Nature
Trop de mouflons et de sangliers en baie de Somme, une battue organisée
Face à la progression des dégâts agricoles et aux déséquilibres écologiques sur le littoral samarien, l’État et les acteurs locaux mettent en œuvre un plan de régulation des sangliers et des mouflons. Une opération de décantonnement est programmée ce lundi 2 février 2026 dans la réserve naturelle nationale de la Baie de Somme, accompagnée d’une chasse coordonnée.
Face à la progression des dégâts agricoles et aux déséquilibres écologiques sur le littoral samarien, l’État et les acteurs locaux mettent en œuvre un plan de régulation des sangliers et des mouflons. Une opération de décantonnement est programmée ce lundi 2 février 2026 dans la réserve naturelle nationale de la Baie de Somme, accompagnée d’une chasse coordonnée.
Depuis plusieurs années, les agriculteurs du littoral de la Somme constatent une aggravation des dégâts causés par les sangliers et, plus récemment, par les mouflons. Cultures retournées, prairies dégradées, clôtures endommagées : les préjudices s’accumulent, tant sur les exploitations agricoles que sur les propriétés privées. À cela s’ajoutent des enjeux de sécurité publique, avec des animaux de plus en plus présents à proximité des axes routiers et des zones fréquentées.
Face à cette situation, un plan d’action concerté a été élaboré entre l’État, la Fédération départementale des chasseurs, les collectivités, les gestionnaires d’espaces naturels et les représentants du monde agricole. Ce plan est entré en vigueur le 1er janvier 2026 et vise à ramener les populations à des niveaux compatibles avec les équilibres agricoles, environnementaux et humains.
Une battue administrative en réserve naturelle
Parmi les mesures prévues figure le décantonnement des animaux présents dans les zones refuges, notamment au sein de la réserve naturelle nationale de la Baie de Somme, où la chasse est habituellement interdite.
Une action administrative est ainsi programmée ce lundi 2 février 2026, sous l’autorité de l’État et en présence des lieutenants de louveterie. Cette opération a fait l’objet de plusieurs réunions de concertation depuis mai 2025 en sous-préfecture d’Abbeville, afin d’en définir les modalités, les périmètres et les conditions de sécurité.
Parallèlement, une chasse coordonnée réunissant les principaux détenteurs de plans de chasse voisins sera organisée par la Fédération départementale des chasseurs pour augmenter les prélèvements lors de cette journée. Des restrictions temporaires d’accès au massif dunaire et à certaines portions de plage seront mises en place afin de garantir la sécurité du public.
Le mouflon en Baie de Somme : une introduction ancienne, des effets durables
La présence du mouflon en Baie de Somme ne relève pas d’un phénomène naturel récent. Introduit dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, notamment à des fins cynégétiques et de valorisation paysagère, cet ovin sauvage originaire de Corse et de Sardaigne s’est progressivement acclimaté aux milieux dunaires et aux prairies du littoral.
À l’époque, l’objectif était double : diversifier la faune locale et proposer un gibier emblématique. Toutefois, comme dans d’autres territoires français, l’absence de prédateurs naturels et la forte capacité d’adaptation de l’espèce ont favorisé une croissance rapide des effectifs.
Des impacts agricoles et écologiques avérés
Aujourd’hui, la présence croissante des mouflons pose plusieurs problèmes. Sur le plan agricole, ils occasionnent des dégâts directs aux cultures, aux pâtures et aux clôtures, en particulier dans les zones de marais et de prairies naturelles. Ces dommages s’ajoutent à ceux déjà causés par les sangliers, accentuant la pression économique sur les exploitations.
Sur le plan écologique, les mouflons exercent une pression de pâturage importante sur certains habitats sensibles, notamment les pelouses dunaires et les milieux humides, susceptibles de voir leur flore spécifique se raréfier. Les gestionnaires d’espaces naturels alertent également sur les risques de banalisation des habitats et de concurrence avec d’autres espèces herbivores.
Pour les services de l’État et les acteurs locaux, l’enjeu n’est pas d’éradiquer, mais de réguler. Le plan mis en œuvre depuis janvier 2026 s’inscrit dans une logique de gestion durable des populations animales, visant à restaurer un équilibre entre activités humaines, agriculture et préservation des milieux naturels.
« Il s’agit d’une opération d’intérêt général, conduite dans un cadre strictement encadré, avec un objectif clair : réduire les dégâts et sécuriser les usages du territoire, tout en respectant les équilibres écologiques », rappellent les autorités.
Un dossier suivi de près par le monde agricole
Dans le monde agricole, cette opération est attendue comme un signal fort. La profession appelle depuis plusieurs années à une action renforcée sur les zones refuges, où les animaux trouvent protection et ressources, avant de se disperser vers les terres cultivées.