen à élevé» sur la région : pour les semis avant le 15/10/25 => le risque est élevé en sols profonds et ce, quelle que soit la variété, et moyen en sols superficiels.

Pour les semis après le 15-20/10/25 => le peuplement est moins dense, le risque va essentiellement dépendre de la variété. Vigilance donc sur les parcelles implantées avec des variétés sensibles à moyennement sensibles telles que Kingkong, LG Audace, Chevignon…

En orge d’hiver, le risque de verse est généralement élevé actuellement, d’autant plus si la parcelle est implantée avec une variété assez sensible (Démentiel, LG Zorica, KWS Delis, Fascination…).

Ce sont les conditions climatiques entre les stades épi 1 cm et 1-2 nœuds qui seront déterminantes dans l’établissement du risque final de verse. La météo annoncée à dix jours est plutôt défavorable à la verse (absence de pluviométrie associée à des températures élevées, fort rayonnement).

Des températures élevées et associées à du sec, induisent une moindre élongation des tiges ainsi qu’une régression des plus jeunes talles.

Un important rayonnement lors de la montaison réduit l’étiolement des tiges en limitant la concurrence précoce pour la lumière.

Les précipitations autour du stade épi 1 cm conditionnent la valorisation des apports d’engrais minéraux. Pour réduire le risque de verse, il est également préconisé de fractionner le second apport : une partie au stade épi 1 cm et une seconde partie au stade 2 nœuds (stratégie en quatre apports vs trois apports).

Courant montaison, si le rayonnement est important et que les précipitations sont faibles, le risque de verse sera diminué. À l’inverse, en cas de printemps à risque élevé (faible rayonnement et fort cumul de pluies), il faut passer à la classe de risque supérieur.

Les OAD tels que Farmstar permettent également d’appréhender le risque de verse via une mesure de l’indice foliaire.

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