Champ brûlé et interpellations après la manif contre le Canal Seine Nord
Près de 2 000 opposants au Canal Seine-Nord Europe se sont rassemblés samedi 11 juillet entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-Bac. Si les autorités soulignent l'absence de blessés parmi les manifestants comme chez les forces de l'ordre, elles dénoncent plusieurs incidents ayant conduit à neuf interpellations, à l'utilisation de moyens lacrymogènes et à un départ de feu ayant détruit 4,4 hectares de chaumes. Les préfets du Nord et du Pas-de-Calais condamnent des violences qu'ils jugent « inacceptables ».
Près de 2 000 opposants au Canal Seine-Nord Europe se sont rassemblés samedi 11 juillet entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-Bac. Si les autorités soulignent l'absence de blessés parmi les manifestants comme chez les forces de l'ordre, elles dénoncent plusieurs incidents ayant conduit à neuf interpellations, à l'utilisation de moyens lacrymogènes et à un départ de feu ayant détruit 4,4 hectares de chaumes. Les préfets du Nord et du Pas-de-Calais condamnent des violences qu'ils jugent « inacceptables ».
Annoncée depuis plusieurs jours comme une « méga manif », la mobilisation contre le Canal Seine-Nord Europe (CSNE) s'est déroulée samedi 11 juillet sous un imposant dispositif de sécurité. Les services de l'État estiment à 2 000 le nombre de participants ayant pris part au rassemblement organisé entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-Bac, dans un secteur particulièrement sensible en raison de la proximité du chantier du canal, des exploitations agricoles en pleine moisson et du canal de la Sensée.
Dès les premiers préparatifs, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais avaient tenté d'obtenir une modification du parcours. Les organisateurs ayant maintenu leur itinéraire initial, plusieurs arrêtés interdépartementaux avaient été pris afin d'interdire les manifestations dans certains périmètres, de protéger les installations stratégiques et de limiter les risques pour les riverains comme pour les agriculteurs.
Au terme de cette journée, les préfectures estiment que « l'action des forces de sécurité intérieure a permis la préservation des sites stratégiques et sensibles, notamment le chantier du Canal Seine-Nord Europe ».
Aucun blessé, mais plusieurs incidents
Si le bilan humain apparaît limité, les autorités font état de plusieurs faits ayant émaillé la manifestation.
Selon le communiqué diffusé samedi soir, aucun manifestant n'a été blessé, pas plus qu'aucun membre des forces de l'ordre ou des services de secours.
En revanche, neuf personnes ont été interpellées pour non-respect de l'arrêté préfectoral interdisant la navigation sur le canal de la Sensée ainsi que les manifestations dans le périmètre concerné. Après contrôle de leur identité, elles ont toutes été remises en liberté.
Les préfectures indiquent également que des tirs de mortiers d'artifice et des jets de projectiles ont visé les gendarmes mobiles. En réponse, ces derniers ont fait usage de 13 moyens lacrymogènes, précisant que cette riposte est intervenue « dans le cadre de la légitime défense ».
Un incendie en pleine période de moisson
L'incident le plus marquant concerne un départ de feu survenu à proximité du cortège. D'après le bilan officiel, 4,4 hectares de chaumes ont été détruits après des tirs de mortiers d'artifice. Grâce à l'intervention rapide des sapeurs-pompiers, plusieurs hectares d'une parcelle de colza voisine ont toutefois pu être sauvés.
Cet épisode intervient alors que les autorités alertaient depuis plusieurs jours sur le risque élevé d'incendie dans les champs, en raison des fortes chaleurs et du début des moissons. Cet argument avait d'ailleurs été largement mis en avant pour justifier les mesures de restriction prises avant la manifestation.
Les préfets condamnent des violences « inacceptables »
Dans leur communiqué, Bertrand Gaume, préfet du Nord, et François-Xavier Lauch, préfet du Pas-de-Calais, condamnent fermement les incidents survenus au cours de la journée.
Ils dénoncent « des faits inacceptables, qui ont mis en danger les forces de l'ordre, les services de secours ainsi que les riverains. Rien ne saurait justifier de tels actes. »
Les deux représentants de l'État adressent également leurs remerciements aux personnels mobilisés, saluant l'engagement de près de 900 membres des forces de sécurité intérieure ainsi que de 125 sapeurs-pompiers, dont des brigades nautiques, sans oublier les équipes du SAMU et les collectivités ayant participé au dispositif.
Un dossier toujours chaud
Cette manifestation confirme que le Canal Seine-Nord Europe continue de cristalliser les oppositions sur le terrain. Alors que l'État présente toujours cette infrastructure comme un projet stratégique pour le développement économique et la transition écologique des Hauts-de-France, une partie des militants entend poursuivre la contestation.