Filière lait
Les protéines tirent le marché laitier sans effet sur le prix payé aux producteurs
Portée par la forte valorisation des protéines, la filière laitière bénéficie d’une conjoncture industrielle favorable dans un contexte de production mondiale dynamique. Mais cette embellie peine encore à se répercuter dans les exploitations, confrontées à un recul du prix du lait et à la hausse des charges.
Portée par la forte valorisation des protéines, la filière laitière bénéficie d’une conjoncture industrielle favorable dans un contexte de production mondiale dynamique. Mais cette embellie peine encore à se répercuter dans les exploitations, confrontées à un recul du prix du lait et à la hausse des charges.
Dans sa dernière note de conjoncture publiée début juin le Centre national interprofessionnel d’économie laitière (Cniel) souligne que le marché laitier a été fortement marqué la revalorisation des protéines dans un contexte de production pourtant abondante. Alors que le prix du beurre se stabilise autour de 4 300 €/t, la poudre de lait écrémé a bondi à 2 900 €/t, un niveau record depuis quatre ans.
Cette dynamique profite également au lactosérum et aux différents concentrés protéiques. Globalement, l’offre reste très dynamique avec une croissance supérieure à 3 % dans les grands bassins mondiaux (UE, USA, Nouvelle-Zélande).
En France, la collecte affiche une hausse de 4 % sur les quatre premiers mois de l'année, malgré un repli passager en avril dû à un décalage des vêlages lié à la fièvre catarrhale ovine (FCO). Cependant, cette bonne conjoncture industrielle peine à se traduire dans les cours de ferme. Le prix du lait conventionnel s'établissait à 417 €/1 000 l en mars, soit une baisse de 11 % sur un an.
En parallèle, les charges repartent à la hausse (+3 % pour l’indice Ipampa), poussées par le coût de l’énergie et des engrais.
Face aux tensions géopolitiques actuelles, l’incertitude plane sur l’évolution des marges dans les mois à venir, conclut le Cniel.