SECHERESSE
Julien Dive constate les dégâts en betteraves et en pommes de terre
Julien Dive, député de l’Aisne, s'est rendu le 5 octobre sur le terrain pour échanger avec les agriculteurs de sa circonscription. Entre un contexte de sécheresse difficile, les urgences sanitaires, les contraintes d'irrigation et des règles assurantielles inadaptées, les filières betteravière et pomme de terre font face à une crise majeure.
Julien Dive, député de l’Aisne, s'est rendu le 5 octobre sur le terrain pour échanger avec les agriculteurs de sa circonscription. Entre un contexte de sécheresse difficile, les urgences sanitaires, les contraintes d'irrigation et des règles assurantielles inadaptées, les filières betteravière et pomme de terre font face à une crise majeure.
Sur les parcelles de betteraves visitées, les dégâts liés à la teigne, facteur favorisant la prolifération du rhizopus, ont été particulièrement évoqués. Dans un contexte de sécheresse sans précédent, les agriculteurs soulignent l’importance de l’irrigation pour maintenir des cultures vigoureuses et limiter la pression de ces ravageurs et maladies.
La situation pose également la question sur l’arrachage des parcelles touchées. Un arrachage rapide permettrait de limiter les conséquences sanitaires, mais les contraintes de planning rendent difficiles cette solution laissant ainsi les agriculteurs dans l’incertitude sur leurs rendements finaux et les volumes acceptés en sucrerie. À cela s’ajoute des conséquences directes pour les éleveurs, notamment sur la disponibilité des pulpes surpressées accompagnée de coûts d’achats qui vont exploser : un coup de massue supplémentaire pour le secteur de l’élevage.
Pour la prochaine campagne, les élus ont rappelé au parlementaire la nécessité d’intégrer la flupyradifurone pour l’enrobage des semences, l’accès à l’eau et d’avoir une réglementation européenne davantage harmonisée, en exemple, l’acétamipride pour lutter contre le charançon. Ils ont également redit l’importance pour le marché que cela pourrait d’avoir l’augmentation du taux d’incorporation de l’éthanol dans les carburants ; négociation européenne suggérée dès le lendemain par le député au commissaire Hansen lors d’une audition parlementaire.
Pommes de terre : pression des ravageurs et difficultés contractuelles
La visite s’est poursuivie sur des parcelles de pommes de terre de consommation et de féculerie non irriguées. Les conséquences pour les producteurs sont sans appel du fait de la sécheresse. Les faibles rendements ainsi que le non respect du cahier des charges en termes de calibres et de qualité de présentation vont fortement pénaliser les producteurs ayant contractualisé avec des industriels ou des négociants.
Marie Gautier, présidente USAA de l’arrondissement de Saint-Quentin, a ainsi évoqué les risques contractuels qui reposent sur les exploitants en cas de volumes non livrés aux industriels, tout en rappelant que ces cultures restent très capitalistiques pour les agriculteurs, mettant leurs exploitations en situation de risque économique important.
Assurance récolte et ISN
Enfin, les agriculteurs ont fait part de leurs préoccupations concernant l’assurance récolte et l’indemnisation des pertes liées aux épisodes climatiques à cause des méthodes de calcul inadaptées. Les dispositifs actuels doivent mieux prendre en compte la réalité des pertes constatées sur les exploitations, les causes climatiques mais aussi les conséquences sanitaires qui en découlent directement, comme l’a rappelé Charlotte Vassant, présidente de l'USAA.
D’autres sujets ont également été abordés, parmi lesquels les dégrèvements de TFNB liés à la tempête de juin, les modalités de calcul des cotisations MSA avec une prise en compte de l’année N, la faiblesse de l'enveloppe du fonds de réarmement (Plan CASI), l’état des trésoreries des fermes.
Cette visite aura permis de montrer directement au député les difficultés rencontrées, d’évoquer de nouveau les attentes des agriculteurs pour préserver la compétitivité et la pérennité des filières agricoles dans l’Aisne mais aussi de remettre en avant l’urgence de la situation pour le secteur agricole.