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Unéal s’inscrit dans la continuité

Unéal affiche de bons résultats et multiplie les projets, comme la construction d’une station de semences à Avesnes-lès-Bapaume.

La campagne 2013-2014 a été marquée par une bonne collecte mais des prix en baisse, une bonne qualité et des records à l’export.
La campagne 2013-2014 a été marquée par une bonne collecte mais des prix en baisse, une bonne qualité et des records à l’export.
© D R

Unéal a organisé son assemblée générale annuelle mardi 9 décem­bre à Saint-Laurent Blangy (62). La coopérative a tout d’abord dressé le bilan de la campagne 2013-2014 : «C’est une des plus belles collectes de la coopérative», révèle Laurent Bué, vice-président. Plus de 1,32 million de tonnes de céréales ont été collectées, soit une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. La qualité était également au rendez-vous, ce qui a permis à la coopérative de battre des records à l’export : 500 000 tonnes ont été expédiées à Dunkerque. Les prix étaient toutefois en légère baisse (183 € pour la récolte blé 2013). Les rendements sont en stagnation depuis quelques années, notamment en blé. L’exercice a été marqué par une montée en puissance des outils d’aide à la décision (OAD). «De plus en plus d’agriculteurs les utilisent, c’est une sécurisation», souligne Anne Vandenbossche, vice-présidente. Plus de 125 000 ha (soit un tiers des surfaces) ont ainsi été suivis par les OAD, une augmentation de plus de 10 %.

Productions animales
En productions animales, le fait marquant est le rapprochement des groupements de producteurs Suidéal et Sica porcs de l’Aisne.
220 000 porcs sont maintenant commercialisés par la nouvelle structure ; les volumes progressent ainsi de 6,6 % en 2013-2014. Le rapprochement a en outre permis la mise en place d’une maternité collective au service des éleveurs engraisseurs de porcs et l’outil d’abattage a pu être maintenu.
Les éleveurs ont pu notamment percevoir une aide de 1 000 €/truie. «La production porcine connaît beaucoup de difficultés, mais on arrive à faire du développement», souligne Luc Desbuquois, vice-président. Pour l’ensemble des productions, avec 314 000 tonnes d’aliments commercialisés, les volumes restent stables, dans un contexte d’élevage difficile.
Le chiffre d’affaires de la coopérative s’élève ainsi à 618 millions d’euros. Le résultat net est de 7,6 millions d’euros ; près de la moitié a été redistribuée aux adhérents à l’issue de l’assemblée générale, soit 3,3 M€. Concernant le groupe Advitam, le chiffre d’affaires s’élève à 1,27 milliard d’euros pour l’exercice 2013-2014. L’ouverture du capital aux adhérents est reconduite pour une 3e année.

Récolte 2014
La campagne en cours est un peu plus compliquée à gérer, notamment au niveau de la qualité des blés. Mais d’après les dirigeants de la coopérative, c’est l’anticipation et la transparence dans les contrats qui ont permis un bon déroulement de la récolte. «Nos investissements dans le matériel ont également permis de faire face aux mauvaises conditions météo», souligne Bertrand Hernu.
À cela s’est ajouté un «accompagnement par les techniciens : tout le monde était sensibilisé sur le fait qu’il ne fallait pas engager une grande partie de ses blés en meunier avant la moisson».
Les volumes collectés restent toutefois les mêmes pour la coopérative, avec des rendements moyens en retrait.
«On a de belles années devant nous», a souligné le directeur Cédric Cogniez, évoquant l’avenir d’Unéal. La coopérative a comme toujours de nombreux projets en tête.

Station de semences
Elle envisage notamment, à court terme, la construction d’une station de semences à Avesnes-lès-Bapaume d’une capacité de 40 000 tonnes et pour un investissement de 20 M€. La construction devrait débuter en 2016 pour une mise en marche en 2017. «L’objectif est de répondre aux enjeux de demain notamment dans la nouvelle génétique et le développement des semences hybrides», a souligné le président.
Du côté des jardineries, l’actualité est marquée par le rapprochement des activités de Vertdis et de la société Depreaux dans un souci d’optimisation des activités. Unéal envisage en outre le développement de magasins Vertdis de circuit-courts, afin «d’apporter des produits frais dans des rayons importants, plus forcément adossés aux jardineries». Il y en a déjà un à Villaines-sous-bois dans le Val d’Oise, qui a ouvert fin juin et sert en quelque sorte de test. «Ça va se développer progressivement, pour s’implanter dans les centres urbains». Enfin, la coopérative poursuit sa politique de développement, et envisage de proposer de nouveaux services à ses adhérents.
Le président d’Unéal Bertrand Hernu, a souligné que le travail de la coopérative dans les années à venir s’inscrivait dans un contexte fortement contrasté, avec d’un côté un marché alimentaire mondial porteur et une région Nord-Pas de Calais à la pointe ; mais de l’autre un système social et politique dégradé et une économie qui tourne au ralenti.

Les agriculteurs veulent cultiver leur image

Le thème de la table ronde qui a suivi l’assemblée générale d’Unéal s’inscrit dans le projet d’entreprise de la coopérative : «Cultivez votre image». «Les agriculteurs n’ont jamais rendu autant de comptes et jamais fait autant d’efforts», a introduit Cédric Cogniez. Mais «la société, même rurale, même nos voisins, ne savent pas toujours ce que l’on fait sur nos exploitations», poursuit Bertrand Hernu. Pour Rémi Mer, consultant spécialiste des questions sur les relations entre l’agriculture et la société, le défi est «d’introduire une nouvelle image», en allant notamment vers les relais d’opinion, régionaux et nationaux.
Une enquête de l’Ifop, réalisée en 2014 et présentée par Jérôme Fourquet, révèle toutefois que l’image des agriculteurs dans la société n’est pas si noire, et même plutôt positive, malgré un manque de connaissances sur le métier. Les principaux traits d’image associés aux agriculteurs sont ainsi la modernité, la compétitivité et le respect de la santé des Français. L’enquête souligne, de plus, un soutien massif des citoyens aux mobilisations des éleveurs. Enfin, 56 % des Français se disent prêts à payer plus cher pour de bons produits. Sans surprise, le public se montre extrêmement sensible aux crises sanitaires, avec un pic d’inquiétude au moment de la vache folle.
Enfin, l’enquête souligne une inquiétude permanente envers les OGM (80 % des personnes interrogées y sont opposés).
D’après les différents intervenants, il y a maintenant un énorme travail à faire dans les écoles, les médias, afin que la « nouvelle agriculture » soit plus visible, audible et compréhensible . Communiquer avec des mots simples, en toute transparence, créer le dialogue, utiliser les nouveaux médias, organiser des portes ouvertes, sont les principales pistes de cette démarche qui doit s’inscrire dans la durée. «Il faut oser», insistent d’autres, oser mener des actions concrètes, aller vers les élus ou les fournisseurs, et oser communiquer, même lorsque tout va bien !

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