Sécheresse
Un hiver de disette chez les maraîchers
La FDSEA et les JA de la Somme invitaient la DDTM, dans le cadre de ses missions d’expertise, à constater les dégâts de la sécheresse chez les maraîcher. Rendez-vous était donné chez Victorien Lavisse, à Croixrault.
La FDSEA et les JA de la Somme invitaient la DDTM, dans le cadre de ses missions d’expertise, à constater les dégâts de la sécheresse chez les maraîcher. Rendez-vous était donné chez Victorien Lavisse, à Croixrault.
Victorien Lavisse n’a pas chanté tout l’été et, pourtant, il se trouvera fort dépourvu lorsque la bise sera venue. Le maraîcher est installé à la ferme des P’tits Légumes, à Croixrault, depuis 2018 et n’a «jamais connu ça». «On a vécu des coups de chauds et des périodes sèches. Mais jamais une telle canicule et aucune goutte d’eau depuis le 15 juin. Or, c’est la période où l’on repique en extérieur tous les légumes de garde pour l’hiver : choux, céleris, poireaux, carottes, pommes de terre…» Pour l’instant, les légumes d’été satisfont les clients. Bien que la qualité soit parfois altérée. «Les tomates sont belles. Mais la salade est moins tendre, les courgettes ont la peau plus dure, les concombres contiennent davantage de pépins, les haricots sont plus filandreux…» Rien de catastrophique, cependant, au regard de ce qui l’attend cet hiver. «Je ne sais pas ce que je vais fournir. Les
30 000 choux repiqués ont tous grillé. Il n’y en aura pas un seul. Les oignons ont aussi séché sur pied.» Le maraîcher, qui vend tout en direct, va devoir faire preuve de pédagogie auprès des clients pour expliquer le contexte. «Si je n’ai rien au magasin, ils vont aller acheter ailleurs et perdre l’habitude de venir ici. Les faire revenir au printemps sera difficile.» 60 % de son chiffre d’affaires sont réalisés grâce aux cantines des collèges. «J’ai rendez-vous avec les chefs cuisiniers fin août pour les mettre au parfum. J’espère qu’ils joueront le jeu de travailler des légumes de plus petit calibre.» Victorien Lavisse devra cependant continuer de payer ses deux apprentis, et de rembourser le nouveau bâtiment. Une aide financière semble difficile à obtenir. Le maraîchage semble très complexe à assurer. «Une demande d’ISN devra se faire légume par légume», rappelle Jean-Luc Becel. Le maraîcher en produit une quarantaine.