Loi d'urgence : ces organisations qui dénoncent un texte « mortifère » et appellent à manifester avant le vote
Alors qu’un accord a été trouvé en commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi d'urgence agricole, l'association Générations Futures reste opposée au retour de certains insecticides, aux dispositions sur le stockage de l'eau et aux évolutions concernant l'Anses, elle demande au gouvernement de retirer le texte et appelle les députés à le rejeter lors du vote prévu le 20 juillet.
Alors qu’un accord a été trouvé en commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi d'urgence agricole, l'association Générations Futures reste opposée au retour de certains insecticides, aux dispositions sur le stockage de l'eau et aux évolutions concernant l'Anses, elle demande au gouvernement de retirer le texte et appelle les députés à le rejeter lors du vote prévu le 20 juillet.
Sans grande surprise, Générations Futures figure parmi les opposants les plus déterminés au projet de loi d'urgence agricole, dont la version issue de la commission mixte paritaire a été validée le 16 juillet.
Dans un communiqué du 16 juillet, l'association estime que la CMP, composée de sept députés et sept sénateurs, « a validé la quasi-totalité des reculs entamés par l'Assemblée nationale et actés par le Sénat ». Elle dénonce une majorité composée de la droite, du centre et du Rassemblement national, accusée d'avoir donné satisfaction aux demandes du sénateur Laurent Duplomb.
« Tout ce que Duplomb souhaitait, les représentants des groupes Ensemble Pour la République, MoDem, Les Républicains et Rassemblement National lui ont servi sur un plateau d'argent », écrit Générations Futures.
Le retour des insecticides au cœur des critiques
L'association concentre l'essentiel de ses critiques sur la réintroduction possible de deux insecticides de la famille des nicotinoïdes : l'acétamipride, réservé à la filière noisette dans le compromis, et surtout le flupyradifurone, qui pourrait être utilisé sur les betteraves, les pommiers et les cerisiers.
Selon elle, le débat public s'est focalisé sur l'acétamipride alors que le véritable enjeu serait le retour du flupyradifurone.
« Ceci n'est pas une victoire. L'acétamipride bénéficiant de toute la lumière médiatique, c'est le flupyradifurone qui fait son retour dans l'ombre la plus totale », affirme l'association, qui considère que cette substance présente « un risque inacceptable pour les pollinisateurs » et pourrait contaminer durablement les eaux souterraines.
Dans son communiqué, Générations Futures s'en prend également à l'abstention des députés Jean-René Cazeneuve (EPR) et Marc Fesneau (MoDem), qualifiée de « coupable ».
L’association rappelle d'ailleurs les réserves exprimées ces derniers jours par l'ancien ministre de l'Agriculture Fesneau, qui avait déclaré que « ce texte ne sera jamais voté avec ces dispositifs » et qu'il était « une erreur […] de faire des textes contre la population ».
Elle critique aussi les dispositions qui renforceraient, selon elle, la place des fabricants de produits phytosanitaires dans la procédure d'autorisation conduite par l'Anses.
Le volet eau également visé
Autre point de désaccord majeur : les mesures relatives à la gestion de l'eau. Générations Futures estime que le texte favorise le développement des capacités de stockage pour l'irrigation sans répondre aux enjeux de partage de la ressource. Elle reproche également aux parlementaires d'avoir modifié les règles de protection des captages d'eau potable.
Pour elle, ces choix « vont à l'encontre de l'intérêt général et d'une majeure partie de la population pour satisfaire les lobbies de l'agrobusiness ».
Retrait du texte ou rejet à l'Assemblée
Estimant que la CMP « ne permet pas d'aboutir à un texte raisonnable et encore moins rationnel », Générations Futures demande au gouvernement de retirer purement et simplement le projet de loi.
À défaut, elle appelle les députés à voter contre lors de l'examen définitif à l'Assemblée nationale.
« Nous demandons au Gouvernement d'en prendre acte et de retirer son texte. En cas de maintien, nous appelons l'ensemble des députés à s'opposer à ce projet de loi mortifère pour l'avenir de notre agriculture », indique le communiqué.
L'association participera également à une mobilisation organisée le 20 juillet, avant le vote solennel à l'Assemblée nationale. Ce rassemblement, prévu près du métro Invalides à Paris, réunira plusieurs organisations, parmi lesquelles la Confédération paysanne, Greenpeace, France Nature Environnement, Pollinis, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Cancer Colère, le Collectif Nourrir ou encore l'Union syndicale Solidaires. L'objectif est de maintenir la pression sur les parlementaires jusqu'au scrutin final.