Faits divers
Une agricultrice fait échouer un possible attentat contre une base militaire
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, une agricultrice britannique a repéré trois camionnettes suspectes près de la base militaire de Fairford, en Angleterre. Son appel à la police a conduit à l'interpellation de cinq hommes soupçonnés de préparer un acte terroriste.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, une agricultrice britannique a repéré trois camionnettes suspectes près de la base militaire de Fairford, en Angleterre. Son appel à la police a conduit à l'interpellation de cinq hommes soupçonnés de préparer un acte terroriste.
Il était environ 1 heure du matin, dimanche 27 septembre, lorsqu'une agricultrice rentrant d'une soirée a aperçu trois camionnettes stationnées à proximité de la base aérienne de la Royal Air Force (RAF) de Fairford, dans le Gloucestershire, au sud-ouest de l'Angleterre. Plusieurs hommes cagoulés ou masqués se trouvaient à proximité des véhicules. À la vue de la femme, ils ont pris la fuite, certains à travers les champs, d'autres en direction d'un village voisin.
Intriguée par cette scène inhabituelle, l'agricultrice a tenté de joindre la police du ministère de la Défense, sans obtenir de réponse. Elle a finalement appelé les services de police, déclenchant une intervention qui a conduit à l'arrestation de cinq hommes dans le secteur de Whelford.
« Quand ils m'ont vue, ils ont pris la fuite, certains dans les champs et d'autres en direction du village voisin. J'ai compris qu'il se passait quelque chose d'inhabituel », a-t-elle raconté à la BBC. La femme, qui a souhaité rester anonyme, a expliqué avoir immédiatement pensé à la proximité de la base militaire.
Selon le Guardian, son signalement a joué un rôle déterminant dans le déclenchement de l'opération. Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, l'a remerciée pour sa vigilance, tout en rappelant que les enquêteurs ne disposaient pas encore de tous les éléments pour établir les circonstances exactes de l'affaire.
Trois camionnettes et cinq suspects
Alertées vers 0 h 45, les forces de l'ordre ont déployé des policiers armés dans le secteur. Les cinq hommes, tous de nationalité britannique et âgés de 23 à 25 ans selon les autorités, ont été interpellés à Whelford, à proximité de la base.
Les enquêteurs ont ensuite examiné les trois camionnettes, avec l'appui des démineurs de l'armée britannique. Des matériaux susceptibles d'entrer dans la composition d'engins explosifs auraient été découverts à bord, selon des informations rapportées par le Guardian.
Un périmètre de sécurité de 400 mètres a été établi autour des véhicules et environ 85 foyers ont été évacués par précaution. L'enquête a été confiée à la police antiterroriste britannique, qui cherche à déterminer la nature exacte des éléments retrouvés, les intentions des suspects et leurs éventuelles complicités.
Une base utilisée par l'armée américaine
La base de Fairford est un site militaire britannique régulièrement utilisé par l'armée de l'air américaine. Sa piste permet notamment d'accueillir des bombardiers lourds B-1 et B-52. Elle a été mobilisée par les États-Unis dans le cadre de leurs opérations militaires contre l'Iran en mars 2026.
Cette utilisation récente nourrit les interrogations sur les motivations des suspects. Les enquêteurs étudient notamment l'hypothèse d'une opération commanditée par un État étranger, sans avoir confirmé l'existence d'un lien avec Téhéran.
Le Telegraph rapporte que l'Iran figurerait parmi les pistes examinées par les services britanniques. Mais les autorités appellent à la prudence. La police antiterroriste a indiqué explorer plusieurs hypothèses, y compris celle d'une action menée par des intermédiaires ou des individus agissant pour le compte d'un État étranger.
L'Iran a rejeté toute implication dans cette affaire, selon les informations rapportées lundi par le Guardian.
Des questions sur la sécurité
L'agricultrice a également critiqué la réaction initiale des services de sécurité. Elle affirme avoir tenté de joindre la police du ministère de la Défense avant de contacter les forces de l'ordre locales, sans parvenir à obtenir de réponse.
L'affaire soulève ainsi des interrogations sur la surveillance des abords de la base et sur la chaîne d'alerte. Les autorités britanniques n'ont toutefois pas établi publiquement de défaillance dans le dispositif de sécurité.
Le président américain Donald Trump a salué la coopération entre les services américains et britanniques, affirmant que les suspects voulaient causer d'importants dégâts à la base.
L'enquête se poursuit pour déterminer si les cinq hommes préparaient effectivement une attaque, quels étaient leurs objectifs et si d'autres personnes ont participé à l'opération.