BSV
la sécheresse pèse sur l’état sanitaire des cultures
Le BSV du 11 août confirme une situation très contrastée selon les cultures. En betteraves, la cercosporiose évolue peu, mais les teignes progressent. En pommes de terre, le mildiou reste contenu par le temps chaud et sec, tandis que le stress hydrique accélère la sénescence et pénalise le grossissement des tubercules.
Le BSV du 11 août confirme une situation très contrastée selon les cultures. En betteraves, la cercosporiose évolue peu, mais les teignes progressent. En pommes de terre, le mildiou reste contenu par le temps chaud et sec, tandis que le stress hydrique accélère la sénescence et pénalise le grossissement des tubercules.
Betteraves : peu d’évolution de la cercosporiose, les teignes progressent
Cinquante-sept parcelles de betteraves ont été observées cette semaine dans les Hauts-de-France. Dans les parcelles encore non protégées, aucune n’atteint actuellement le seuil de risque pour les maladies foliaires. Deux présentent toutefois des symptômes de cercosporiose, sans atteindre les seuils indicatifs de 1 ou 5 %.
La situation est différente dans les parcelles déjà protégées. Dix atteignent le seuil de risque pour la cercosporiose et une le seuil pour la rouille, justifiant une deuxième intervention selon le BSV. Dans les parcelles ayant déjà reçu deux protections, une seule, située dans l’Aisne, atteint le seuil de risque cercosporiose pour une troisième intervention. L’oïdium et la ramulariose sont également observés, mais sans atteindre les seuils.
La sécheresse continue de limiter la progression de la cercosporiose. Le BSV rappelle toutefois que la situation varie fortement d’une parcelle à l’autre et que l’observation reste indispensable avant toute décision. À ce jour, 11 % des parcelles du réseau sont encore sans protection, 55 % sont au premier traitement et 33 % au deuxième.
La teigne profite des conditions sèches
Côté ravageurs, la progression de la teigne est le principal point de vigilance. Elle est désormais signalée dans 16 parcelles, dont quatre ont atteint le seuil indicatif de risque, fixé à 10 % de plantes touchées avec présence de chenilles ou de dégâts frais.
Les conditions séchantes et la perte de feuillage facilitent l'accès des chenilles au collet. En parallèle, l'absence de pluie ne permet pas leur élimination. Le BSV signale également la présence de charançons dans cinq parcelles de l'Oise et de l'Aisne. Les galeries ne sont visibles qu'en sectionnant le collet. À ce jour, aucune méthode de lutte efficace n'est disponible contre Lixus juncii.
La jaunisse est, elle aussi, signalée dans 13 parcelles. Les surfaces concernées restent généralement faibles, inférieures à 5 %, même si une parcelle atteint 10 %. Une fois les symptômes apparus, aucune solution n'est possible.
Pommes de terre : le stress hydrique accélère la fin de cycle
La situation est particulièrement marquée en pommes de terre. Sur les 42 parcelles observées, deux tiers des parcelles suivies dans le Nord et le Pas-de-Calais sont déjà au début de la sénescence, tandis que 80 % des parcelles suivies dans les départements picards ont atteint au moins ce stade.
La région continue de subir plusieurs semaines de températures élevées à très élevées et un déficit hydrique persistant. Les températures mesurées au niveau des buttes dépassent régulièrement 26 °C. Dans les parcelles non irriguées et les sols à faible réserve utile, les symptômes de stress hydrique et thermique s'accentuent : perte de turgescence, jaunissement et affaissement du feuillage.
Conséquence directe : le grossissement des tubercules ralentit et le potentiel de rendement diminue dans les parcelles les plus touchées. La maturité physiologique est également accélérée. Le BSV signale par ailleurs des débuts de germination des tubercules, favorisés par les températures élevées du sol.
Le mildiou reste sous contrôle
Bonne nouvelle côté mildiou : aucun cas n'a été signalé cette semaine et la situation est considérée comme saine. Dans les départements picards, aucun déclenchement du modèle Miléos n'a été enregistré depuis mercredi dernier. Les conditions chaudes, sèches et marquées par une faible hygrométrie nocturne restent défavorables aux contaminations.
Pour les 11 au 13 août, le seuil indicatif de risque n'est pas atteint dans les postes climatiques des départements picards, quelle que soit la sensibilité variétale. Les réserves de spores restent très faibles. Le BSV précise néanmoins que l'irrigation peut modifier le risque selon les horaires et rappelle que l'observation des propres parcelles reste indispensable.
Alternaria : pas de déclenchement
Le modèle Arvalis ne déclenche pas actuellement pour l'alternaria, les nuits sèches étant peu favorables à la maladie. Le BSV souligne par ailleurs que les symptômes observés en fin de cycle peuvent facilement être confondus avec ceux liés au stress, à la verticilliose ou à d'autres maladies.
Dans les parcelles concernées, les symptômes de maladies de faiblesse et de vieillesse, notamment le botrytis et la verticilliose, progressent avec les conditions climatiques stressantes.
Doryphores : la pression recule
La pression doryphore diminue. Cette semaine, 60 % des parcelles observées ne présentent plus de doryphores, contre 53 % la semaine précédente. Les adultes de deuxième génération sont également moins nombreux.
Des larves de deuxième génération restent toutefois visibles. Aucune parcelle du réseau n'atteint cette semaine le seuil indicatif de risque, contre deux la semaine précédente. La surveillance reste donc de mise.
Enfin, avec le démarrage des premières récoltes et des défanages pour les variétés précoces, le BSV invite à observer les tubercules vis-à-vis des taupins. Leur activité reprend en période estivale, de juillet à septembre-octobre, même si les larves sont fortement sensibles à la sécheresse.
À retenir cette semaine : en betteraves, la cercosporiose reste globalement contenue mais la teigne progresse. En pommes de terre, le mildiou est peu préoccupant dans les conditions actuelles, mais c'est bien le stress hydrique et thermique qui constitue le principal facteur de risque, avec une sénescence accélérée et un potentiel de rendement qui continue de se dégrader dans les parcelles les plus exposées.