Politique
Loi d'urgence agricole : ce groupe de sénateurs de gauche qui dénonce un texte « régressif »
Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles continue de diviser le Sénat. Le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), auquel appartient le sénateur de la Somme Rémi Cardon, a voté contre le texte, dénonçant une série de « reculs » sur les plans environnemental, sanitaire et démocratique.
Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles continue de diviser le Sénat. Le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), auquel appartient le sénateur de la Somme Rémi Cardon, a voté contre le texte, dénonçant une série de « reculs » sur les plans environnemental, sanitaire et démocratique.
Après « plus de trente heures de débats et près d'un millier d'amendements examinés », les sénateurs du groupe SER dressent un constat particulièrement sévère du texte adopté au Palais du Luxembourg.
Dans un communiqué du 3 juillet, ils regrettent « la posture idéologique de la droite sénatoriale, qui continue de faire de la dérégulation et de la compétitivité à tout prix l'alpha et l'Oméga de toutes leurs décisions ». Le groupe estime en effet également avoir été largement écarté des discussions. Selon lui, sur plus de 200 amendements déposés par les sénateurs socialistes, « seule une poignée a été adoptée », ce qui traduirait « une absence complète d'ouverture d'esprit et de recherches de compromis ».
Néonicotinoïdes, ANSES, eau, zones humides : les lignes rouges
Sur le fond, les élus SER considèrent que la majorité sénatoriale a « fortement dégradé » un texte qui comportait déjà, selon eux, « de nombreuses lacunes ».
Ils pointent notamment la réautorisation des néonicotinoïdes, un an après la censure de la loi dite « Duplomb », la remise en cause de l'ANSES, une recentralisation des décisions liées à la gestion de l'eau au profit du préfet ainsi qu'une remise en cause des zones humides. Pour le groupe, « les reculs environnementaux » sont devenus « le fil rouge » du projet de loi.
Une autre vision de l'urgence agricole
Les sénateurs socialistes rappellent avoir défendu une approche différente tout au long de l'examen du texte. Ils mettent en avant une transition agroécologique davantage intégrée dans les futurs dispositifs d'aides publiques, un renforcement de la lutte contre les importations ne respectant pas les normes françaises, une gouvernance plus concertée de la ressource en eau, un pouvoir accru des SAFER contre la spéculation foncière ainsi que des outils plus contraignants pour garantir aux agriculteurs une rémunération couvrant au minimum leurs coûts de production.
Le groupe se présente d'ailleurs comme « la première force de propositions au Sénat sur ce projet de loi ».
La commission mixte paritaire sous haute tension
Le prochain rendez-vous parlementaire est fixé au 16 juillet, avec la réunion de la commission mixte paritaire chargée de trouver un compromis entre les versions du Sénat et de l'Assemblée nationale. Les sénateurs SER affichent déjà leur inquiétude. Ils redoutent que « la volonté aveugle d'aboutir coûte que coûte à un accord » conduise à « des compromis inacceptables d'un point de vue sanitaire, environnemental et de fonctionnement de notre démocratie locale ».