tourisme
À Morcourt, un sentier pour (re)découvrir la tourbière restaurée
Le sentier de la Vipère péliade a été inauguré le 4 juin à Morcourt, au cœur de la tourbière. Deux parcours permettent désormais de s’immerger dans les marais restaurés et d’observer la faune et la flore qui y trouvent refuge.
Le sentier de la Vipère péliade a été inauguré le 4 juin à Morcourt, au cœur de la tourbière. Deux parcours permettent désormais de s’immerger dans les marais restaurés et d’observer la faune et la flore qui y trouvent refuge.
Il valait mieux prévoir des bottes ou des chaussures de marche pour pouvoir le parcourir en cette fin d’après-midi pluvieuse. Le sentier de la Vipère péliade a été inauguré le 4 juin à Morcourt, en présence du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France, d’élus, de plusieurs partenaires du projet, mais aussi d’habitants. Deux circuits sont désormais proposés aux visiteurs : l'un de 3,5 kilomètres et l'autre de 2,5, plus adapté aux familles. «Nous voulions vraiment que le parcours s’intègre dans la tourbière pour la faire découvrir au grand public», raconte Guillaume, chargé de mission au Conservatoire.
Près de vingt ans de restauration
Des sentiers surélevés, un belvédère offrant une vue privilégiée sur le marais ou encore 70 m de franchissement d’eau : voici quelques-uns des aménagements qui ont été réalisés dans le cadre de ce projet.
Un pont flottant viendra prochainement compléter le parcours et un piézomètre pédagogique y est déjà implanté pour mesurer le niveau d’eau de la tourbière.
Cette inauguration marque un tournant dans la valorisation des marais de Morcourt, Cerisy et Chipilly. Depuis 2008, les communes concernées et le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France œuvrent pour redonner vie à cette vaste zone humide de près de 100 hectares, dont environ 30 hectares d’eau. «Pendant longtemps, le site était difficilement accessible au public, mais avec ces travaux, le marais peut enfin devenir une zone de partage», se réjouit Didier Demaison, maire de Morcourt.
Quelque 276 000 € ont été nécessaires pour mener à bien ces travaux. Plusieurs partenaires y ont contribué, comme l’Agence de l’eau Artois-Picardie, la Région Hauts-de-France, le Département de la Somme, la Communauté de communes du Val de Somme ou encore le Fonds vert et l’Union européenne. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme européen Life Anthropofens, dédié à la restauration des tourbières.
Protéger la biodiversité locale
«Cette tourbière a plus de 10 000 ans et son rôle est multiple : elle permet de réguler le niveau d’eau, stocke le carbone et protège les espèces animales et végétales», explique Guillaume. C’est pourquoi, depuis les années 2000, 16 hectares de prairies humides ont été restaurés et le fonctionnement hydraulique du marais rétabli. Des opérations de déboisement de peupliers ont eu lieu pour limiter l’assèchement des sols, déjà aggravé par certaines activités humaines.
Pour mener à bien la préservation de cet écosystème, il a fallu «marier l’eau et le feu», comme le décrit le maire de Morcourt. Chasseurs, pêcheurs et même agriculteurs se sont mis autour de la table pour relancer le dynamisme du marais. Afin d’entretenir certaines parcelles, des expérimentations sont menées sur le terrain, notamment avec la vache Rouge flamande, race emblématique de la région.
Sur le parcours, plusieurs affiches montrent un petit reptile aux yeux rouges, sous tous les angles. La vipère péliade, une espèce de serpent menacée en France, est mise à l’honneur en prêtant son nom au sentier. La vallée de la Somme est l’un des derniers refuges de l’animal, et la tourbière lui offre un cadre idéal pour évoluer.
Pour conclure cette inauguration, Christophe Lépine, président du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France, a tenu à rappeler que ce projet est là pour casser les préjugés : «On entend parfois qu’il n’y a rien à faire dans les Hauts-de-France, mais c’est faux. On a des choses à montrer aux visiteurs.»
Il a rappelé les retombées positives que ces espaces ont sur le tourisme local. Des effets qui dépassent largement la seule question environnementale : «La nature est une solution à beaucoup de nos problèmes», conclut Christophe.