Politique
Loi d'urgence agricole : Xavier Bertrand défend « le choix de la confiance » envers les agriculteurs
Alors que le Parlement examine en ce moment même le projet de loi pour la protection et la souveraineté agricoles, issu de la commission mixte paritaire (CMP), le président de la Région Hauts-de-France apporte son soutien au texte et répond aux critiques visant notamment les dispositions relatives aux produits phytosanitaires. Pour lui, la souveraineté agricole ne pourra être restaurée qu'en redonnant confiance aux agriculteurs... et à la science.
Alors que le Parlement examine en ce moment même le projet de loi pour la protection et la souveraineté agricoles, issu de la commission mixte paritaire (CMP), le président de la Région Hauts-de-France apporte son soutien au texte et répond aux critiques visant notamment les dispositions relatives aux produits phytosanitaires. Pour lui, la souveraineté agricole ne pourra être restaurée qu'en redonnant confiance aux agriculteurs... et à la science.
Le débat est loin d'être retombé autour du projet de loi pour la protection et la souveraineté agricoles. Après l'accord trouvé en commission mixte paritaire, le texte est actuellement soumis au vote définitif du Parlement. Au cœur des controverses figure notamment la possibilité de réintroduire, sous conditions très strictes, certains produits phytosanitaires afin d'éviter des impasses techniques dans certaines filières, notamment la betterave sucrière.
Cette disposition suscite une vive opposition des organisations écologistes et d'une partie de la gauche, tandis que les organisations agricoles dénoncent depuis plusieurs mois une accumulation d'interdictions plaçant les producteurs français en situation de concurrence défavorable face à leurs voisins européens. Dans ce contexte, Xavier Bertrand a choisi d'afficher clairement sa position. Et sans surprise, elle est alignée sur celle d’une profession agricole au côté de laquelle il se tient régulièrement.
« Il n'y a pas de souveraineté sans confiance »
Sur les réseaux sociaux Facebook et X, ce lundi 20 juillet, le président de la Région Hauts-de-France établit un lien direct entre souveraineté alimentaire et confiance accordée au monde agricole : « En agriculture comme ailleurs, il n'y a pas de souveraineté sans confiance », écrit-il, avant d’ajouter que l'accord trouvé en CMP constitue « un choix clair : celui de la confiance », d'abord envers les exploitants agricoles.
Toujours selon Xavier Bertrand, il faut avoir « confiance envers nos agriculteurs, qui nourrissent la France avec professionnalisme et responsabilité. »
Ce message n’est rien d’autre qu’un écho aux revendications portées depuis plus d'un an par les syndicats agricoles, lesquels réclament davantage de stabilité réglementaire et une prise en compte des réalités économiques des exploitations.
La science au cœur des décisions
Face aux critiques accusant le texte de permettre au pouvoir politique de passer outre les avis scientifiques, Xavier Bertrand prend le contre-pied : « Confiance aussi envers la science, qui doit rester le seul fondement des décisions en matière phytosanitaire. »
Le président de Région rappelle en outre que le dispositif retenu maintient le rôle central de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) : « Contrairement à ce que certains veulent faire croire, ce texte ne remet pas les décisions scientifiques entre les mains du pouvoir politique. Il fait exactement l'inverse : lorsqu'une dérogation est demandée, c'est l'ANSES, et elle seule, qui décide, au regard de l'expertise scientifique, si elle est justifiée ou non. »
Cette précision répond directement aux critiques formulées ces derniers jours par les opposants au texte, qui dénoncent un affaiblissement supposé de l'indépendance de l'agence sanitaire.
Un message adressé au monde agricole des Hauts-de-France
Dans une région où la betterave, les grandes cultures et l'industrie agroalimentaire occupent une place majeure, cette prise de position n'est pas anodine. Les Hauts-de-France sont particulièrement concernés par les enjeux de compétitivité liés aux décisions européennes sur les produits phytosanitaires.
En concluant son message, Xavier Bertrand appelle à sortir d'un débat qu'il juge trop souvent idéologique : « Notre agriculture mérite mieux que les procès d'intention, elle mérite de la confiance, de la stabilité et une vision d'avenir. C'est ainsi que nous renforcerons durablement notre souveraineté agricole. »
Alors que le vote définitif du projet de loi intervient dans un climat politique particulièrement tendu, cette déclaration vient renforcer le soutien affiché par plusieurs exécutifs régionaux aux demandes du monde agricole, qui voit dans ce texte une première réponse aux difficultés de compétitivité exprimées depuis la crise agricole de 2024.