Politique
Une proposition de loi pour s’attaquer au sucre dans l’alimentation des plus jeunes
Un texte qui veut changer ce que mangent nos enfants — et surtout ce qu’on leur vend — arrive à l’Assemblée, prêt à bousculer les habitudes alimentaires comme les intérêts économiques.
Un texte qui veut changer ce que mangent nos enfants — et surtout ce qu’on leur vend — arrive à l’Assemblée, prêt à bousculer les habitudes alimentaires comme les intérêts économiques.
Le 12 février, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi baptisée “Pour une génération sans sucre”. Derrière ce nom frappant se joue un débat plus large sur l’alimentation des enfants, l’influence des industriels et le poids du marketing sucré dans les habitudes des plus jeunes. Qui porte le texte ? Quels sont ses objectifs réels ? Retour sur un projet qui bouscule autant qu’il interroge.
La proposition de loi n° 2307 a été déposée le 23 décembre 2025 à l’Assemblée nationale par Sabrina Sebaihi, députée Écologiste, entourée d’une trentaine de collègues issus principalement des groupes Écologie, Gauche démocrate et Républicaine, et France Insoumise. Comme sa présentation l’indique, il ne s’agit donc pas d’un projet du gouvernement, mais bien d’une initiative parlementaire qui vise à « changer profondément les règles du jeu » autour du sucre dans l’alimentation, en particulier celle des enfants.
Trop de sucre, trop tôt
L’exposé des motifs du texte indique que l’alimentation infantile est aujourd’hui saturée de produits ultra-transformés riches en sucres ajoutés et en additifs. Il cite des chiffres qui sautent aux yeux et qui fondent l’urgence du sujet : « La santé nutritionnelle des enfants est l’un des enjeux sanitaires majeurs du XXIᵉsiècle. L’explosion de la consommation de produits ultra-transformés, riches en sucres ajoutés … constitue aujourd’hui la principale source d’exposition des plus jeunes à des risques graves et précoces de surpoids, d’obésité, de diabète et de maladies métaboliques. »
La volonté affichée n’est pas de culpabiliser les familles, mais de « transformer l’environnement qui façonne l’alimentation quotidienne » des mineurs.
Trois leviers pour changer la donne
La première priorité du texte est de poser noir sur blanc ce qu’est un aliment ultra-transformé. Car si aujourd’hui, le terme circule partout, il n’en existe pas de définition juridique claire. La proposition de loi veut donc combler ce vide en s’appuyant sur les procédés de fabrication et la composition des produits. L’objectif est simple : disposer d’un cadre solide pour encadrer ce qui se retrouve dans les rayons — et dans les assiettes des enfants.
Mettre un frein au marketing alimentaire ciblant les jeunes
Le deuxième axe vise à s’attaquer à la publicité. Le texte prévoit d’interdire toute communication commerciale pour des produits ultra-transformés dès lors qu’elle vise, directement ou indirectement, les mineurs. Télévision, réseaux sociaux, plateformes numériques, partenariats avec influenceurs : aucun canal n’est exclu. Les auteurs entendent ainsi réduire la pression publicitaire qui façonne très tôt les préférences alimentaires.
Supprimer les sucres ajoutés des produits pour nourrissons
Enfin, la proposition de loi s’attaque à l’alimentation des plus petits. Elle prévoit l’interdiction des sucres ajoutés dans les préparations destinées aux nourrissons et aux jeunes enfants. Une mesure présentée comme un levier clé pour éviter une exposition précoce au goût sucré et poser les bases d’habitudes alimentaires plus équilibrées dès le plus jeune âge.