Pommes de terre
Surveiller les bioagresseurs à la levée des pommes de terre
Les conditions humides favorisent à la fois l’activation des herbicides racinaires et l’arrivée précoce des pucerons dans les parcelles. Une surveillance attentive dès les premiers stades est indispensable pour évaluer les risques et préserver les auxiliaires naturellement présents.
Les conditions humides favorisent à la fois l’activation des herbicides racinaires et l’arrivée précoce des pucerons dans les parcelles. Une surveillance attentive dès les premiers stades est indispensable pour évaluer les risques et préserver les auxiliaires naturellement présents.
Les pluies ont été hétérogènes et parfois de gros cumuls de pluies sur de courtes durées ont eu lieu. Ces conditions ont donc été bénéfiques pour activer les racinaires, cependant les pommes de terre étaient en cours de levée ou tout juste levées dans certaines parcelles. Ainsi on peut observer des blanchiments ou des jaunissements importants. L’application de solutions contenant de l’aclonifen, de la clomazone et du DFF peuvent engendrer des marquages importants.
Surveiller vos parcelles dès la levée
La situation pucerons peut être préoccupante avec des pucerons déjà présents en grand nombre sur certaines parcelles. Depuis quelques semaines, les BSV alertent sur la forte présence de pucerons ailés dans les pièges, notamment en betteraves. Les ailés sont les premiers pucerons à arriver en parcelles, avant que les colonies d’aptères s’y multiplient. Sur la pomme de terre, les espèces principales sont Myzus persicae, Aphis nasturtii et Macrosiphum euphorbiae. Il convient de surveiller attentivement les parcelles de pommes de terre en cours de levée afin d'évaluer le risque et de décider, ou non, d’une intervention phytosanitaire malgré la précocité du stade de la culture.
Pour rappel, les auxiliaires présents jouent un rôle de régulation naturelle important et une intervention ne sera nécessaire que si les seuils de nuisibilité sont atteints.
En effet, des coccinelles et des œufs de syrphes sont déjà observés en parcelles.
Si une intervention est nécessaire, il est préférable d’utiliser des solutions qui respectent les auxiliaires comme Teppeki (BBCH max. 15). Pour rappel, le seuil de nuisibilité est de 5 à 10 pucerons par feuille ou 50 % de folioles porteuses d’au moins un puceron sur 40 folioles observées en diagonale dans le champ.
Une dérogation accordée pour lutter contre le puceron
Les cultures de pommes de terre subissent en ce moment une très forte pression pucerons. Dans ce contexte, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), la FN3PT (producteur de plants) avec le concours de l’institut technique Arvalis ont obtenu une dérogation d’usage pour le produit Plesiva Gold (cyantraniliprole) de Syngenta. Cette dérogation de 120 jours est valable du 13 mai au 10 septembre 2026 sur les pommes de terre de consommation, féculières et plants. Elle vise à renforcer les moyens disponibles contre les pucerons vecteurs de viroses, alors même que les solutions techniques disponibles se réduisent année après année. «Cette décision fait suite aux alertes répétées et aux demandes portées par l’UNPT face à une pression sanitaire croissante sur le terrain», précise le communiqué de presse. Dans ce contexte de réduction progressive des moyens de protection des cultures, l’obtention de cette dérogation constitue un levier technique supplémentaire important pour sécuriser les productions face au risque de viroses. «Un usage rigoureux, raisonné et responsable de ces solutions sera déterminant pour préserver ces dérogations et homologations dans les années à venir», conclut l’UNPT.