Pommes de terre
Après une année record, les producteurs de pommes de terre réduisent la voilure en 2026
Alors que la campagne 2025 a été marquée par des surfaces historiquement élevées, la filière française de la pomme de terre de conservation opère un net réajustement en 2026.
Alors que la campagne 2025 a été marquée par des surfaces historiquement élevées, la filière française de la pomme de terre de conservation opère un net réajustement en 2026.
Ce retournement était attendu... et salutaire. Après plusieurs années de progression continue des surfaces consacrées aux pommes de terre de conservation, les producteurs français ont réduit leurs plantations pour la campagne 2026. Selon l’étude de terrain menée par l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) pour le compte du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), complétée par les données Agreste disponibles au 1er juin 2026, la sole nationale s’établirait à 173 415 hectares, contre 192 099 hectares en 2025.
La baisse atteint ainsi 18 684 hectares, soit un recul de 9,7 % en un an. Cet «ajustement» intervient après une année record en termes de surfaces, mais aussi dans un contexte de marché plus difficile pour les producteurs. «Cette évolution traduit un net ajustement des surfaces après plusieurs années de forte progression», souligne ainsi l’UNPT dans un communiqué du 25 juin.
Une réaction au déséquilibre entre l’offre et la demande
La principale explication tient au déséquilibre observé durant la campagne 2025-2026 entre une offre abondante et une demande qui n’a pas suivi la même dynamique. À cela s’ajoutent un environnement économique incertain et les tensions géopolitiques qui pèsent sur les marchés agricoles. Les producteurs ont donc revu leurs stratégies d’assolement, notamment dans les secteurs davantage orientés vers la transformation industrielle. Les surfaces destinées au marché du frais enregistrent également un recul, mais de manière moins prononcée.
Dans les principaux bassins suivis par le panel de producteurs, la baisse atteint 9,9 %, avec 150 534 hectares recensés contre 167 073 hectares en 2025. Les régions historiquement spécialisées dans la pomme de terre enregistrent les replis les plus significatifs.
Les Hauts-de-France, un poids lourd national
Premier bassin français de production, le Nord-Pas-de-Calais n’est pas épargné par cette contraction. Le versant nord des Hauts-de-France perd en effet 7 582 hectares en un an, passant de 62 924 hectares en 2025 à 55 342 hectares en 2026, soit une baisse de 12 %. Malgré ce recul, le territoire conserve une place centrale dans la filière puisqu’il représente encore près de 61 % des surfaces nationales de pommes de terre de conservation. La Picardie suit la même tendance avec une diminution de 4 814 hectares, soit une baisse de 9 %, passant de 55 235 à 50 421 hectares. Les autres grands bassins connaissent également des réductions sensibles : le Centre-Val de Loire recule de 10 %, la Champagne-Ardenne de 8 % et la Haute-Normandie de 7 %.
Incertitude face aux aléas climatiques
Si la réduction des surfaces est désormais mesurée, la filière reste encore prudente quant aux perspectives de récolte. Les premières observations après plantation étaient plutôt satisfaisantes, mais les conditions météorologiques des dernières semaines pourraient peser sur le potentiel final. «À ce stade de la campagne, il demeure très prématuré de tirer des conclusions sur le potentiel des cultures», rappelle l’UNPT.
Le déficit hydrique et les épisodes de fortes chaleurs observés récemment constituent notamment des points de vigilance pour les producteurs. Le suivi des parcelles, réalisé tout au long de l’été par l’UNPT en partenariat avec le CNIPT, doit permettre d’affiner progressivement les estimations de rendement avant la récolte.