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Syndical : la FRSEA Hauts-de-France à l'Elysée pour dénoncer les distorsions de concurrence

C’est la mission que s’étaient fixée les représentants syndicaux des Hauts-de-France, qui ont accompagné Christiane Lambert à l’Elysée, le 29 mai dernier.

La délégation qui s’est rendue à la rencontre de Rebecca Peres. De gauche à droite : Christian Durlin (Chambre d’agriculture Nord-Pas-de-Calais), Laurent Degenne (FRSEA Hauts-de-France), Christiane Lambert (présidente FNSEA), 
Olivier Dauger (Chambre régionale des Hauts-de-France), Arnaud Delacour (UNPT).
La délégation qui s’est rendue à la rencontre de Rebecca Peres. De gauche à droite : Christian Durlin (Chambre d’agriculture Nord-Pas-de-Calais), Laurent Degenne (FRSEA Hauts-de-France), Christiane Lambert (présidente FNSEA),
Olivier Dauger (Chambre régionale des Hauts-de-France), Arnaud Delacour (UNPT).
© D. R.



Les représentants de la FRSEA Hauts-de-France n’ont de cesse de dénoncer les distorsions de concurrence que subissent les Hauts-de-France vis-à-vis de la Belgique. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, s’en est fait le relais auprès du président de la République lors de la restitution nationale du grand débat. Cette intervention a permis de déclencher un rendez-vous à l’Elysée auprès de Rebecca Peres, conseillère parlementaire de l’Elysée. Retour sur cet entretien.
La délégation a pris l’exemple de la filière pommes de terre, particulièrement emblématique de ces distorsions. En effet, les usines de transformation se construisent juste à la frontière, mais côté belge. Elles valorisent 25 % de la production de pommes de terre des Hauts-de-France, autant de valeur ajoutée qui échappe à notre territoire. Les distorsions existent également à la production. Certains produits phytosanitaires sont homologués en Belgique et ne le sont pas de notre côté de la frontière.

Redévelopper la transformation
L’enjeu de relocalisation de nouvelles unités industrielles de transformation de pommes de terre sur le territoire français est partagé par Rebecca Peres. La profession a dénoncé les incertitudes réglementaires en France et le manque de visibilité pour les investisseurs avec des délais réglementaires inconnus, qui peuvent être très longs. Il semble qu’en Belgique, même si la réglementation est assez similaire, le montage des projets se fait de manière plus pragmatique, avec une administration au service du développement économique.
Une piste évoquée est de travailler avec le préfet de Région, pour faciliter l’implantation des entreprises à travers une expérimentation de guichet unique, qui permettrait de réduire les délais administratifs et sécuriser les projets.

Distorsions de concurrence à la production
Outre le déficit de transformation, les représentants de la profession ont déploré les écarts réglementaires au niveau de la production. La comparaison France/Belgique des produits autorisés a permis de montrer l’enjeu pour la pomme de terre, mais aussi pour l’ensemble des cultures légumières.
Si Rebecca Peres semble partager le diagnostic, sa fonction de conseillère parlementaire lui a fait mesurer toute la difficulté de la tâche par rapport à des demandes sociétales très fortes. Lors des discussions sur la loi Egalim, le groupe parlementaire LREM était ainsi divisé sur les sujets sociétaux, y compris le bien-être animal et les produits phytosanitaires. La vocation de production semble reléguée bien loin derrière les enjeux sociétaux pour la majorité des députés. Rebecca Peres a demandé à mieux connaître les engagements de la profession sur ces sujets sensibles. Cette rencontre a donc été l’occasion de rappeler tous les engagements pris à travers le contrat de solutions, les actions envers le bien-être animal et les travaux effectués en faveur de la biodiversité.

REACTION Laurent Degenne, président de la FRSEA Hauts-de-France

«Notre pays doit avoir un sursaut économique»

Cette rencontre a eu le mérite de rappeler l’enjeu économique de l’agriculture pour la France. C’est très déroutant de constater que, même au sommet de l’Etat, l’agriculture semble être avant tout une préoccupation territoriale et une vitrine touristique pour le pays.
Nous avons montré des chiffres qui parlent d’eux-mêmes tels que la transformation de la pomme de terre, qui a été multipliée par cinq en Belgique en vingt ans, en passant d’un million de tonnes à cinq millions de tonnes alors que, sur la même période, elle est restée à un million de tonnes en France.
Ce sont autant de preuves que notre pays doit avoir un sursaut économique, et pas seulement dans l’aéronautique, la recherche ou le numérique ; l’agriculture et l’agro-alimentaire sont également des secteurs d’excellence de la France. Utilisons toutes les occasions de le faire savoir.
Nous avons en local des acteurs qui partagent cet enjeu de relocalisation de la transformation. Aussi, nous souhaitons travailler avec le président de la Région, le préfet et la Draaf pour expérimenter en Hauts-de-France une solution pragmatique au niveau des délais réglementaires.

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