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Au Paraclet, Biolait alerte sur la disparition des fermes bio et des prairies

À l’occasion de la Journée mondiale des prairies naturelles, l’Agence de l’eau Artois-Picardie organise une journée consacrée à l’élevage à l’herbe au lycée agricole du Paraclet, près d’Amiens, le jeudi 28 mai. Invité de l’événement, Biolait, premier collecteur de lait bio en France, viendra défendre un modèle agricole qu’il juge aujourd’hui fragilisé, alors même que les prairies naturelles jouent un rôle majeur pour la qualité de l’eau, le climat et les territoires.

journée mondiale des prairies naturelles agence de l'eau Artois Picardie
© Pexels

Le rendez-vous est donné jeudi 28 mai à Cottenchy (80). À l’occasion de la Journée mondiale des prairies naturelles, l’Agence de l’eau Artois-Picardie organise, au Campus de la nature et du vivant du Paraclet, une journée intitulée « L’herbe au cœur de l’élevage ». Un événement destiné à remettre au centre du débat le rôle des prairies naturelles dans les équilibres agricoles, environnementaux et climatiques.

Parmi les intervenants attendus figure Biolait, premier collecteur de lait biologique en France, qui animera un atelier de 9 heures à 12 heures consacré aux « leviers nécessaires à l’écosystème de son modèle d’élevage à l’herbe ». La coopérative spécialisée dans la collecte de lait bio entend profiter de cette journée pour alerter sur la fragilité croissante des fermes laitières biologiques et les conséquences directes sur les surfaces en prairie.

Un modèle agricole intimement lié aux prairies

Née en 1994 à l’initiative d’éleveurs souhaitant structurer une filière laitière biologique indépendante, Biolait collecte aujourd’hui le lait de 1 040 fermes réparties dans 73 départements. En 2025, le groupement représentait 226 millions de litres de lait collectés, soit près de 30 % de la collecte bio nationale.

Le modèle défendu par Biolait repose largement sur l’herbe et le pâturage. Selon les chiffres de l’entreprise, les prairies naturelles représentent 90 000 hectares sur le territoire français, soit l’équivalent de neuf fois la surface de Paris. Dans les fermes adhérentes, l’herbe constitue en moyenne 95 % de l’alimentation des vaches, avec un pâturage pratiqué près de 269 jours par an.

Dans les Hauts-de-France, les 20 fermes Biolait couvrent à elles seules 1 170 hectares de prairies, soit 90 % de leur surface agricole utile. La part d’herbe dans l’alimentation des troupeaux y atteint même 98,7 %.

Pour la coopérative Biolait, la préservation de ces surfaces dépasse largement la seule question agricole. Les prairies naturelles constituent en effet un filtre pour l’eau de pluie, limitent l’érosion des sols et favorisent l’infiltration vers les nappes phréatiques. Elles participent également au stockage du carbone, à la régulation thermique des territoires et à la réduction des risques d’incendie grâce à leur effet coupe-feu.

Une disparition accélérée des fermes bio

Mais cet équilibre est aujourd’hui menacé, selon Biolait. Entre 2022 et 2025, 22 % des fermes laitières biologiques des Hauts-de-France ont disparu ou sont revenues vers un modèle conventionnel. Une évolution qui inquiète les acteurs de la filière, tant pour ses conséquences économiques qu’environnementales.

« Avec son modèle d’élevage à l’herbe, Biolait est le garant du maintien des prairies naturelles sur le territoire, et les éleveurs des producteurs de climat. Préserver les exploitations laitières bio est un enjeu environnemental, climatique mais aussi sociétal et économique et les collecteurs ne peuvent pas, à eux seuls, assumer cette charge », souligne Maud Cloarec, vice-présidente de Biolait.

La coopérative laitière insiste également sur la nécessité de maintenir un maillage suffisant de fermes biologiques afin de garantir la collecte du lait sur l’ensemble des territoires. Car derrière les cessations d’activité et les départs en retraite, c’est aussi l’avenir des paysages agricoles et de la qualité de l’eau qui se joue.

Sensibiliser élus, professionnels et grand public

À travers cette journée organisée par l’Agence de l’eau Artois-Picardie, l’objectif est aussi de sensibiliser les professionnels agricoles, les collectivités et le grand public à l’importance des prairies naturelles dans un contexte de changement climatique et de pression croissante sur la ressource en eau. L’inscription à la journée est obligatoire via le site de l’Agence de l’eau Artois-Picardie.

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